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La motorisation des bateaux fait des remous dans la rade

Les moteurs deux temps seront bannis sur le lac dès 2018. A Genève, l’information est passée au compte-gouttes.

Roman Patti et Cédric Chapot, patrons associés de Pacha Marine, dans leur hangar à bateaux à Anières.
Roman Patti et Cédric Chapot, patrons associés de Pacha Marine, dans leur hangar à bateaux à Anières.
Maurane Di Matteo.

Ce n’est pas un raz-de-marée, mais la mesure va faire des vagues au bout du lac. Dès le 1er janvier 2018, les deux-temps, jugés trop polluants, seront bannis sur les eaux du Léman au profit des quatre-temps, afin de se conformer aux normes européennes et suisses. Mais de nombreux bateaux sont encore équipés de ce type de motorisation. Y compris les voiliers qui utilisent un moteur d’appoint. Or, installer un nouveau propulseur peut être délicat et coûter cher. Sans compter que les navigateurs n’ont pas forcément été bien informés.

«Nous avons déjà posé une dizaine de moteurs quatre temps cet été, mais visiblement, beaucoup de bateaux doivent encore être mis aux normes. Selon nous, 20% des voiliers sont dans ce cas», estiment Cédric Chapot et Roman Patti, patrons associés du chantier naval Pacha Marine, à Anières. «Certains propriétaires ne savent même pas quel moteur ils ont! Nous avons averti nos clients et plusieurs sont tombés des nues. Contrairement aux autres cantons, l’information semble être mal passée à Genève.»

Plus de 6000 bateaux

«De notre côté, nous avons fait une information lors du Salon du nautisme en novembre 2016 et lors de notre assemblée générale en mars dernier, indique Giovanna Fanni, présidente de l’Association des propriétaires de bateaux (APB). Par ailleurs, nous avons publié la nouvelle réglementation dans notre journal, distribué à nos 1500 membres.»

Mais les navigateurs ne sont pas tous à l’APB. Loin s’en faut, car selon l’Office cantonal des automobiles et de la navigation (OCAN), il y a plus de 6000 embarcations à Genève (environ 3300 bateaux à moteur et 2800 voiliers). «Nous en avons fait la remarque aux responsables de l’OCAN lors de la Commission des ports, ajoute Giovanna Fanni. Maintenant, je ne sais pas s’ils ont fait quelque chose de leur côté.»

Compter sur radio-ponton

De fait, sur le site Internet de l’OCAN, il n’est pas fait mention de la nouvelle réglementation. «Mais nul n’est censé ignorer la loi, et elle date de 2007! rétorque Ludovic Zbinden, adjoint au chef du Service de la navigation. Les propriétaires ont donc eu dix ans pour mettre leurs bateaux aux normes.» Et si le navigateur conserve son deux-temps? «Il y aura sûrement une sanction. Amende, saisie, c’est à voir. Ce sera à discuter avec la capitainerie cantonale et la police du lac.»

Une information ciblée est-elle tout de même à l’ordre du jour? «Nous ne possédons pas de données spécifiques pour les bateaux équipés d’un moteur deux temps, mais nous avons prévu de faire quelque chose d’officiel, rassure Ludovic Zbinden. Et puis, vous savez, dans les milieux de la navigation, les infos passent vite avec radio-ponton.» Comprenez par là le bouche-à-oreille.

Ça peut coûter cher

Reste que la date butoir approche. Et l’installation d’un nouveau moteur n’est pas aussi simple qu’on l’imagine. «Il y a des contraintes, détaille Cédric Chapot. Par exemple, le deux-temps est plus léger que le quatre-temps. Il faut alors s’assurer que son support soit compatible avec le nouveau poids. Et en règle générale, le quatre-temps est plus gros, donc il faut adapter le support. Par ailleurs, tout changement de moteur nécessite ensuite une expertise.»

La question du prix va aussi peser. «Un moteur de bateau dure très longtemps, poursuit-il. On ne le change jamais, à moins qu’il ne casse. Là, c’est obligatoire. Or, le prix d’un moteur quatre temps varie, selon la puissance et le modèle, de 1000 à 14 000 fr environ. Sans compter l’installation et le certificat de conformité, qui coûte 40 fr.» Selon Cédric Chapot, ce sont les petits budgets qui vont trinquer: «Le cas typique, c’est le vieux canot à moteur deux temps de 70 chevaux. La valeur du bateau n’excède pas 10 000 francs, mais le changement de moteur coûtera bien plus cher…»

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