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A Moillesulaz, la douane française vit ses derniers jours

Le démontage de l’aubette est en cours. C’est là que passera l’extension de la ligne de tram en direction d’Annemasse

Le bruit du marteau-piqueur accompagne le va-et-vient des voitures et des piétons. Quelques automobilistes ralentissent devant les engins de chantier avant de poursuivre leur route. Certains passants prolongent la pause, histoire d’assister au démontage de ce bâtiment sous lequel ils sont passés des milliers de fois.

Depuis une quinzaine de jours, l’aubette abritant la douane française de Moillesulaz est en cours de démontage, afin de céder la place à des rails. «Je pense que c’est pour le tram qui va bientôt passer la frontière», relève Luis Mendez. On lui donne raison. Ce Genevois n’est pas mécontent de ce changement. «Le bâtiment était sale, il y avait beaucoup de fientes de pigeons.»

«Partie du paysage»

En hauteur, les ouvriers s’attellent au démantèlement du toit. S’attaquant à l’aide d’un pied-de-biche aux pans de tôle ondulée. Catherine, 60 ans, lève ses lunettes de soleil griffées dans leur direction. «Ça fait quelque chose, lâche-t-elle. Cette douane faisait partie du paysage.»

Dans l’agence de courtage en assurances située à proximité immédiate de la douane, Audrey Maulini, conseillère, suit l’évolution du chantier à travers la vitrine. «Ça va faire du bien! L’auvent était trop imposant. C’est une bonne chose qu’il disparaisse.» De manière générale, la jeune femme se réjouit du vent de modernité qui soufflera bientôt sur le secteur. «Avec l’arrivée du tram, tout le quartier va être réaménagé. C’est bénéfique pour les commerces et les habitants.» De quoi supporter les nuisances.

Un avis que ne partage pas Catherine. «Le tram va nous compliquer la vie plus qu’il va nous la faciliter, estime la sexagénaire. En tant que riveraine de l’avenue de Genève (ndlr: où passera le futur tram), je vais être fortement impactée par les différentes tranches de travaux. Cela va paralyser le trafic.»

Au secours des pigeons

Elle craint aussi que la destruction du bâtiment n’entraîne une recrudescence de la délinquance frontalière. «J’espère que les douanes volantes vont continuer leur surveillance», conclut-elle, en jetant un dernier regard aux ouvriers.

Parmi eux, il y a Moise. Ce dernier a découvert deux jeunes pigeons nichés sur les poutrelles métalliques de l’aubette. «Ils ont encore du duvet mais dans quelques jours ils pourront s’envoler», assure celui qui s’est fait un devoir de les secourir, «même si moi c’est Moise et pas Noé»!

Circulation sur une voie

L’histoire ne dit pas si le duo de volatiles assistera à la fin des travaux. Concernant le bâtiment douanier, le chantier se poursuit dès lundi avec la déconstruction de la partie sud de l’abri couvert. «Une circulation en double sens sur une seule voie a été mise en place», précise Yves Ehni, chef de chantier.

Le démontage, à proprement parler, sera terminé le 3 mars. «La dernière semaine, nous travaillerons de nuit», poursuit l’homme au casque. Le planning prévoit que le site sera restitué fin mars. Le bâtiment des gardes-frontière suisses devrait lui aussi disparaître, au profit d’un flambant neuf. Pour voir passer le tram, qui reliera Genève à Annemasse, il faudra attendre 2019.

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