Mise à ban exceptionnelle afin de protéger des espèces rares

NatureTrois sites naturels sur les communes de Choulex et de Meinier seront fermés durant toute l’année 2018.

La Seymaz dans la commune de Choulex

La Seymaz dans la commune de Choulex Image: Laurent Guiraud

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La mesure n’est pas banale. Plusieurs sites naturels de la Rive gauche seront mis à ban pour toute une année, du 1er janvier au 31 décembre 2018. Objectif: préserver les habitats sensibles de la faune et de la flore rare ou menacée. Trois secteurs sont concernés: l’embouchure du Chambet dans la Seymaz (commune de Choulex), les Prés-de-l’Oie et Rouelbeau (commune de Meinier).

«Une telle durée d’interdiction est en effet peu courante, elle est due au fait que plusieurs enjeux sont présents sur ces sites», relève Emmanuelle Favre, responsable du programme flore à la Direction générale de l’agriculture et de la nature. Ces terres, qui abritent des marais, des étangs et des roselières, sont parmi les plus importants sites du canton pour la nidification des oiseaux migrateurs. «Ces derniers arrivent au début du printemps et partent en automne, il s’agit donc de préserver leur habitat sur une longue période», précise Emmanuelle Favre.

Outre les oiseaux d’eau classiques, la spécialiste cite deux espèces rares ou menacées qui nidifient dans cette région, «le bruant des roseaux et le blongios nain. On peut ajouter que Rouelbeau est également un site important pour les castors.»

Côté flore, deux plantes des marais méritent toutes les attentions, poursuit Emmanuelle Favre. «D’abord la samole de Valérand, une espèce très rare qui s’implante sur des zones de battements d’eau (ndlr: dont le niveau d’eau varie) où peu de végétation parvient à s’installer. Ensuite la gratiole officinale, qui n’a pas son pareil pour profiter de petites zones ouvertes dans les marais. Elle est présente aux Prés-de-l’Oie.» Attention, cette mise à ban n’aura aucun effet sur les chemins pédestres, «qui demeureront entièrement accessibles, confirme Emmanuelle Favre. En revanche, nous avons un petit problème avec les chiens: ils devront absolument être tenus en laisse.» Des panneaux d’information seront installés à cet effet.

Cette longue mise à ban présage une autre mesure, plus large: «Ces trois sites vont prochainement devenir des réserves naturelles», souligne en effet Emmanuelle Favre. Ironie de l’histoire, le département qui l’emploie, le DETA (environnement, transports et agriculture) pilote également le projet de traversée du lac. Dont l’une des jonctions autoroutières pourrait bien se situer à… Rouelbeau. Des milliers de véhicules par jour circuleraient ainsi à quelques encablures de la future réserve naturelle. C’est du moins la variante qui a été retenue dans l’étude de faisabilité cantonale de mars 2011. Mais de l’eau devrait encore couler sous les ponts avant qu’elle ne soit réalisée. (TDG)

Créé: 17.12.2017, 20h34

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