Le Musée gruérien met l’accent sur les relations avec Genève

#Genève200Pour sa 40e étape, le bus des «Genevois à la rencontre de la Suisse» faisait étape ce samedi à Bulle.

La directrice du Musée gruérien Isabelle Raboud-Schüle a visité ce samedi l'exposition Genève à la rencontre des Suisses.

La directrice du Musée gruérien Isabelle Raboud-Schüle a visité ce samedi l'exposition Genève à la rencontre des Suisses. Image: Julien Richard

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Pour sa 40e étape, le bus des «Genevois à la rencontre de la Suisse» faisait étape ce samedi à Bulle (FR). L’occasion pour le Musée gruérien et sa directrice, Isabelle Raboud-Schüle, de mettre en avant le travail effectué sur le thème des relations historiques entre la Gruyère et Genève.

La publication du Musée gruérien intitulée Une région en représentation consacre pas moins de dix pages au thème «Les Genevois et la Gruyère». Pourquoi cette attention particulière?

Parce que l’identité, l’image et la renommée de notre région ont été en partie construites dans son interaction avec Genève, et ce même avant son entrée dans la Confédération. Des grands noms genevois, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau, ont participé à la création d’un imaginaire romantique et idyllique des Alpes suisses. Le philosophe, symbole de la Genève urbaine qui allait rejoindre une Suisse à l’identité paysanne, a œuvré à promouvoir l’image du chalet comme lieu romantique où recevoir, s’échapper, ou vivre un idylle amoureuse. Le même chalet deviendra d’ailleurs une pièce centrale de l’Exposition nationale de 1896 à Genève, et le symbole de l’identité suisse. La reproduction d’un bâtiment gruérien est installée dans le parc de l’Ariana, où on met en scène la vie d’un paysan en costume traditionnel. Notre musée s’attèle à raconter le processus de création de ce mythe, à travers de nombreux documents historiques. Nous avons demandé à Danielle Buyssens, conservatrice honoraire au Musée d’ethnographie de Genève, de travailler sur le sujet. Son texte est celui paru dans notre publication Une région en représentation.

Genève a participé à la construction de l’image de la Gruyère. A-t-elle de même participé à son développement économique?

Il est intéressant de noter, par exemple, que Genève se trouvait sur la route du commerce du gruyère, au XVIIe et XVIIIe siècle. Le fromage avait, à l’époque, des propriétés de conservation rares, particulièrement appréciées des soldats ou des marins. Le commerce des meules se faisait sur les marchés de Lyon, mais Genève était une ville étape importante sur la route, puisque que les fromages étaient acheminés par bateau sur le Léman avant d’être déchargés au bout du lac. Genève est aussi devenue une destination capitale pour les enfants des paysans de la Gruyère, qui ne pouvaient pas tous reprendre l’exploitation de leurs parents. Dans un premier temps, au XVIIIe siècle, les jeunes hommes laissés-pour-compte devenaient soldats. Ils ont ensuite pris le parti d’émigrer en Amérique latine ou aux Etats-Unis pour y devenir à leur tour paysans. Mais avec son industrialisation grandissante, Genève est devenue, à la fin du XIXe siècle, une terre d’accueil de plus en plus appréciée des habitants de la Gruyère.

Avec toute cette histoire qui les lient à la Gruyère, les Genevois sont-ils des visiteurs assidus du musée?

Aujourd’hui, nos visiteurs sont essentiellement Suisses romands et Français. Nous avons malheureusement un peu perdu le tourisme international. Le franc fort peut-être… Nous essayons d’encourager les gens à découvrir notre musée – rénové en 2012 – à travers son exposition historique permanente, mais aussi en organisant des expositions temporaires, qui peuvent toucher à l’art contemporain, la photo… En ce moment, nous proposons le travail de Lorna Bornand, une artiste qui utilise le cheveu comme matériel de base pour ses œuvres. (TDG)

Créé: 20.06.2015, 21h51

Le 26 juin, le bus fera finalement étape à Anières

Le bus des «Genevois à la rencontre des Suisses» devait se rendre en France voisine, à Divonne, le vendredi 26 juin, lors de la dernière étape d’un périple de deux mois et demi. Il posera finalement sa caravane à Anières. Antoine Barde, président du Grand Conseil, maire de la commune genevoise et grand supporteur de la tournée – il était présent sur cinq étapes, dont celle de samedi à Bulle – se dit «heureux» de cette visite, décidée sur le tard. «Je suis à la fois admiratif du projet et de l’homme qui l’a porté, Ivan Pictet – habitant d’Anières – de sa conception à sa réalisation. Il me paraissait dommage de ne pas en faire profiter les communes genevoises.» Au programme, dix classes d’Anières et des communes alentours seront invitées à venir visiter l’exposition dans la matinée. «Les 26 juin est en plus le jour des promotions, poursuit Antoine Barde. C’est donc idéal. Mais l’exposition n’est pas réservée aux enfants et reste bien sûr ouverte à tous.»

Interview de Vincent Subilia, président de l'association Action pour la Genève internationale et son rayonnement.

Interview de Julliette Rumpf, bénévole.

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