Mark Muller: «Certaines personnes ont cherché à me nuire»

InterviewLundi après-midi, Mark Muller nous a accueillis dans son bureau de la Vieille-Ville pour s’expliquer sur sa démission du Conseil d’Etat.

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Mark Muller, dans quel état d’esprit êtes-vous?

Je ressens un mélange de frustration et de soulagement après une année difficile. Et aussi une certaine colère liée à l’acharnement que j’ai subi durant tout ce temps. Il faut faire avec, mais il y a des impératifs qui passent avant le reste, comme la protection de mes proches et ma santé personnelle.

Vous évoquez des attaques «depuis une année». L’affaire du MàD n’est donc pas celle qui vous a fait tomber?

Non. Ces attaques ont commencé avec le dossier de la gérance immobilière, qui est anodin sur le fond mais qui a pris des proportions exagérées et personnelles à mon encontre, alors que la situation était vieille de dix ans. Puis j’ai été violemment critiqué pour mon appartement (un 7 pièces à 2000 fr., ndlr). Là encore, il n’y avait pas matière à critiquer. Enfin, il y a eu l’altercation au MàD. Après cela, toutes sortes de rumeur sont sorties. A chaque fois, ces pseudo-affaires ont été violemment relayées par les médias.

Vous vous considérez comme victime d’un complot?

A l’évidence, certaines personnes que je ne connais pas ont intérêt à me voir affaibli. Soit elles veulent ma place, soit elles combattent ma politique, et plus précisément la révision du plan directeur. Il y a peut-être aussi une forme de vengeance. En tant que chef des constructions, je délivre des autorisations, je déclasse des terrains. Je fais donc des mécontents et certains veulent peut-être me le faire payer.

Mais c’est le fait de tous les responsables des constructions. Et ils n’ont pas démissionné pour autant.

Oui, mais j’ai peut-être mené certains projets de manière plus offensive. La révision du plan directeur ou le Ceva (la liaison ferroviaire Cornavin-Annemasse) sont des dossiers très ambitieux.

A vous entendre, on dirait que vous avez fait tout juste.

Je reconnais quelques erreurs. J’ai mal communiqué sur le dossier de la gérance. Sur l’affaire du MàD, j’aurais dû réagir plus rapidement: rencontrer le barman pour m’expliquer et communiquer avant que la presse ne sorte l’affaire.

Et pourquoi ne l’avez-vous pas fait?

J’ai eu honte. Et j’espérais naïvement que cela ne sortirait pas. Ce n’était pas la bonne attitude.

Quel a été l’élément déterminant qui vous a fait démissionner?

Le sentiment que cette affaire du MàD n’allait jamais cesser. Que quelles que soient les réponses que j’apporterais, elles ne satisferaient jamais ceux qui cherchent à me nuire. Il me semble qu’il y aura toujours quelqu’un pour allumer la mèche et je ne veux pas me prêter à ce jeu. J’ai mûri ma décision durant trois semaines et suis arrivé à la conclusion que, dans ces conditions, je n’arriverais plus à faire mon travail avec l’énergie nécessaire.

Le Conseil d’Etat a-t-il alimenté l’affaire du MàD en réclamant le montant de la somme que vous avez versée au barman?

Je ne tiens pas à personnaliser cela. Il y a une volonté de me nuire à différents niveaux de la politique genevoise.

Pensez-vous que le barman s’est fait dépasser par ses avocats pour des raisons politiques?

Oui, c’est mon sentiment. On peut se demander si leur attitude est compatible avec l’activité ordinaire d’un mandataire d’un barman.

Le Conseil d’Etat ou votre parti vous ont-ils poussé à la démission?

Non. Personne ne me l’a demandé. J’en ai discuté avec le président du PLR, qui a été d’un grand soutien. C’est tout.

Vous avez semblé très seul ces derniers mois. Avez-vous le sentiment d’avoir été lâché?

Non. Il y a eu d’ailleurs un mouvement de solidarité. Mais, par nature, on vit ces choses seul. Quand vous voyez dans la rue des affichettes insultantes et votre photo grimaçante en page 3 des journaux, ce sont des choses qu’on ne peut pas partager.

Qu’allez-vous faire?

Je vais prendre un peu de recul et me reposer. Puis je vais réfléchir à la suite de mon existence.

Quelqu’un vous a-t-il déjà proposé un travail?

Non. Je n’ai rien de prévu.

Et la politique, c’est fini?

Il ne faut jamais dire jamais. Mais ce que j’ai vécu m’a vacciné. On verra quelle est la durée de validité du vaccin. (TDG)

Créé: 27.02.2012, 17h12

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