«Les MOOCs vont révolutionner l'enseignement académique»

Université de GenèveLes MOOCs décloisonnent les universités et offrent de nouvelles possibilités, selon Patrick Aebischer, président de l'EPFL. Mais cette «révolution» nécessite des aménagements.

La plateforme Coursera hébergera les «Massive Open Online Courses» de l'Université de Genève.

La plateforme Coursera hébergera les «Massive Open Online Courses» de l'Université de Genève. Image: LDD

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A la rentrée 2013, l’université de Genève propose 4 cours d’un nouveau genre : les MOOCs, acronyme anglais de «Massive Open Online Courses». S’agit-il d’une révolution de l’enseignement ? «Le monde académique a été très fermé. Nous avons maintenant l’occasion de nous redéployer», proclame Patrick Aebischer le président de l’EPFL, lors d'une conférence donnée le mercredi 11 septembre et intitulée «révolution numérique? Révolution universitaire».

Diffusion mondiale, individualisation des cursus et élargissement des personnes ciblées : le déploiement prédit serait de grande envergure. Il n’y a pas besoin de connaissances préalables pour participer aux MOOCs. «Le public cible se compose en majorité de personnes externes au milieu académique, explique Pablo Achard, en charge du programme à Genève. Ces programmes peuvent ainsi s’intégrer dans une formation continue ou satisfaire une simple curiosité.»

Du côté des étudiants, ces cours permettent de bénéficier de l’enseignement de meilleurs chercheurs à travers le monde sans bouger de son canapé. Ils promettent également une plus grande flexibilité et une véritable autonomie aux universitaires. «Imaginez quelqu’un formant lui-même son programme en choisissant les meilleures cours», raconte Patrick Aebischer. «Cela pourrait résoudre le problème des auditoires engorgés ou dédoublés en médecine, explique Pablo Achard. Le nombre d’étudiants devrait passer de 165 millions en 2010 à 263 millions en 2035, d’après l’UNESCO. Il faudrait construire 1 université par jour pour les accueillir, ce qui est impossible.»

La certification fait débat

Face à tous ces avantages, les universités restent prudentes. Les cours proposés par l’Unige ont une position marginale par rapport aux autres cursus. Ils ne donnent pas lieu à des diplômes. «Dans cinq ans, les étudiants ne choisiront pas seuls leurs cours. Il ne sera pas non plus question de diplôme sans université de référence, déclare Pablo Achard. Nous vendons des cursus, pas des cours éparpillés.»

La certification de ces cours et leur valeur fait encore débat. Dans un communiqué de presse, Coursera, la plateforme qui hébergera les MOOCs de l’Unige, affirme ne pas être en mesure de combattre le plagiat et la tricherie. Certains craignent que l’étudiant déserte les salles de classes et devienne hors de contrôle.

«Certaines universités américaines ont contourné ce problème, explique Patrick Aebischer. Les étudiants suivent des cours uniquement sur Coursera. Ils passent ensuite un examen dans le cadre de l’Université, qui décernera le diplôme.» Autre hypothèse : un travail commun entre les universités membres de la plateforme, selon le président de l’EPFL.

De son côté, Pablo Achard perçoit les MOOCs comme un cahier d’exercice du XXIème siècle, pilier d’une université d’un nouveau genre, que Patrick Aebischer appelle de ses vœux : «Les Universités ne seront plus des lieux, où l'on va en cours. Nous devons mieux soigner nos étudiants. Créer de vrais campus agréables et conviviaux, comme aux Etats-Unis, mettre en place un suivi personnalisé. Les cours magistraux feront place à des séances d’exercices et à des discussions en petit groupe.» (TDG)

Créé: 12.09.2013, 18h56

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