Manifestation pour le climat: Crédit Suisse et UBS peinturlurés

ManifestationUn millier de personnes a manifesté pour le climat, en recouvrant de gouache les murs de banques de la place.

Les manifestants impriment leurs paumes sur les murs du Crédit Suisse à la rue de la Confédération.

Les manifestants impriment leurs paumes sur les murs du Crédit Suisse à la rue de la Confédération. Image: Laurent Guiraud

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Pour la cinquième fois depuis six mois, une marche pour le climat traverse Genève. À 12h15, ils étaient plusieurs centaines réunis à quelques minutes du départ à la place des Vingt-Deux-Cantons. La foule est encore une fois très jeune, composée principalement d'étudiants genevois.

Une fois en marche, les percussions et les clameurs accompagnent le cortège: «Et un, et deux, et trois degrés! C'est un crime contre l'humanité!» Sur les nombreuses pancartes, on peut notamment lire «Seul le rhum doit faire monter la température» ou encore «I scream for my planet» (Je crie pour ma planète). Des manifestants profitent du rassemblement pour distribuer des autocollants annonçant la Grève des femmes qui aura lieu le 14 juin, et des prospectus mêlant les visuels des deux événements et le slogan «convergence des luttes».

Sur le pont du Mont-Blanc, le dessinateur genevois Tom Tirabosco, écologiste convaincu, nous livre sa vision désenchantée de l'avenir: «Il faut encourager cette jeunesse dans la rue, car elle a compris qu'il est déjà trop tard. Nous vivons à crédit. Les extinctions d'espèces chaque année témoignent de la catastrophe. Je n'ai plus d'espoir, j'ai de la colère. Je suis pour bloquer le fonctionnement de ce système qui ne marche plus par des actions non-violentes, à la Gandhi.» Pourtant, bien qu'il s'en défendende, l'illustrateur esquisse tout de même un espoir: «Ce n'est pas la technologie qui nous sauvrera, c'est la décroissance. Et cette dernière passe par le lien entre les gens. L'écologie va de pair avec la solidarité. Et ces manifestations permettent justemment de se mettre ensemble, de se sentir moins seul dans sa tristesse et dans sa colère.»

Photo: Laurent Guiraud

Anne-Cécile, militante anti-nucléaire à la retraite, distribue de grandes pancartes jaunes à la ronde: «J'ai parfois de la peine avec certains jeunes qui considèrent le nucléaire comme une énergie propre et ne se rendent pas compte du danger.» La retraitée écoule avec peine ses pancartes contre les voyages en avion. «Certains jeunes me disent qu'ils ne sont pas prêts à y renoncer», déplore-t-elle.

Beaucoup de très jeunes participent aussi, notamment une bande de filles de 13 ans du cycle de l'Aubépine, deux traits de maquillage vert sur les joues, façon sioux-chic. «On n'a pas envie de vivre dans un monde où la nature n'est plus là et où il y a des zones industrielles partout», soutient Louise, tandis que Suzanne affirme: «Maintenant que Genève a déclaré l'état d'urgence climatique, il faut des mesures concrètes pour que les choses bougent.»

«Vous êtes là pour la manif M'sieur?» demande un jeune garçon aux joues constellées d'acné. «Oui», répond l'aîné interpellé. «Merci, c'est bien, continuez comme ça», estime son cadet, dans un renversement des rôles qui surprend le militant à la retraite.

Circulation perturbée

Sur le pont du Mont-Blanc, le millier de manifestants s'est assis, bloquant ainsi la circulation et des voitures et des piétons. Dans une ambiance bon enfant, les jeunes ont scandé «A ceux qui veulent polluer le monde, le monde répond Résistance!», levant banderoles et panneaux colorés sous le soleil.

A la rue de la Confédération, de la gouache rouge et noire a été versée à terre. Les uns après les autres, les manifestants y ont trempé les mains, avant de coller leurs paumes contre les mur de la banque Crédit Suisse, et ceux d'UBS dans une moindre mesure. La déprédation vise à protester contre les activités jugées incompatibles avec la préservation du climat des deux banques. «Sans plainte, elle ne sera pas poursuivie», indique le porte-parole de la police Sylvain Guillaume-Gentil.

Le cortège a emprunté les artères suivantes: place des Vingt-Deux-Cantons, rue de Chantepoulet, rue du Mont-Blanc, pont du Mont-Blanc, place du Port, rue du Rhône, rue d'Italie, rue de la Croix-d'Or, rue du Marché, rue de la Confédération, rue de la Corraterie puis enfin place Neuve, aux alentours de 15h.

Sur Twitter, les TPG informent que les lignes 2 , 3, 5 , 12, 18, 19, 25, 61 sont particulièrement impactées. La ligne 10 est, elle, interrompue dans les deux sens entre Bel-Air et Rive. Les arrêts Molard, Rive et Métropole ne sont pas desservis.

La police conseille également de planifier les déplacements suffisamment à l'avance. Selon l'organisation, «environ 5000 participants» étaient attendues. Pourtant à 13h30, la police a comptabilisé «entre 900 et 1000 participants». Deux heures plus tard, elle fait état d'«un bon millier» de personnes.

Développement suit

Créé: 24.05.2019, 12h50

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