«Maudet Boy», malgré lui

Un candidat au saut du lit (12/16)Simon Brandt se voyait bien à l’Exécutif de la Ville. Puis l’affaire Maudet l’a rattrapé.

En tout, Simon Brandt dit avoir entre «3000 et 4000» bandes dessinées.FRANK MENTHA

En tout, Simon Brandt dit avoir entre «3000 et 4000» bandes dessinées.FRANK MENTHA

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La vie, ce n’est pas comme dans les films ou les bandes dessinées. Simon Brandt le sait. Mais le PLR aimerait bien que l’épreuve qu’il traverse actuellement connaisse un heureux dénouement. En l’occurrence, son élection à l’Exécutif de la Ville. Le fruit de «quinze ans de travail» au Municipal. «Dans les BD, cela se déroule toujours de la même manière. Prenez «Largo Winch». Dans le premier tome, il y a la trame, la complication, puis la chute. Dans le second tome, le héros met en place un plan pour prendre sa revanche», lance ce passionné d’univers fantastiques, capable de réciter par cœur des extraits de «Star Wars».

On l’aura compris, Simon Brandt espère être au début du second tome. Assis dans le salon de son appartement, une bibliothèque garnie de BD derrière lui («J’en ai entre 3000 et 4000»), le grand maigre de 35 ans insiste avec une désarmante sincérité: «À la fin, cela finit toujours bien.» Le plan a toutefois intérêt à être sacrément bien ficelé, tant sa candidature a du plomb dans l’aile. En décembre, le conseiller municipal a été mis en prévention pour une double violation du secret de fonction. S’il espère que les charges seront vite abandonnées (du moins sur le volet lié à Pierre Maudet), l’épisode a mis en lumière la relation qui le lie encore au conseiller d’État, dont il fut longtemps proche (assistant parlementaire, puis membre de son secrétariat général), avant de tenter de s’en émanciper tant bien que mal.

Hypersensibilité

«On a deux caractères complètement différents. Là où Pierre Maudet a des certitudes, moi j’ai des doutes», affirme Simon Brandt. Son interpellation en décembre par onze policiers l’a profondément choqué. L’élu a été cueilli au petit matin, alors qu’il sortait de chez sa mère, où il dort encore souvent. Placé en détention, menotté, puis obligé de se dévêtir: rien ne fut épargné à celui que l’on savait déjà «hypersensible». Il s’en «veut» que sa mère ait dû assister à tout cela. «Mes parents ont divorcé lorsque j’avais 10 ans. Ma mère était femme au foyer. Elle a dû se remettre à travailler. Tout ce que j’ai réussi à faire jusqu’à aujourd’hui, c’est grâce à elle.»

Simon Brandt assure aller «mieux». «La preuve que j’ai les reins solides? C’est que je suis là devant vous», insiste-t-il. On a pourtant remarqué qu’il n’avait pas ouvert la bouche lors du dernier Conseil municipal. Un fait rarissime pour celui qui fut l’une des figures de la majorité de droite lors de cette législature. Il ne se rend plus non plus en commission. «C’est vrai que je n’y suis pas allé en janvier, mais à chaque fois, c’était parce que j’avais des événements liés à la campagne.»

«Mille idées»

À ses pieds, Mara, sa chienne (croisée staffie), commence à s’agiter. Direction le parc Bertrand, qu’il fréquente régulièrement depuis qu’il a été «libéré de son obligation de travailler» le temps de l’enquête. Il travaillait en tant qu’adjoint scientifique à la Direction stratégique de la police. Il s’y rendait à pied. «Je n’ai pas de voiture, pas de permis.» Il raconte que le matin, il prenait le café sur place avec des collègues. «Ils ont compris que je n’étais pas là en tant qu’espion de Pierre Maudet», sourit Simon Brandt.

La police est l’un de ses sujets de prédilection. Il y a consacré son travail de bachelor (Université de Genève) et celui de master (Université de Lausanne). Il propose justement une meilleure coordination entre le Canton et les communes. «Aujourd’hui, on a deux corps qui se marchent dessus. On peut y remédier facilement: les APM reprennent les tâches de proximité de la police cantonale, supervisés par des officiers cantonaux. Cela permettra de libérer une cinquantaine de postes pour police secours, qui est en sous-effectif.» Il confie avoir «mille idées»: la mise en place d’une filière de recyclage du plastique, la construction d’une nouvelle patinoire derrière l’actuelle (il manque rarement les matchs de Genève-Servette) ou la création d’un musée de la BD, forcément. Pourra-t-il les mettre en place? C’est une autre histoire.

Créé: 01.02.2020, 09h29

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