Monica Bonfanti: «La police n’a pas été prise de court»

PolémiquePointée du doigt pour la mauvaise gestion de la situation, la cheffe de la police Monica Bonfanti explique la doctrine d’engagement en la matière.

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Sur les 500 manifestants partis du parc des Cropettes la nuit passée pour investir la ville, une cinquantaine de perturbateurs masqués ont d’emblée cherché les ennuis. Ils ont pris la rue pour défendre les lieux de culture alternative, selon un flyer distribué durant le défilé. La police savait qu’une manifestation sauvage se préparait. A-t-elle sous-estimé son ampleur, alors qu’elle est largement mise à contribution pour prévenir un acte terroriste? La cheffe de la police, Monica Bonfanti, s’explique.?

La police a-t-elle été prise de court par rapport à l’ampleur de la manifestation?

Non. Nous étions au courant de l’appel à ce rassemblement sauvage, mais nous ne connaissions pas les intentions précises des participants. Dans le cadre de ce type de rassemblement, le but de la police consiste dans un premier temps à observer la situation pour savoir à quoi s’attendre, puis à prévenir les éventuels débordements en sécurisant les lieux particulièrement sensibles, comme les Rues-Basses, les bâtiments officiels, dont les hôtels de police. Cette doctrine d’engagement, qui consiste à mettre en place un dispositif de protection, a permis d’éviter que ces zones soient touchées.

L’alerte attentat mobilise énormément les policiers depuis dix jours. Avez-vous manqué de forces samedi soir?

Nous avons beaucoup de contraintes en raison du relèvement du niveau de vigilance. Mais nous n’avons pas manqué d’hommes samedi soir. Nous avons mobilisé spécialement des policiers pour cette éventualité. Certains étaient chargés de l’observation. A partir du moment où les intentions des manifestants sont devenues claires, nous avons rapidement déployé notre dispositif: des gendarmes sont intervenus avec un camion tonne pompe et d’autres ont protégé des lieux sensibles. Les manifestants ont cherché la confrontation avec la police. Deux gendarmes ont été légèrement blessés.

Pourquoi ne pas avoir tenté de stopper plus rapidement la manifestation?

La doctrine d’engagement en matière de maintien de l’ordre, pour la police genevoise, comme pour toutes les polices en Suisse, est différente de celle liée à la criminalité ordinaire. L’objectif est de gérer la manifestation, mais pas forcément d’intervenir, sauf s’il arrive quelque chose d’extrêmement grave. Face à une masse de personnes, 500 dans ce cas, chercher la confrontation n’aurait fait qu’accentuer le problème. Les manifestants se seraient dispersés et auraient pu causer des dégâts supérieurs à ceux constatés aujourd’hui.

Avez-vous procédé à des arrestations?

Pas durant la nuit passée. Nous avons fait une pesée d’intérêt entre les actes commis et les forces à disposition. Notre mission consiste à protéger les personnes et les biens en respect de la légalité, de l’opportunité et de la proportionnalité. En clair, l’opportunité de procéder à des arrestations ne s’est pas présentée. Des investigations sont d’ores et déjà en cours dans le but d’exploiter tous les éléments, y compris des images de vidéosurveillance, afin de retrouver les auteurs des déprédations.

Pourquoi cette manifestation est-elle intervenue maintenant et avec une telle ampleur?

Il faut le demander aux auteurs. (TDG)

Créé: 20.12.2015, 15h28

Au moins une vingtaine de vitrines brisées

Le bilan de cette nuit agitée n'est pas définitif. «Aux dernières estimations, une vingtaine de vitrines ont été cassées», indique ce dimanche après-midi le porte-parole de la police, Jean-Philippe Brandt. Des tags ont souillé une multitude de façades le long du parcours des manifestants. Les banques n'ont pas seulement été visées. Les déprédations les plus spectaculaires concernent le Grand Théâtre, dont l'entrée a été maculée de peinture et de tags. «Les dégâts n'ont pas encore pu être chiffrés, mais les dégâts se montent à plusieurs dizaines de milliers de francs.» S.R.

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