Une mère et sa fille montent un opéra russe

Musique classiqueLa production sera jouée ce dimanche et le prochain au Bâtiment des forces motrices. Le prix des places est volontairement bas.

Tout est parti du travail de maturité de la fille de Madeline Alexander. Élève au Collège de Candolle, Marion a terminé sa quatrième année en créant un opéra de Purcell.

Tout est parti du travail de maturité de la fille de Madeline Alexander. Élève au Collège de Candolle, Marion a terminé sa quatrième année en créant un opéra de Purcell. Image: Steeve Iuncker-Gomez

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est avant tout un projet mère-fille. Ce dimanche et le prochain, Madeline Alexander et sa cadette, Marion Decorvet, présenteront l’opéra de Tchaïkovski «Eugène Onéguine» au Bâtiment des Forces Motrices (BFM) à 17h. Montée avec l’association Operami, la création réunit près de 100 musiciens professionnels et amateurs.

Assise à la terrasse d’un café, drapée dans un imposant manteau noir, Madeline Alexander pourrait parler des heures de cette pièce maîtresse du compositeur russe. Il y a de l’ardeur et de la passion dans le discours. La sexagénaire est incontestablement une amoureuse de l’art lyrique et de la scène.

Professeur de musique à l’École internationale, la mélomane baigne dans le domaine depuis de longues années. Cheffe de chœur et organiste de formation, elle a par la suite suivi une formation de création d’opéra au Metropolitan Opera de New York. La musicienne en a fait profiter directement ses élèves. Au cours de sa carrière, elle a monté pas moins de 30 pièces pour enfants. «J’ai une certaine maîtrise de la scène», confirme l’intéressée.

Un travail de maturité à l'origine de tout

L’idée des grosses productions est plus récente. Tout est parti du travail de maturité de sa fille en 2006. Élève au Collège de Candolle, Marion a terminé sa quatrième année en créant «Didon et Énée», un opéra de Purcell. «Cela a eu tellement de succès que nous avons décidé de créer une association l’année suivante», explique la mère de famille.

Operami regroupe aujourd’hui une quarantaine de membres. Essentiellement des choristes, dont beaucoup sont amateurs. Pour les opéras, l’association recrute des musiciens et des solistes professionnels. La fille de Madeline Alexander, Marion Decorvet, chanteuse professionnelle, tient toujours l’un des rôles principaux.

Cette année, le budget de la production s’élève entre 100 et 120000 francs financés par différents donateurs, dont la Loterie Romande, la Ville de Genève et les Services industriels. Les prix des billets s’échelonnent entre 10 et 65 francs, soit des tarifs largement inférieurs à ceux pratiqués par le Grand-Théâtre. Operami veut ainsi rendre l’opéra accessible au plus grand nombre de personnes possible.

Tchaïkovski comme nouveau défi

Après «Faust» de Gounod, la «Traviata» et «Il trovatore» de Verdi, puis «L’elisir d’amore» de Donizetti, Madeline Alexander et Marion Decorvet ont décidé cette fois de s’attaquer à Tchaïkovski. «Il y a trente ans, j’ai découvert par hasard la partition d’«Eugène Onéguine» et j’en suis tombée amoureuse», se souvient l’aînée. Mais le texte en russe a longtemps freiné le duo. «C’est difficile et compliqué pour les chanteurs», relève Madeline Alexander.

L’envie d’un nouveau défi finit par l’emporter. Et aujourd’hui, tous les membres d’Operami semblent ravis de ce choix à entendre leur présidente: «Nous avons travaillé comme des fous mais nous sommes prêts.»

Les choristes ont attaqué la partition en août. «Certains ont pris des cours de russe», note la cheffe de chœur pour montrer la motivation des troupes. Les répétitions avec les solistes ont, elles, démarré en novembre. Quid des costumes et des décors? «Je couds toutes les nuits depuis le mois de juin», sourit Madeline Alexander. Quant aux décors, c’est son mari, également membre de l’association, qui s’en occupe. «Nous sommes une douzaine de bénévoles à travailler énormément pour ce spectacle, précise la metteuse en scène, reconnaissante. Nous nous réjouissons d’y être enfin.»

Créé: 10.01.2020, 19h16

Articles en relation

Le brouillard s’invite après le soleil et donne à la ville des airs d’opéra

Plein air Matinée cafardeuse, ce jeudi? L’exact contraire. La météo locale a mis de la poésie dans notre début de journée. Plus...

À Genève, l'Alhambra fête ses cent ans d'existence

Musique Ce mercredi, la maison fête son siècle. La maison embrasse une nouvelle vocation. Plus...

Pour les musiciens romands, l’année 2020 s’annonce bien

Musique Célébrée à l’Eurosonic, la Suisse fera aussi sonner ses bonnes notes à domicile. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Votation: faut-il taxer les chiens?
Plus...