Le MCG et le peuple votent à l’unisson dans 75% des cas

PolitiqueSur la législature en cours, les positions du parti sont les plus similaires à celles de la population, devant celles du Grand Conseil.

Ce constat ressort de la comparaison entre les recommandations de vote et le résultat populaire des 28 votations cantonales de la législature 2013-2018.

Ce constat ressort de la comparaison entre les recommandations de vote et le résultat populaire des 28 votations cantonales de la législature 2013-2018. Image: FRANK MENTHA

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Les chiffres sont clairs: le MCG a le plus fort taux de correspondance avec les votes du peuple, à 75%. Ce constat ressort de la comparaison entre les recommandations de vote et le résultat populaire des 28 votations cantonales de la législature 2013-2018. Juste derrière le MCG figurent le Grand Conseil (71,43%) et le PDC (64,29%) (voir infographie).

Des chiffres que nuance immédiatement le politologue genevois Pascal Sciarini: «La correspondance entre le mot d’ordre et le vote populaire n’est qu’un indicateur parmi d’autres, d’autant plus qu’il ne porte que sur 28 votations. On ne peut pas conclure juste à partir de cet élément que le MCG est le parti le plus proche du peuple.» Son interprétation dépend du point de vue duquel on considère le MCG. «Il paraît a priori surprenant qu’un parti protestataire soit aussi souvent à l’unisson du peuple, mais aussi du Conseil d’État et du Grand Conseil (ndlr: selon nos calculs, le MCG vote comme le Grand Conseil dans 67,9% des cas). En revanche, on ne peut pas s’étonner qu’un parti populiste soit proche du peuple.»

Qui influence qui?

Est-ce le MCG qui vote comme le peuple ou l’inverse? Difficile à dire. Le parti marque des points lorsqu’il s’oppose avec la gauche à une diminution de prestations (votation sur les prestations complémentaires ou sur les tarifs des transports publics). Est-ce le rôle d’un parti politique de s’aligner sur le peuple? «Pour un parti populiste, c’est une confirmation de sa pertinence, note Pascal Sciarini. Mais si le critère est le bien-être collectif et l’assainissement des finances publiques, le raisonnement est différent. Ce n’est un résultat flatteur pour le MCG que si l’on occulte les conséquences macroéconomiques de ses choix.»

Le départ d’Éric Stauffer à la fin d’avril 2016 ne semble pas avoir eu d’incidence marquante sur les 12 votations qui ont suivi sa démission. À cette exception près: le vote sur la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée, en juin 2016. L’ex-président s’était positionné pour le oui, donc contre son parti. «Et j’ai eu raison, j’étais conforme à la vox populi, rappelle-t-il. Lorsque l’on boit l’eau du puits, il ne faut pas oublier ceux qui l’ont creusé.»

Et à l’autre bout du classement? On trouve Ensemble à Gauche. «Il y a certaines batailles qu’il faut mener même si on les perd pour faire avancer ses idées, estime Jean Batou, député EàG. Sur le plan cantonal, on vient de remporter le vote contre la hausse des tarifs TPG et celui sur la baisse du nombre de signatures pour les droits populaires. Et au niveau fédéral, on a remporté des objets sociaux lourds, comme RIE III et PV 2020.»

Le PLR en porte-à-faux?

Autre constat frappant, ce classement ne correspond pas aux forces en présence au Grand Conseil. Par exemple, le PLR y est le premier en termes de sièges (24%), pourtant, en termes de correspondance de vote, il ne figure qu’à la 5e place ex aequo avec le PS. Ainsi le peuple porte au pouvoir des élus qui ne votent pas comme lui… Incohérent? «Même en position de force, le PLR ne représente qu’un quart de l’électorat, reprend Pascal Sciarini. Ce sont les coalitions qui sont décisives, pas les partis. Regardez au niveau fédéral, l’UDC doit représenter 30% des sièges, et ils ne gagnent que rarement en votations.»

Loin derrière le MCG, le gouvernement n’est en symbiose avec ses concitoyens que dans 60% des cas. «Un vote n’est pas un concours de beauté, mais un choix de responsabilité, réagit François Longchamp, président du Conseil d’État. Gouverner, c’est imprimer un cap et non aller dans le sens du vent. Les partis ne sont pas astreints à la même cohérence: certains peuvent même être capables de vouloir tout à la fois des baisses d’impôts et des hausses de prestations.»

La même analyse au niveau des votations communales ne serait pas pertinente, en raison de leur faible nombre. On notera toutefois que dans quatre cas sur cinq, le peuple a désavoué le Conseil municipal de la Ville de Genève (Transferts d’actions de Télégenève à UPC Cablecom, Restauration et agrandissement du MAH, et les deux lignes de réductions budgétaires). (TDG)

Créé: 12.11.2017, 19h07

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«On est aussi force de proposition»

Présidente du MCG, Ana Roch n’est pas surprise par ce résultat, estimant que son parti est le «seul proche des gens».

– Est-ce le MCG qui suit le peuple ou l’inverse?

– Un peu des deux. On ne peut pas répondre aux attentes sans être à l’écoute. On est un mouvement citoyen, je me plais à le rappeler.

– Est-ce le rôle d’un parti de se calquer sur l’avis du peuple?

– On n’est pas calqué sur la position du peuple, on est aussi force de proposition.

– Pour un parti protestataire, vous votez à 67,9% comme le Grand Conseil…

– On ne suit pas bêtement ses propositions. Si notre avis est le même que la majorité du Grand Conseil, c’est tant mieux, ça veut dire qu’on arrive à faire passer nos idées. J’ai presque envie de dire que c’est la majorité du Grand Conseil qui nous suit.

– Le MCG a perdu sur la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée. Pourtant Éric Stauffer s’était prononcé en sa faveur avant son départ. C’était lui le visionnaire?

– C’était l’avis d’un seul homme et pas de la majorité du parti. On ne peut pas toujours avoir raison. Ça ne me pose pas de problème.

– Le peuple vote plus souvent comme le MCG (75%) que pour le MCG (17% des sièges au parlement)…

– On est quand même en deuxième position au Grand Conseil! Et c’est une donne qui pourrait changer aux prochaines élections, notre objectif est de devenir le premier parti.

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