Médecin, musicien et chanteur

RencontreRadiologue, Pierre-Henri Morère troque la blouse blanche contre la guitare et compose des chansons d'amour.

Médecin et chanteur? «Il doit y avoir une erreur de parcours, mais laquelle? J’adore les deux!» plaisante Pierre-Henri Morère.

Médecin et chanteur? «Il doit y avoir une erreur de parcours, mais laquelle? J’adore les deux!» plaisante Pierre-Henri Morère. Image: GEORGES CABRERA

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Un médecin radiologue qui sort un disque, ce n’est pas banal. Et lorsque l’auteur confie que les années de médecine ne sont rien comparées à l’investissement personnel que lui a demandé son disque, on saisit que la musique représente un peu plus pour lui qu’un simple hobby. «C’est avant tout une passion et un rêve d’enfant qui se concrétisent. Il n’y a pas eu beaucoup de journées sans guitare dans ma vie», admet Pierre-Henri Morère, en caressant la pochette du CD sur la table du bistrot.

Son disque, le radiologue de 36 ans en parle comme d’un bébé, dont la gestation aura duré plusieurs années. Médecine oblige, le jeune homme, père d’un petit garçon de 6 mois, s’y est consacré par périodes, laissant le projet mûrir parfois pendant de longs mois. En cet après-midi d’octobre, l’employé de l’Hôpital de La Tour sort des Hôpitaux universitaires de Genève. «Ce que je fais sera has been dans dix ans, j’ai voulu garder un pied dans le monde académique pour continuer à me former.» Son domaine? La radiologie interventionnelle. «C’est de la tuyauterie. Soit je débouche des artères bouchées, soit je bouche un vaisseau qui saigne. Je bricole toute la journée», résume-t-il, modeste.

Autodidacte

Au terme de ses études de médecine à Paris, le jeune Normand, qui dit – mais faut-il le croire? – n’avoir jamais brillé à l’école, pouvait devenir généraliste, pédiatre ou psychiatre. «Il n’en était pas question. Je voulais faire quelque chose de mes mains, les journées passent plus vite lorsqu’on n’utilise pas que son cerveau!» Après un tour d’Europe, Pierre-Henri Morère choisit la Suisse. Il passe le diplôme fédéral et se spécialise à Sion. L’informatique de l’hôpital enregistre ses initiales dans cet ordre: mor-p-he. «Cela a donné Morphé», son nom d’artiste. Référence au dieu du sommeil? «Oh non! J’espère que ma musique ne va pas endormir les gens, elle est plutôt rythmée et dynamique.»

Ses influences? «La musique n’était pas un truc de famille. Ado, je piquais les CD de mes cousins: Beatles, Rolling Stones, Dire Straits, Chuck Berry. Des trucs plutôt rétro.» Autodidacte, Pierre-Henri Morère écrit ses premières chansons à 18 ans «dans un pseudo-anglais. Je suis passé au français assez vite.» Désormais, composer un morceau lui prend une semaine… ou trois mois. «Je trouve assez vite un arpège ou un accord sympa. Le plus compliqué, ce sont les paroles.» Morphé parle d’amour. «De façon gaie, ce qui est bien plus difficile à écrire qu’une chanson triste», précise-t-il.

Cent mille euros en sept mois

Le jeune auteur aux faux airs de Jude Law dit «assumer l’image du chanteur à minettes avec sa guitare au bord de la plage. Cela ne me pose pas de problème. Ce qui me gênerait, c’est d’adopter un style musical qui ne me correspond pas.»

Ses musiques et paroles composées, Morphé s’est senti un brin «perdu face à l’immensité de l’offre musicale. Pour se faire remarquer, de nos jours, il faut une voix exceptionnelle ou passer par la télé-réalité.» C’est là que sa volonté a fait la différence. Misant sur le financement participatif, Morphé a mis ses chansons en ligne et invité les internautes à produire le disque, en investissant par tranches de 10 euros. «Le problème, c’est que le site abritait 40 000 pages d’artistes!» Pour sortir du lot, il investit les réseaux sociaux et crée un clip. En sept mois, il réunit les 100 000 euros nécessaires. L’enregistrement représente «la claque de [sa] vie. C’est génial d’avoir pu faire tout cela sans aucun intérêt financier, juste par passion.»

Devant un tel discours, on se demande comment la médecine coexiste avec la musique. «Il doit y avoir une erreur de parcours, mais laquelle? J’adore les deux!» plaisante le jeune homme. Avec une différence toutefois: «D’un naturel très cool, je reste impassible durant les interventions, même devant un choc hémorragique. En revanche, la perspective de monter sur scène me fait vraiment stresser.»

Médecin et chanteur? «Il doit y avoir une erreur de parcours, mais laquelle? J’adore les deux!» plaisante Pierre-Henri Morère. GEORGES CABRERA

(TDG)

Créé: 01.11.2016, 16h34

Bio express

26 décembre 1980 Naissance à Rouen, aîné de trois enfants, parents médecins.

1991 Première guitare.

1998 Première chanson.

1999 Première année de médecine.

2006 Diplôme de médecine en France.

2007 Diplôme de médecine en Suisse.

2012 Rencontre avec Hélène, infirmière, «au fond du couloir des Urgences».

26 juillet 2014 Mariage.

12 avril 2016 Naissance de son fils, Pierre-Arthur. «Tous les garçons de la famille ont un prénom qui commence par Pierre ou Jean.»

25 novembre 2016 Sortie de son disque, «Mon image et mes manières».

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