Un menhir dormait sous un champ du Grand-Saconnex

ArchéologieDes sondages ont été effectués dans le périmètre destiné à une nouvelle jonction autoroutière. Ils ont révélé des vestiges de 4000 avant J.-C.!

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C’est aujourd’hui un banal champ, accolé à l’aéroport, destiné à accueillir dans quelques années la jonction autoroutière du Grand-Saconnex. Mais il y a plus de 4000 ans avant Jésus-Christ, c’était probablement un lieu de culte. Car on vient d’y découvrir, enfoui à un mètre de profondeur, un menhir de 1,50 m! Des sondages, réalisés en prévision de la réalisation du nouvel embranchement (voir infographie) et de la construction de la route des Nations, ont révélé la présence de ce monolithe ainsi que de pièces de céramique. Une découverte fabuleuse car plutôt rare: on ne trouve pas souvent de vestiges du néolithique dans les entrailles du canton.

Des céramiques de Gaulois

Tout a commencé en septembre, lorsque le Service cantonal d’archéologie lance des sondages au Grand-Saconnex, en prévision du projet de jonction autoroutière à cet endroit. Cet embranchement devrait être aménagé en parallèle de la construction de la route des Nations, au début de 2016, pour un coût d’environ 140 millions de francs (lire encadré). «Nous possédons une carte du canton répertoriant les endroits «sensibles», soit des lieux où ont été découverts des vestiges archéologiques ou qui sont susceptibles d’en contenir, explique Jean Terrier, archéologue cantonal. Lorsque des travaux sont prévus, nous intervenons en amont pour effectuer des sondages. Mais on ne peut pas mettre un archéologue derrière chaque pelle mécanique, il faut faire des choix!»

Le service a donc saisi la sienne, de pelle, pour transformer le champ saconnésien en emmental sur 5000 m2. A coups de petits trous, de 6 mètres sur 1,50 mètre tout de même, les techniciens ont raclé le sol sur un mètre de profondeur à la recherche de vestiges archéologiques. Et ils ont tiré le gros lot en découvrant des vestiges du néolithique.

Menhirs sous des églises

Un menhir en terres genevoises, c’est une première? «Non, c’est rare, indique Jean Terrier. En général, les mégalithes sont synonymes de site cultuel ou religieux. On en a déjà trouvé sous le temple de Saint-Gervais, au parc La Grange, sous l’église de Corsier ou sous celle de Meinier.» Les lieux de culte perdurent sur des millénaires… «Effectivement, sous Saint-Gervais par exemple, on a découvert des restes d’une église du Ve siècle, qui reposait elle-même sur un temple romain, un temple gaulois et des mégalithes avec des traces d’occupation remontant à 4200 ans avant J.-C.!» Quant aux fragments de céramiques, ils viennent de deux époques différentes, continue l’archéologue cantonal. «Un premier type plutôt grossier, qui pourrait dater de la préhistoire, et un autre plus fin, qui remonte à l’époque gauloise, soit entre le IIe et Ier siècle avant J.-C. C’est à cette époque que l’on fonde de grands oppidums, à l’image des villes fortifiées comme Genava.»

Jonction pas mise en péril

Les trous sont maintenant rebouchés, en attendant le lancement des fouilles plus poussées. L’Université de Genève reprend le flambeau, le Service cantonal d’archéologie n’étant pas spécialisé dans cette période puisque l’alma mater possède un laboratoire de préhistoire et d’anthropologie. Celui-ci élabore actuellement un devis, qui sera ensuite envoyé à l’Office fédéral des routes (Ofrou). En effet, c’est lui qui financera en grande partie les fouilles, puisqu’elles sont liées à une extension d’une route nationale. «Depuis 2008, la Confédération est propriétaire des routes nationales et les aménagements qui y sont liés rentrent dans ses prérogatives, détaille Olivier Floc’hic, responsable de la communication de l’Ofrou. Elle est aussi responsable des découvertes archéologiques qui y sont mises à jour, en collaboration avec les cantons.» A combien se montera la facture? «Difficile à dire, on en a pour sept à huit mois de travaux, on serait dans l’ordre du million, avance Jean Terrier. Après les fouilles, il faut encore exploiter et étudier les prélèvements.» Les fouilles devraient commencer au début de 2015. Auront-elles un impact sur le calendrier de construction de la jonction autoroutière? «Elles pourraient éventuellement retarder le début des travaux mais en tout cas pas mettre en péril le projet», répond Olivier Floc’hic. (TDG)

Créé: 24.11.2014, 11h41

Travaux en 2015

En 2011, le Grand Conseil a inscrit la réalisation de la route des Nations en tranchée couverte et tunnel dans la loi. L’extension du tram sur la route de Ferney est également prévue. Les travaux devraient démarrer au début de 2015 pour quatre ans. La jonction autoroutière sera aménagée en parallèle.

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