Michèle Künzler: «Oui, j’ai un problème d’image»

Après la votation sur les tarifs TPGLa cheffe du Département de la mobilité et de l’environnement répond à nos questions.

La défaite de dimanche n'a pas diminué l'envie de la ministre de briguer un nouveau mandat.

La défaite de dimanche n'a pas diminué l'envie de la ministre de briguer un nouveau mandat. Image: pascal frautschi

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L’acceptation de l’initiative de l’Avivo sur les tarifs des TPG a pris tout le monde au dépourvu. La conseillère d’Etat en charge de la Mobilité, l’écologiste Michèle Künzler, doit appliquer un texte qui pose des problèmes. Ce vote peut aussi être interprété comme un désaveu des TPG et de sa ministre de tutelle. Interview.

Michèle Künzler, samedi vous êtes désignée comme candidate au Conseil d’Etat. Dimanche, le peuple vous inflige un échec. C’est un désaveu personnel?

Le résultat n’est qu’une demi- surprise. Il me semblait que ce texte demandant des tarifs plus bas pouvait avoir du succès, mais on m’assurait de toutes parts que non. Ce résultat est naturellement un désaveu, mais je dois le partager avec l’ensemble du Grand Conseil qui a refusé l’initiative et ne lui a pas opposé de contre-projet.

Il faut dire que ce n’était pas évident, personne n’ayant envie de figer dans la loi les tarifs des billets. Il n’empêche que le Parlement va devoir arbitrer les tarifs des transports publics, alors qu’il s’est fixé comme objectif de limiter les subventions à 50% des dépenses.

Mais est-ce que le problème principal des transports à Genève, ce n’est pas vous?

J’ai un évident problème d’image. Elle est écornée et sortir du rôle de bouc émissaire, responsable de tous les maux des transports, n’est pas chose évidente. Etre une femme, d’un parti minoritaire dans une période budgétaire difficile, n’aide pas non plus. Je suis honnête dans mes analyses, directe, et ce ne sont pas forcément des qualités très politiques.

En outre, j’assume les responsabilités des problèmes sans me défausser, comme l’introduction du nouveau réseau en 2011, que je n’avais pas décidé. A cet égard, je savais qu’il y avait des hommes qui n’étaient pas toujours très courageux. Mais en fait, ils sont légion!

Quelle est la part de responsabilité des TPG dans ces difficultés?

Il y a plusieurs niveaux à considérer. En 2011 lors du changement de réseau, des problèmes de communication sont apparus qui témoignaient d’une certaine difficulté de la direction à comprendre les problèmes des Genevois. D’autre part, le conseil d’administration a eu de la peine à se faire entendre aussi de la part de l’entreprise. Enfin, certaines responsabilités sont éclatées entre le Canton et les communes. La Ville par exemple ne modifie pas l’implantation de la piste cyclable de la rue des Acacias, ce qui permettrait au tram de gagner du temps. Elle refuse d’apposer le plan du réseau dans les abribus. Chaque commune choisit son propre modèle d’abri, etc.

Des têtes vont rouler aux TPG…

Les TPG sont autonomes et les RH sont de leur compétence. J’attends que sa direction fasse son travail. Ces dernières années, l’entreprise a augmenté massivement ses prestations sans changer de fonctionnement. Les indicateurs fournis pour suivre les activités ne sont pas suffisants et, quand ils existent, ils ne sont pas diffusés. Le département a dû aussi s’adapter. Depuis l’audit et la restructuration que j’ai commandés sur la Direction générale de la mobilité, sa Direction des transports collectifs a été renforcée. J’en attends de même de la part des TPG.

Vu ces résultats, allez-vous reconsidérer votre candidature?

J’adore ce que je fais. J’ai un bilan qui se défend avec des avancées validées par le Parlement en matière de mobilité, ainsi que dans les autres politiques publiques dont je suis responsable. Pour ce qui est des TPG, je n’ai pas décidé les changements de 2011 et j’ai pris de nombreuses mesures pour améliorer la situation: personne ne les remet en cause. Je me bats à Berne pour obtenir les subventions pour l’élargissement de l’autoroute ou la transformation de Cornavin. Des centaines de millions sont en jeu. Malheureusement, je fais également l’objet d’une guérilla absurde de la part du Grand Conseil qui renvoie en commission la plupart de mes projets où ils sont acceptés et à nouveau refusés en plénière… J’ai même vu la droite refuser le même jour la construction d’un parking à la Jonction, bloquant au passage des logements, et accepter ensuite des pétitions du même quartier demandant des places de parc. Allez comprendre!

(TDG)

Créé: 05.03.2013, 06h55

La cadence des trams menacée

L’initiative impose une entrée en vigueur dans les deux mois. Est-ce réalisable?

Nous allons mettre en œuvre tout ce qui est possible d’ici au mois de mai. Mais les adaptations techniques, notamment des distributeurs de billets, seront complexes à réaliser. Ces derniers devront offrir deux tarifs différents: celui des TPG et le tarif régional d’Unireso, qui n’est pas concerné par l’initiative de l’Avivo. Il y a beaucoup de choses à régler. Il est par conséquent difficile de faire des promesses.

L’initiative supprime les tarifs junior pour les 18-25 ans. Faut-il les rétablir?

Il faudra absolument revenir sur cette question. Et pas seulement parce que l’augmentation du prix des abonnements pour cette tranche d’âge est malvenue. Je précise que ces jeunes représentent 52% des abonnements junior vendus. Cette modification est aussi une catastrophe car elle n’est pas conforme aux critères fédéraux en usage à Unireso. Si nous voulons maintenir cette communauté tarifaire, il est par conséquent nécessaire de tout mettre en œuvre pour maintenir les catégories tarifaires actuelles.


Qu’en est-il du financement de la baisse des tarifs?


Même si mon objectif général reste le développement des transports publics, le résultat de la votation est un coup de frein à cette croissance. Il faudra compenser les 20 à 24 millions qui vont manquer. Nous devons étudier toutes les mesures possibles pour atténuer le choc.

Quelles sont-elles?

Le contrat de prestation 2011-2014 table sur une augmentation de l’offre de 35%. Cela devra certainement être revu à la baisse. Comme il est peu probable que le Grand Conseil accepte d’augmenter la subvention au vu de la situation budgétaire, il faut s’attendre à ce que les TPG enregistrent un déficit cette année. Des gains d’efficience vont être réalisés, mais cela restera insuffisant. Je crains qu’il faille diminuer la fréquence de certaines lignes, voire en supprimer.

E.BY/M.BN

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