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La messe n’est pas dite concernant la loi sur la laïcité

Le Grand Conseil n’a pas achevé jeudi son débat sur le cadrage des liens entre l’État et les religions.

Rapporteur de majorité, le PLR Lionel Halpérin a, jeudi, plaidé en faveur de la nécessité de légiférer: «Les lois du XIXe siècle qui régissent la question sont désuètes. Nous devons adapter le droit aux réalités d’aujourd’hui.»
Rapporteur de majorité, le PLR Lionel Halpérin a, jeudi, plaidé en faveur de la nécessité de légiférer: «Les lois du XIXe siècle qui régissent la question sont désuètes. Nous devons adapter le droit aux réalités d’aujourd’hui.»
Pierre Albouy

Quels rapports l’État doit-il entretenir – et le doit-il – avec les communautés religieuses? Telle est l’épineuse question à laquelle doit répondre le Grand Conseil. Entamé jeudi, le débat sur la laïcité n’est pas arrivé à son terme. Loin de là. En effet, malgré deux ans de travaux en Commission des droits de l’homme, les députés restent très divisés face au projet de loi (amendé en commission) déposé par le conseiller d’État Pierre Maudet. Les discussions se poursuivront vendredi.

Rapporteur de majorité, le PLR Lionel Halpérin a, jeudi, plaidé en faveur de la nécessité de légiférer: «Les lois du XIXe siècle qui régissent la question sont désuètes. Nous devons adapter le droit aux réalités d’aujourd’hui.»

Une loi inutile?

Un avis qui est loin d’être partagé par tous. «Le régime de nos lois ordinaires est suffisant pour cadrer le phénomène religieux», a assuré l’UDC Patrick Lussi, rapporteur de première minorité. Pierre Vanek, d’Ensemble à Gauche, est du même avis. Selon le rapporteur de seconde minorité, «légiférer de manière spécifique sur le fait religieux est même contraire à la neutralité de l’État dans les affaires religieuses.»

Les échanges sont de qualité, mais les positions sont irréconciliables. Le PDC François Lance rappelle, pour montrer le besoin de donner un cadre, qu’on dénombre 600 communautés religieuses et que 35% de la population n’adhère à aucune croyance. Le socialiste Cyril Mizrahi rétorque que les Genevois ont d’autres préoccupations que la laïcité. «Légiférer, ce serait ouvrir la boîte de Pandore», ajoute-t-il.

Suspense avant le vote

Remplaçant Pierre Maudet, en déplacement, François Longchamp a défendu devant le parlement la nécessité de donner une base légale à la laïcité telle qu’elle est pratiquée à Genève. «Pour le Conseil d’État, on ne peut faire l’économie d’une loi en la matière, a-t-il conclu. La Constitution nous contraint notamment à définir ce qu’est une communauté religieuse ou à délimiter le champ des relations que l’État doit entretenir avec elles.»

À l’écoute de la diversité des prises de position, il était tout simplement impossible de deviner si l’entrée en matière sur le projet réunirait une majorité d’élus. La réponse est tombée à 22 h 45, après trois heures et demie de débat. Par 63 oui contre 26 non et 3 abstentions, cette étape a cependant été facilement franchie.

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