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Maudet sauve la Revue

Le rendez-vous satirique de l’automne a donné vendredi sa première représentation. Les gags politiques tombent à plat.

La troupe des quinze comédiens et danseuses de cette Revue 2019 est pétaradante d’énergie.
La troupe des quinze comédiens et danseuses de cette Revue 2019 est pétaradante d’énergie.
Frank Mentha

«Notre Pierre qui est un dieu... » implore au pied de la croix une Nathalie Fontanet en Marie-Madeleine occupée à laver l’honneur du PLR, «pardonne-leur leurs offenses comme ils te pardonneront ta rente!» Le tableau est parfait: on se croirait à l’église Sainte-Croix de Carouge ou devant une toile mystique du MAH. Maudet en fils abandonné par les siens - couronne d’épines et pagne immaculé - va être crucifié à la visseuse comme une bibliothèque Billy. Il se lamente sur ses «derniers mois qui ont été un chemin de croix», fustige «les Ponce Pilate M-budget» qui lui ont tout retiré.

La scène qui lance le deuxième acte de la Revue est de loin la plus convaincante. Surprises, rebondissements... voilà que jaillit de son placard doré estampillé «Fragile» un Pierre Maudet en toge rouge. Il a troqué les épines contre des lauriers et s’exclame: «J’aurais voulu être Jésus Christ!» comme Claude Dubois, un artiste. La salle éclate de rire. Arnaud Denissel est plus que parfait en Maudet-le-maudit «pauvre pêcheur», impossible de faire mieux. Au point qu’on se fait du souci pour ce formidable acteur le jour où les urnes lui ôteront son souffre-douleur!

Facéties franchouillardes

La troupe des quinze comédiens et danseuses de cette Revue 2019, dirigée à la mise en scène par Anthony Mettler cette année, est pétaradante d’énergie. Ils chantent très bien (excellentes Mado Sierro, toujours parfaite en Sandrine Salerno, et Faustine Jenny), dansent et jouent de même, servis par des musiques ultra-connues que chacun dans le public scande du pied. Les rampes lumineuses du décor habillent l’arrière scène sans la surcharger et sont particulièrement bien employées pour figurer le LemanExpress qui, enfin, fait défiler le paysage d’Annemasse à Genève.

La deuxième partie est nettement plus enlevée que la première, et on regrette de ne commencer à apprécier les facéties franchouillardes et le jeu extraordinaire dans son genre de Pierre Aucaigne qu’à la fin du spectacle. Toute sa prestation du début de soirée, pourtant excellente, tombe à plat. Les spectateurs qui débarquent de la rue ne sont pas prêts à l’écouter. Heureusement, le « gilet jaune » avec son k-way, sa baguette et ses contorsions digitales sert de fil rouge à la pièce et réapparaît souvent.

Vannes politiques peu mordantes

Quant à Capucine Lhemanne, Laurent Nicolet, Pierre-Andre Sand, Vincent Kholer et Jean-Alexandre Blanchet, ils sont exactement là où on les attend. A tel point qu’on a l’impression de ne pas avoir quitté la salle depuis l’an dernier... Mais il est vrai qu’à la Revue, le public genevois aime se retrouver en terrain connu.

Les thèmes de société - grève des femmes, pollution par les pesticides, Gay pride - souvent trop longs et surchargés de poncifs, sont exploités de manière néanmoins plus drôle par les auteurs des sketches que l’actualité politique. Celle-ci, épinglée par des jeux de mots trop subtils pour être appréciés, ainsi saisis au vol, ne tient hélas pas la vedette dans cette édition, qui manque sérieusement de mordant.

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