Michel Chevrolet, le décès d'un amoureux de Genève

Carnet noirPassionné par sa ville, le conseiller municipal PDC et ancien directeur de Léman Bleu a été retrouvé mort chez lui. Il avait 39 ans.

Le candidat PDC au conseil administratif Ville de Geneve, Michel Chevrolet pose sur le toit d'Uni Dufour (image d'archives)

Le candidat PDC au conseil administratif Ville de Geneve, Michel Chevrolet pose sur le toit d'Uni Dufour (image d'archives) Image: Laurent Guiraud

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L’information annoncée hier soir sur notre site tdg.ch a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Le conseiller municipal et ancien directeur de Léman Bleu Michel Chevrolet est mort à l’âge de 39?ans. Les circonstances de son décès ne sont pas encore établies. Une enquête a été ouverte. La Brigade de police technique et scientifique s’est rendue hier en fin d’après-midi au domicile de l’élu PDC, dans le quartier de Rive, où le corps de Michel Chevrolet a été retrouvé sans vie.

La mort de cette figure genevoise laisse ses amis «effondrés». «Il avait plein de projets en tête, un voyage à Moscou et un autre au Brésil, commente l’un de ses amis. Nous étions d’ailleurs tous invités à une grande soirée, le mois prochain, pour l’inauguration d’un nouveau magazine qu’il avait racheté et pour fêter l’extension de son agence de communication.»

C’est également un choc pour ceux qui siégeaient avec le chef du groupe démocrate-chrétien au Municipal de la Ville. Michel Chevrolet s’était emporté avec lyrisme lors d’un débat il y a moins d’une semaine. Il avait rappelé être un fervent défenseur du monde de la nuit. «Genève ne doit pas devenir une ville-dortoir», fulminait-il. Ses coups de colère finissaient souvent autour d’un verre à la buvette. Et se prolongeaient parfois dans la nuit. «Michel était quelqu’un qui vivait à 200 à l’heure», réagit le conseiller national écologiste Antonio Hodgers, lui aussi Argentin. Le pays d’origine de Michel Chevrolet.

Energumène politique

Le tellurique Michel Chevrolet n’a jamais caché son amour pour sa ville. C’est par la politique qu’il le montre, puisqu’il devient président du Parlement des jeunes de Meyrin à 16?ans seulement. Deux ans plus tard, c’est le Conseil municipal qui l’accueille. Boulimique de la vie, il prend le siège de président de ce même Parlement, alors qu’il n’a que 22?ans. Il choisit le Parti démocrate-chrétien, «parce que c’est un véritable parti du centre, où l’on peut débattre».

Si ses adversaires politiques ont souvent raillé sa volonté de contenter tout le monde, lui n’a jamais cessé de se battre. Défenseur de l’extension du Musée d’ethnographie, de la plage des Eaux-Vives ou de la survie décriée du Moa Club, le politicien a eu à cœur de faire bouger sa ville. Il a d’ailleurs visé un siège au Conseil administratif l’année passée. «Une campagne ignoble, nous confiait-il encore il y a deux semaines. J’ai pris des coups, mais j’ai pardonné.» Une confession qui révèle la sensibilité à fleur de peau de l’élu, qui vivait mal les critiques.

L’homme aux 5000 amis

La politique n’était pas sa seule passion. Michel Chevrolet était aussi un homme de médias. Après une licence en sciences politiques obtenue à l’Université de Genève, il travaille successivement au Journal de Genève et à La Suisse, puis passe dans les studios de Radio Lac et de la Radio suisse romande, avant de rejoindre la télévision locale Léman Bleu. Il devient rédacteur en chef puis directeur de la chaîne, laquelle voit son audience remonter. Il ne quitte les plateaux que pour d’autres projecteurs: ceux de la campagne électorale municipale.

Michel Chevrolet conservera toutefois une tribune sur le réseau social Facebook. Surnommé «l’homme aux 5000 amis», il a suscité plus d’une fois l’ire de nombreux politiciens et internautes. Le candidat s’était d’ailleurs plaint de cette image de «fêtard», regrettant qu’on ne l’interroge pas plus souvent sur son programme politique. «Exubérant ou agaçant», Michel Chevrolet ne laissait personne indifférent.

De Buenos Aires à Meyrin

«En fait, je me sens très Argentin de caractère», déclarait-il dans nos colonnes. Un trait qui résume bien la trempe de cette figure de la vie politico-médiatique genevoise. Un parcours atypique qui prend racine loin de la Suisse, là-bas en Argentine. «Un pays où j’aime me ressourcer», disait-il en précisant qu’il y possédait des terres. «Des terres de repos, celles des ancêtres de ma mère», mais aussi celles qui ont accueilli sa naissance en octobre 1972, à Buenos Aires. Ainsi naquit «Miguel» Chevrolet. «Miguelito» aux yeux de sa mère, l’une des femmes de sa vie, Renata.

La maman n’est alors âgée que de 16?ans. Un élément qui complique la relation entre les deux jeunes parents, aux yeux des familles respectives. Son père biologique? Il le connaîtra peu.

Alors que le jeune Michel n’a que 6?ans, sa mère se voit contrainte par la dictature militaire de quitter l’Argentine. Destination la Suisse, où elle rencontre Pierre-Achille Chevrolet, lequel adoptera l’enfant. Lorsqu’il foule le sol de la petite commune de Meyrin, «Miguel» devient Michel Chevrolet. C’est sous ce nom qu’il se fera connaître de milliers de Genevois.

Déposez vos messages de condoléances sur hommages.ch (TDG)

Créé: 25.04.2012, 08h08

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