Mensonges, insultes et radio: le duel Barthassat - Mazzone

Luc Barthassat, conseiller d’État PDC en charge de l’Environnement, des Transports et de l’Agriculture

Luc Barthassat, conseiller d’État PDC en charge de l’Environnement, des Transports et de l’Agriculture Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Vendredi dernier, le magistrat genevois Luc Barthassat était en direct sur les ondes de la RTS, dans l’émission Forum, face à la Genevoise Lisa Mazzone, conseillère nationale Verte. Motif de l’invitation? Débattre du bilan de législature du conseiller d’État PDC en charge de l’Environnement, des Transports et de l’Agriculture, qu’il juge lui-même excellent, ce que contestent les écologistes. Le ton est rapidement monté entre les interlocuteurs, qui se sont échangé davantage d’«amabilités» que d’arguments. Les faits, eux, sont passés en arrière-plan. Fact-checking de morceaux choisis.

Lire aussi: Luc Barthassat ou les délires du Mini Trump

Retour d’abord sur les 800 millions que Luc Barthassat

dit avoir gagnés pour la région genevoise dans Prodes – un nom barbare pour dire Programme de développement stratégique de l’infrastructure ferroviaire. Il s’agit de projets à mettre en œuvre à l’horizon 2030-2035, financés par Berne. En réalité, ces quelque 800 millions concernent l’arc lémanique dans son ensemble; ils n’ont donc pas été obtenus par le seul Luc Barthassat, mais de concert avec le Canton de Vaud. Ils doivent permettre de doubler le nombre de trains entre Genève et Lausanne, pour une desserte au quart d’heure. Et c’est avant tout nos voisins qui bénéficieront de la somme puisque les travaux se feront entre Allaman et Saint-Prex. Il s’agira d’aménager une troisième voie pour rendre la cadence possible. Quant aux projets genevois purement locaux, ils ont pour l’heure été retoqués. Le plus emblématique visait à doubler la cadence entre Cornavin et La Plaine, et offrir ainsi quatre convois par heure, pour 120 millions de francs environ.

«Depuis votre arrivée, l’offre en transports publics a baissé de 2%»

Lisa Mazzone n’a pas été assez sévère: depuis 2014, l’offre s’est dégradée d’environ 6%. Il s’agit donc de 2%… par an! Le réseau a été confronté à des difficultés financières à la suite de deux votations successives sur les tarifs. Fin 2017, l’offre a été très légèrement augmentée (+0,3%). Mais la situation doit s’améliorer cette année. Lors des derniers débats budgétaires, les députés ont voté – contre l’avis de Luc Barthassat – treize millions de subsides supplémentaires pour les transports publics, afin que les prestations se rapprochent de celles de 2014.

«Vous êtes le premier conseiller d’État qui n’a pas inauguré un seul tram durant sa législature»

La constatation de Lisa Mazzone est juste, en tous les cas depuis 1993. La dernière inauguration remonte à fin 2011, avec le tram reliant Cornavin à Bernex, en passant par Onex, sous l’ère de la conseillère d’État verte Michèle Künzler (2009-2013). Luc Barthassat, en poste depuis quatre ans, a par ailleurs indiqué que Robert Cramer avait, lui, «mis seize ans pour avoir ses trams», ce qui est faux, puisque le conseiller d’État Vert a été en charge de la mobilité durant huit ans (2001-2009).

Il faut néanmoins tempérer l’attaque de Lisa Mazzone: le réseau de trams ayant connu un fort développement jusqu’en 2011, il était convenu dans le plan décennal des investissements de 2013, avant l’arrivée de Luc Barthassat, de mettre la pédale douce sur son extension dès la législature suivante. Reste que deux projets sont toujours en attente, à savoir le prolongement de la ligne 14 le long du village de Bernex et le prolongement de la ligne 15 pour les Cherpines et Saint-Julien, dont le début des travaux était initialement prévu fin 2017. Le projet devant faire face à 230 oppositions, il a pris du retard.

Loi sur la mobilité: «Lisa Mazzone a retourné sa veste au dernier moment»

En 2016, les Genevois ont accepté en votation la loi «pour une mobilité cohérente et équilibrée», contreprojet à l’initiative Verte «Pour des transports publics plus rapides». Lors du débat, l’élu PDC a indiqué que la Genevoise a «tout foutu en l’air». Or, le contreprojet a été accepté à 68% et les Verts ont bel et bien appelé à cocher un double oui – pour la loi et pour l’initiative, en privilégiant cette dernière en cas d’acceptation des deux textes. Que reproche au juste le magistrat à la Verte? «De ne pas avoir fait retirer l’initiative, comme elle s’y était engagée», selon Thomas Putallaz, porte-parole du magistrat. Ce que conteste formellement Lisa Mazzone.

«C’est moi qui ai fait venir les lobbyistes, avec l’aide de Madame Brunschwig Graf»

Fin 2008, deux lobbyistes ont été engagées afin de soutenir les intérêts genevois à Berne. Luc Barthassat et Martine Brunschwig Graf sont alors tous deux conseillers nationaux. Or, c’est par le Conseil d’État, et lui seul, que les deux femmes ont été nommées. Martine Brunschwig Graf indique que l’existence de ces lobbyistes «n’est pas née de l’insistance de l’un ou de l’autre, mais d’une idée discutée durant des années au Conseil d’État, issue de la volonté d’un certain nombre de personnes, et qui a fini par faire son chemin»

(TDG)

Créé: 31.01.2018, 19h30

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Grève des travailleurs du bâtiment
Plus...