Ces millions d’argent public investis dans l’usine genevoise d’ABB Sécheron

IndustrieLe Canton, les TPG et la Confédération ont injecté plus de 10 millions dans le site qui prévoit de délocaliser 150 emplois en Pologne.

Image: MAGALI GIRARDIN

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Depuis l’annonce de la délocalisation de près de 150 postes de travail chez ABB Sécheron, une partie de billard à trois bandes est entamée. Au cœur des négociations, la direction, les collaborateurs et l’État qui se pose en médiateur. Mais les intérêts publics ne s’arrêtent pas là. Au moment de la création de la task force visant à sauver le site, le Département de la sécurité et de l’économie (DSE) n’a pas manqué de souligner que «la société, bénéficiaire et leader sur son marché, a pu tirer avantage de subsides de la Confédération et du soutien financier du Canton de Genève pour le développement de ses activités». A quoi faisait-il référence, au juste? Et quel est le montant d’argent public investi dans la société spécialisée dans la production de transformateurs électriques pour locomotives?

Un partenariat public-privé

Genève inaugurera le bus 100% électrique TOSA le 5 décembre. L’enveloppe totale de l’opération se monte à 27,6 millions de francs. Depuis 2011, ABB a bénéficié d’environ la moitié de cette somme (l’autre moitié, soit 13,9 millions, a servi à l’achat de douze bus auprès de l’entreprise soleuroise Hess) afin de développer le dispositif électrique: les batteries à haute performance placées sur le toit du bus, le système de transfert d’énergie et les stations de recharge.

Pour le Canton de Genève, ces investissements ont été consentis à travers des projets de loi votés au Grand Conseil (15 millions) et des cautions en faveur des TPG. Enfin, la Confédération a accordé une subvention à hauteur de 3,4 millions, allégeant le financement à la charge du Canton. A noter: dans un email qui nous est parvenu très tardivement hier soir, ABB assure n’avoir touché que 200’000 francs du Canton pour le projet TOSA... Reste que désormais, TOSA est une réalité prête à circuler. À partir du 10 décembre, la ligne 23 (de Plan-les-Ouates à l’aéroport) se dotera progressivement de ces douze bus qui diminuent de manière significative les rejets de CO2, le bruit et la pollution visuelle générée par les lignes de contact.

TOSA sanctuarisé à Genève?

En tant que développeur de la technologie TOSA, ABB en détient les clés et assure que ces activités-là perdureront au sein de l’usine genevoise. Combien de postes de travail sont-ils consacrés au dispositif électrique? «Une vingtaine disséminée entre Genève, Turgi et Baden», avance la communication du groupe en prédisant une «continuité à long terme», grâce notamment à la commande de la ville de Nantes. Selon plusieurs collaborateurs, entre cinq et dix personnes seulement travailleraient sur TOSA sur le site genevois.

«Aucune reconnaissance»

Côté politique, la décision d’ABB de délocaliser sa production «lourde» en Pologne fait toujours des remous, à droite comme à gauche. Sur le plateau de Léman Bleu , la cheffe de groupe PLR Nathalie Fontanet soutenait pour sa part que «les responsables d’ABB n’ont aucune reconnaissance», alors que «l’État a agi en apportant des aides, en accompagnant, en facilitant les contacts».

Dans les faits, le Conseil d’État tente également de s’opposer aux pertes d’emploi. Contrairement aux collaborateurs qui militent pour l’annulation du plan, la stratégie des autorités ne cible pas le maintien des activités sacrifiées par ABB Sécheron (les transformateurs de traction) mais vise «un projet de reconversion vers un centre pionnier en matière de recherche dans le domaine de la mobilité électrique».

Une flotte de bus à remplacer

À court terme, les questions portent sur les emplois et l’avenir du site genevois d’ABB Sécheron. Au terme de la période de consultation – elle se terminera le 27 novembre – le projet visant à supprimer 100 postes fixes et une cinquantaine d’emplois temporaires pourrait être confirmé. Il s’étalerait alors sur les deux prochaines années, comme prévu par le groupe basé à Zurich.

Dans un futur plus lointain, la marge de manœuvre des pouvoirs publics pourrait s’élargir. Car la flotte genevoise des autobus diesels devra être remplacée entre 2023 et 2025. Si ABB Sécheron a largement contribué au lancement des premiers bus électriques, «pour l’heure, rien n’est décidé quant aux investissements futurs», rappelle François Mutter, porte-parole des TPG.

Créé: 15.11.2017, 18h35

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