«Poggia ferait mieux de mettre de l’ordre dans ses propres services»

UberLe député Vincent Maitre critique les propos du conseiller d’État. Mais le syndicat Unia applaudit.

Vincent Maitre.

Vincent Maitre. Image: SEBASTIEN ANEX

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les déclarations publiées mercredi dans nos colonnes par le magistrat Mauro Poggia sur le fonctionnement de la société Uber ne sont pas du goût du député PDC Vincent Maitre. Le conseiller d’État a notamment menacé le transporteur de cessation de ses activités si ses chauffeurs ne devenaient pas salariés ou s’ils ne cotisaient pas comme indépendants.

«Avec ses propos, le conseiller d’État Mauro Poggia donne l’impression d’aller vers le tout-répressif arbitraire. Et de faire un bond de dix ans en arrière, comme si la numérisation croissante du monde n’existait pas. Je trouve cela très regrettable. Qu’on le veuille ou non, l’économie numérique est une réalité. Plutôt que de la combattre, il faut l’accompagner et la cadrer.»

Pour Vincent Maitre, qui a été le défenseur de la société Uber et reste l’avocat de nombreux chauffeurs travaillant avec cette société, cet encadrement existe dans cette branche. L’homme politique se réfère à la loi du 1er juillet 2017. «À condition, bien évidemment, de l’appliquer correctement, ce que la PCTN (police du commerce et de lutte contre le travail au noir), récemment sévèrement tancée par la Cour des comptes pour ses graves dysfonctionnements et ses carences, ne fait pas», reprend le député PDC. «Dans ce contexte, Monsieur Poggia ferait mieux de mettre de l’ordre dans ses propres services plutôt que de s’attaquer aux petits travailleurs indépendants.»

«La très grande majorité des chauffeurs Uber sont des indépendants au bénéfice de toutes les autorisations et cotisent au sein des institutions d’assurances sociales», affirme Vincent Maitre.

«Ces chauffeurs sont par ailleurs fiscalisés à 100% en Suisse. Après chaque course, une quittance est envoyée automatiquement par e-mail. Il est donc aisé de tracer leurs activités. C’est loin d’être le cas de la plupart des chauffeurs de taxi, qui ne donnent pas spontanément une quittance à leurs clients. Je me réjouis donc que la police du commerce fasse preuve d’autant de zèle envers les chauffeurs de taxi qu’à l’encontre des chauffeurs de VTC. Mais à Genève, les compagnies de taxis savent très bien protéger leur monopole.»

Unia a aussi réagi mercredi, mais pour soutenir Mauro Poggia. Le syndicat «se félicite de la décision du Conseil d’État genevois de mettre un terme à l’ultralibéralisme numérique, et de commencer à faire respecter la législation sociale suisse. Cette volonté doit maintenant faire cesser le dumping salarial d’Uber et des autres sociétés qui n’ont pas assumé leurs obligations.»

Au-delà de ces passes d’armes, l’irruption puis l’installation d’Uber à Genève déclenchent un débat beaucoup plus large. Menée tambour battant, la numérisation croissante de pans entiers de l’économie bouscule de nombreux acquis dans le monde du travail. Pour le pire ou le meilleur.

Créé: 07.02.2019, 08h55

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Dons d'organes: le Conseil Fédéral veut le consentement des proches
Plus...