Manifestation: 13 gardiens de prison sont blanchis

ClassementLes geôliers étaient punis pour avoir manifesté leur soutien à leur ex-patron Constantin Franziskakis.

La manifestation de la discorde qui a eu lieu en février 2017 devant la prison.

La manifestation de la discorde qui a eu lieu en février 2017 devant la prison. Image: Steve Iuncker

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Beaucoup de bruit pour rien, tout ça pour ça, la montagne accouche d’une souris. Tous ces poncifs résument bien l’issue de «l’affaire» des gardiens de prison sanctionnés pour avoir protesté, en février 2017, contre le départ de leur ancien patron Constantin Franziskakis.

En effet, selon nos renseignements, après un an de procédure, le Service des contraventions a classé l’action dirigée contre 13 employés de Champ-Dollon. En été 2017, ces derniers avaient écopé d’une amende de 500 fr. (ndlr: à laquelle s’étaient ajoutés 150 fr. d’émoluments) pour avoir pris part à une manifestation non autorisée.

Après recours de leur avocat, Me Robert Assaël, estimant que ce rassemblement était une simple rencontre spontanée et bon enfant, le Service des contraventions a finalement passé l’éponge, malgré le constat qu’une manifestation non autorisée avait eu lieu ce jour-là. Selon l’ordonnance de classement, «plusieurs gardiens s’étaient rassemblés devant la prison en déployant banderoles et pancartes pour manifester leur soutien à leur directeur». Toutefois, l’enquête n’a pas permis de désigner un organisateur de l’événement. Résultat: l’amende passe par pertes et profit.

Ces bûches, émises au début d’août 2017 par le Service des contraventions, avaient mis le feu aux poudres du côté des gardiens. Dans nos colonnes, leur avocat et leur syndicat estimaient qu’il s’agissait d’une sanction politique de Pierre Maudet, chef du Département de la sécurité.

Constantin Franziskakis était perçu alors comme un rempart face à une direction générale de l’Office cantonal de la détention critiquée pour sa gestion du secteur pénitentiaire. C’est précisément dans ce contexte tendu que les gardiens s’étaient rassemblés devant Champ-Dollon. Des entretiens de service ont rapidement eu lieu, mais les procédures administratives ont finalement été abandonnées.

Aujourd’hui, Me Assaël est satisfait de la tournure des événements: «Sanctionner ces gardiens, qui voulaient simplement dire qu’ils étaient contents de leur directeur et regrettaient son départ, constituait une Genferei de plus.» Pour l’avocat, le Département de la sécurité ne voulait pas prendre le risque que la cause soit évoquée au Tribunal de police, il a préféré prononcer leur acquittement. «L’État n’a-t-il pas autre chose à faire que de vouloir sanctionner des gardiens qui n’avaient rien à se reprocher et qui font très bien leur travail? se demande le pénaliste. Grâce à eux, la prison n’explose pas face à la surpopulation carcérale récurrente et aux conditions de détention contraires à la dignité humaine.»

Du côté de l’État, la porte-parole Nathalie Riem fait savoir que «le Département (ndlr: de la sécurité) a pris acte, dans l’intervalle, de la volonté des gardiens concernés de rentrer dans le rang et de ne pas répéter leur écart. Il a donc joué l’apaisement de son côté aussi.» (TDG)

Créé: 07.12.2018, 07h40

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