Marmites menacées: des privés et Pierre Maudet s'en mêlent

EscaladeLe DIP a offert vendredi un soutien financier aux écoles pour acheter les marmites. En parallèle, le magistrat, des confiseurs et les Vieux Grenadiers ont lancé un plan de sauvetage.

Le DIP assure que aucun élève ne doit être privé de marmite pour des raisons financières.

Le DIP assure que aucun élève ne doit être privé de marmite pour des raisons financières. Image: Olivier Vogelsang

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Vous reprendrez bien une louche de la saga Marmite de l’Escalade? Depuis cette année, le Département de l’instruction publique (DIP) a interdit aux écoles de demander une participation financière aux parents pour payer les marmites en chocolat, en vertu de la gratuité des activités à l’école obligatoire réaffirmée par le Tribunal fédéral fin 2017. Certaines ont donc annoncé que les élèves seraient privés de cette tradition. Depuis, on se mobilise tous azimuts pour sauver la marmite. Après les associations de parents d’élèves, après un chocolatier de la place qui fait une offre au DIP, c’est dans les hautes sphères qu’on se fait chevalier: le conseiller d’Etat en charge de l’Economie, Pierre Maudet, a lancé samedi passé une opération avec l’association des boulangers-confiseurs de Genève (ABCGE).

«Offrir une marmite aux 166 écoles»

Stéphane Oberson, membre du bureau de l’ABCGE, détaille le projet: «Notre idée était d’offrir une marmite de 5 kilos –500 à 700 francs pièce - aux 166 écoles primaires, avec une demi tonne de légumes en massepain. Tout ça à produire en trois jours. Un sacré challenge!» Il passe son weekend au téléphone, interpelle ses confrères «très affairés avec la production de Noël mais prêts à se mobiliser», contacte les Vieux Grenadiers pour livrer les marmites dans les écoles - «une vingtaine ont répondu présents. Il y a eu un bel élan de solidarité!»

L’opération est assortie d’une enveloppe financière «de plusieurs dizaines de milliers de francs que j’aurais pu prélever au titre du soutien aux PME locales, sur le solde budgétaire disponible pour la promotion économique, précise le magistrat. Quand il s'agit de mettre sur pied d'égalité toutes les écoles primaires, pour perpétuer une tradition locale et défendre les commerces genevois, on trouve les moyens!»

La problématique peut paraître anecdotique en regard des multiples dossiers des conseillers d’Etat, et elle dépend du Département de sa consœur, Anne Emery-Torracinta, alors pourquoi Pierre Maudet s’en mêle-t-il? En tant que magistrat chargé de la promotion économique, il explique entretenir des contacts étroits avec les entreprises du canton, dont les PME spécialisées dans la production de chocolats. «Plusieurs m'ont fait part de leur disponibilité pour trouver une solution permettant de garantir une marmite par école, trouvant regrettable de renoncer à cette belle tradition».

Projet refusé car inutile

Mais le projet est tombé à l’eau. Le DIP a annoncé vendredi en fin de journée aux directions que celles qui n’ont pas les fonds nécessaires pour acheter une marmite pourront demander une aide – à ce jour, une seule l’a fait. Pour le Département, le sujet était donc clos, aucun élève ne sera privé de marmite pour des raisons financières. Il a donc décliné les diverses offres. «Cette question très affective a effectivement fait réagir des donateurs privés, vendredi matin, indique Pierre-Antoine Preti. Or, la résolution de la question financière venait d'être réglée par Anne Emery-Torracinta. Cet état de fait a rendu toutes autres formes d'intervention inutiles.» Il indique encore que «des contacts par messagerie entre Pierre Maudet et Anne Emery-Torracinta ont eu lieu pendant le week-end. La conseillère d'Etat, présente à Stockholm pour la remise des prix Nobel, a alors rappelé le règlement positif du problème et la résolution de la situation par le département.»

L'opération risquait aussi de faire doublon. «On a réalisé lundi que bon nombre d’écoles avaient trouvé une marmite», confie Stéphane Oberson. La majorité des établissements ont en effet accepté d’utiliser leur fond de réserve, octroyé annuellement par le DIP en novembre pour financer achats de jeux, sorties, activités en classe. Ce fond se monte à 250 francs par classe du cycle élémentaire et 210 francs par classe du cycle moyen. «Si l'on considère 40 francs par marmite pour un groupe scolaire de 16 classes, les 640 francs nécessaires sont donc largement à disposition de l’établissement», relève Pierre-Antoine Preti, porte-parole du DIP. D’autre part, dans les écoles qui ont refusé d’utiliser cet argent pour du chocolat, communes ou associations de parents ont généralement pris le relais et trouvé des fonds, mais parfois en piochant dans leurs propres réserves.

«De l'inspiration pour l'an prochain»

Le Département indique encore que les consignes de l’arrêt du TF sont actuellement à l’étude et que les pratiques seront clarifiées d’ici à la rentrée prochaine. Stéphane Oberson espère qu’à défaut d’avoir été concrétisé, le projet avorté avec les artisans inspirera le DIP pour l’année prochaine. «C’était un beau projet pour promouvoir le local et l’artisanat, ainsi qu’un moyen d’assurer une équité entre les élèves et de faire vivre une tradition importante pour Genève».

Créé: 10.12.2019, 17h31

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