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Pour sauver le climat, une marche torride traverse Genève

Sous un soleil estival d’octobre, des milliers de manifestants ont défilé contre le réchauffement climatique.

Genève, le 13 octobre 2018. Plus de 5000 personnes ont marché ce samedi pour le climat: entre sourires et revendications.  Photo: Laurent Guiraud
Genève, le 13 octobre 2018. Plus de 5000 personnes ont marché ce samedi pour le climat: entre sourires et revendications. Photo: Laurent Guiraud
Genève, le 13 octobre 2018. Plus de 5000 personnes ont marché ce samedi pour le climat: entre sourires et revendications.  Photo: Laurent Guiraud
Genève, le 13 octobre 2018. Plus de 5000 personnes ont marché ce samedi pour le climat: entre sourires et revendications. Photo: Laurent Guiraud
Genève, le 13 octobre 2018. Plus de 5000 personnes ont marché ce samedi pour le climat: entre sourires et revendications. Action symbolique: 'nettoyage du Crédit Suisse'...Photo: Laurent Guiraud
Genève, le 13 octobre 2018. Plus de 5000 personnes ont marché ce samedi pour le climat: entre sourires et revendications. Action symbolique: 'nettoyage du Crédit Suisse'...Photo: Laurent Guiraud
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«On est plus chauds que le climat!» C’est l’un des slogans qui a résonné samedi après-midi lors de la marche pour le climat qui a traversé le centre de Genève. Le paradoxe était sur toutes les lèvres, alors que des participants des deux sexes arboraient le mot anglais heat (chaleur) sur leurs torses généreusement dénudés: la foule, qui a investi les rues en masse pour dire sa crainte du réchauffement global, l’a fait dans des conditions aoûtiennes, insolites pour un 13 octobre — une météo plus que clémente qui a sans doute favorisé l’affluence. «On profite de ce qu’on dénonce», résume Mathias Schlegel, de Greenpeace.

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Lire aussi l'éditorial: Les colibris passent à l’offensive

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Les organisateurs, constitués par une quinzaine d’organisations environnementales et des partis de gauche, revendiquent 7000 participants, dix fois plus que l’an dernier. La police, elle, avance une estimation de 3000 à 3500 personnes, réunies dans un esprit qualifié de «bon enfant». Le tout survenait six jours après la publication d’un rapport alarmiste des experts internationaux du GIEC.

«Je n’ai pas vu ça depuis dix ans, et il y a plein de simples citoyens: le sujet commence vraiment à percer», se réjouit, sous son chapeau de paille, François Lefort, député Vert. Les jeunes sont présents en force. «Les gens sont de plus en plus sensibles et nous le sommes particulièrement en tant qu’étudiants agronomie, témoigne Guillaume, 23 ans. Encore faut-il passer à l’acte...»

De l’action, il y en a eu au cours du défilé. Des mises en scène aussi percutantes qu’inoffensives du point de vue sécuritaire. Ainsi, ce die-in, une hécatombe de corps simulée sur le sol de la rue de la Croix-d’Or pour dénoncer les dégâts prêtés aux investissements de la Banque nationale. Plus loin, la façade du Credit Suisse subit des coups d’éponge, censés laver l’institution financière de ses placements, trop pétroliers aux yeux des manifestants. Aucune casse à signaler.

Virulent contre les multinationales et la finance, le ton des discours n’épargne pas les élus. Une lettre ouverte a été préparée à l’intention du Conseil national, accusé de mollesse dans son examen de la loi sur le CO2. Comment le vit Laurence Fehlmann-Rielle, manifestante et conseillère nationale PS? «Le Parlement est très à droite et les intérêts économiques à court terme prévalent, répond la Genevoise. Il est important que la rue s’exprime!»

Des manifestants mettent en avant la responsabilité de chacun à réduire sa consommation, tandis que des orateurs tablent sur la justice pour forcer les autorités à agir. L’association pour la protection du climat, créée en août en Suisse alémanique, mise, elle, sur la démocratie directe: promise pour ce printemps, une initiative veut graver dans la Constitution l’interdiction de recourir à des combustibles fossiles au plus tard en 2050, avec de possibles exceptions. «La cause s’élargit, estime Myriam Roth, coprésidente venue de Bienne. Mais on nous considère encore comme des utopistes alors que la véritable utopie, c’est croire qu’on peut continuer ainsi dans la croissance exponentielle.»

Le langage est donc militant et sans concession. Le capitalisme est vilipendé. Mais, sous le soleil, l’humour n’est pas banni des pancartes. «Arrête de niquer ta mer», intime un écriteau tandis qu’un autre constate que «les calottes sont cuites».

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