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Mise sur orbite réussie pour le satellite suisse CHEOPS

Le télescope spatial, dont le lancement avait été ajourné mardi, sera chargé de scruter des centaines d’exoplanètes.

Une fusée Soyouz a décollé de Kourou avec, à son bord, le télescope CHEOPS hier.
Une fusée Soyouz a décollé de Kourou avec, à son bord, le télescope CHEOPS hier.
AFP

«And now that’s it!» Et maintenant, c’est fait. Ce mercredi 18 décembre, à 12h20 heure suisse, sur la base d’Arianespace de Kourou, en Guyane française, l’astrophysicien genevois Didier Queloz pousse un ouf de soulagement et laisse éclater sa joie, comme tous ses collègues de la petite délégation suisse. Le télescope spatial CHEOPS, un engin conçu principalement par les Universités de Berne et de Genève, vient de quitter son lanceur, une fusée Soyouz, pour se mettre en orbite à environ 700 kilomètres de la Terre.

L’événement, relayé en direct sur le site unige.ch, était très attendu. Prévu le mardi 17 décembre puis reporté, le lancement a finalement eu lieu le lendemain. Dans un bruit assourdissant et une lumière aveuglante, la fusée emportant le petit bijou de technologie helvétique a décollé à 5h54 heure locale (9h54 heure suisse).

«10, 9, 8, 7...»

Quelques minutes auparavant, Cyrille Ponroy, directeur de cette mission Arianespace, scrutait les indicateurs, tous au vert. Si l’un d’entre eux était devenu rouge, le compte à rebours aurait été immédiatement interrompu. Mais non, cette fois-ci tout s’est passé comme prévu. «10, 9, 8, 7...», dans la salle où l’on entendait une mouche voler, Hugues Mbezal-Bogam, directeur des opérations (DDO), a égrené les dernières secondes avant le décollage.

Moins de deux minutes après, la fusée Soyouz n’était déjà plus qu’un point lumineux dans le ciel noir guyanais. Le DDO a alors lâché la phrase qui rassure: «Les événements sont conformes à l’attendu.» Il se répétera au fil de la mission.

Le premier largage, celui d’un satellite italien chargé de l’observation du bassin méditerranéen, est intervenu vingt-trois minutes après le décollage. Il faudra donc patienter presque deux heures pour que CHEOPS (pour CHaracterising ExOPlanet Satellite) vole à son tour de ses propres ailes.

Scruter les exoplanètes

L’objectif du télescope helvétique, un projet porté conjointement par la Suisse et par l’Agence spatiale européenne (ESA), n’est pas de découvrir de nouvelles exoplanètes (planètes situées hors de notre Système solaire), mais bien de récolter des données sur plusieurs centaines de celles qui sont déjà connues. Ceci afin d’en mesurer notamment la densité, un paramètre essentiel pour déterminer leur composition. Et peut-être, un jour, savoir s’il y a – ou s’il y a eu – de la vie sur certaines d’entre elles.

Depuis une vingtaine d’années, la recherche concernant les exoplanètes (on en recense plus de 4000 aujourd’hui) met en ébullition le monde scientifique. Et ce depuis qu’en 1995, deux astrophysiciens de l’observatoire de l’UNIGE, Michel Mayor et Didier Queloz, ont découvert la première, appelée 51 Pegasi b. Cet événement majeur a révolutionné l’astrophysique et leur a valu de recevoir tout dernièrement le Prix Nobel de physique 2019.

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