«Un Mondial sans l’Italie, c’est affreux, humiliant»

GenèveLa communauté italienne de Genève est meurtrie par la non-qualification des Azzurri au Mondial.

Les Italiens Gigi Buffon et Federico Bernardeschi en larmes.

Les Italiens Gigi Buffon et Federico Bernardeschi en larmes. Image: DR

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Il règne comme une atmosphère de deuil national au sein de la communauté italienne de Genève. Après son échec en barrage contre la Suède (0-0), l’Italie sera donc absente de la Coupe du monde de football en Russie, en 2018. Le journal transalpin Il Corriere della Sera va jusqu’à parler «d’apocalypse» pour décrire cette situation, inédite depuis 1958, lorsque les Azzurri ne s’étaient pas qualifiés… en Suède.

«Un Mondial sans l’Italie, c’est affreux, c’est humiliant», confirme Pietro (25 ans), un supporter genevois d’origine italienne, qui a regardé la rencontre chez lui. Même son de cloche de la part de Letizia Pietrangelo (24 ans), qui déclare «avoir encore du mal à y croire», et de Stefan Renna (28 ans), qui avoue s’être effondré «comme un gamin» à l’issue de la rencontre.

Dans le restaurant carougeois Casa Italia, une trentaine de supporters avaient choisi de se réunir pour voir le match. Iu Lamas, responsable marketing et communication du restaurant, décrit une ambiance «tendue» et des critiques qui ont fusé contre les joueurs, «à cause de plusieurs occasions grossièrement manquées».

La surprise n’était cependant pas totale: «Depuis la défaite des Italiens face à l’Espagne, au début du mois de septembre, l’équipe était psychologiquement à terre et les choix du sélectionneur, Gian Piero Ventura, très critiqués», explique Pietro.

Lionel Pizzinat, ancien capitaine du Servette FC, d’origine italienne et qui a évolué trois ans en Italie, est moins sévère: «L’équipe n’a pas mal joué, mais elle a manqué de folie. Aucun jeune n’a réussi à se démarquer pour créer la différence.»

Adieu donc le Mondial, mais adieu Gianluigi Buffon également. Pour Marco Longo, président du CS Italien, le joueur a «montré ce qu’était la classe dans le sport: rester digne même dans la défaite».

Mauro Poggia, conseiller d’État chargé du Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS), d’origine italienne, exprime sa déception: «De toute ma vie, je n’ai jamais suivi un Mondial sans la participation de l’Italie. Cela étant, je me dis que de ce mal sortira un bien, car les acquis ne sont jamais une bonne chose pour le renouvellement.»

Un sentiment partagé par beaucoup, qui espèrent que cette douloureuse défaite signera le début d’un renouveau au sein de l’équipe et, plus profondément, au sein des instances footballistiques italiennes. «L’Italie devrait s’inspirer des pays comme la Suisse ou la France pour former ses jeunes. Il n’y a presque aucun joueur italien dans les clubs du pays, leur place est prise par des joueurs d’autres nations, qui brillent ensuite sous les couleurs de leur équipe nationale», déclare Marco Longo.

«L’Italie est un pays de football, alors, cet été, la compétition aura une saveur particulière», indique Stefan Renna. S’il assure qu’il soutiendra la Suisse, comme Letizia Pietrangelo, Pietro, lui, se refuse tout bonnement à suivre la compétition, «tant la déception est grande». (TDG)

Créé: 14.11.2017, 21h26

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