Menacée, la petite banque privée doit se repenser

GenèveEn l’espace de huit ans, le secteur a perdu 43 établissements, emportés par le poids des nouvelles régulations. Les banques de taille plus modeste font face à une forte pression.

Avoirs gérés par sept petites banques genevoises Image: Gilles Laplace/Tribune de Genève

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En 2013, la Suisse comptait 43 banques privées de moins qu’en 2005, passant de 182 à 139 établissements. Rachats, fusions ou tout simplement liquidations: la place financière helvétique a vécu durant ces huit années un bouleversement majeur. Parmi les victimes, des institutions, de taille souvent modeste, mises en difficulté par l’intensification de la lutte contre la fraude fiscale et l’augmentation des coûts d’une gestion qui en découle. Une tendance confirmée en 2014. Selon une étude récente du cabinet de conseil KPMG, durant les sept premiers mois de l’année, il y a eu autant de transactions de fusion-acquisition dans le domaine de la banque privée qu’en 2012, 2010 ou 2008. Un sujet que devrait aborder aujourd’hui la fondation Genève Place Financière à l’occasion de sa conférence de presse annuelle.

34 établissements en pertes

«Il n’existe pas de profil type à proprement parler des établissements en difficulté, tempère Olivier Gauderon, associé audit financial service chez KPMG. Par contre, nous observons que les établissements de taille restreinte sont plus sensibles à l’augmentation des coûts des nouvelles exigences en termes de conformité. Bien qu’il n’y ait pas de chiffre magique, on peut imaginer une masse sous gestion minimale permettant la rentabilité, comprise entre 10 et 20 milliards de francs pour suivre une stratégie de développement internationale.»

Sur les 94 banques sondées par KPMG, 34 étaient en pertes en 2013. Un chiffre ramené à 14 par le cabinet PwC, qui adopte d’autres critères. «Il est intéressant de noter que sur ces 14 établissements, 13 appartiennent à la catégorie des banques gérant moins de 3 milliards d’actifs, note Martin Schilling, chef du service corporate finance chez PwC. En plus de devoir engager et former des employés au nouveau cadre juridique, les banques doivent investir fortement dans l’informatique, pour avoir des logiciels adaptés.»

Suisse valeur refuge

Une nouvelle donne que les banques de la place genevoise, qui compte une cinquantaine de sièges, sont contraintes d’intégrer. Leurs chances de succès? «Difficile à dire, analyse François Duc, professeur à la Haute Ecole de gestion de Genève. La plupart d’entre elles affichent des bénéfices pour l’année 2013, dus à la bonne tenue des marchés et à la crise bancaire européenne. La Suisse reste une valeur refuge. Une bonne carte à jouer à l’avenir. Mais pour connaître leur véritable état de santé, il faudrait savoir la part des avoirs fiscalement régularisés qu’elles détiennent.»

Développement dans nos éditions papier et iPad du mardi 14 octobre 2014 (TDG)

Créé: 14.10.2014, 07h32

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