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Mal parti, le dossier du tram du Grand-Saconnex irrite les élus

La Commune parle d’un «furieux gâchis» et écrit sa propre missive à Berne.

Le Grand-Saconnex, qui tente depuis des années d’accélérer le lancement du chantier du tram, craint de le voir décalé à 2023.
Le Grand-Saconnex, qui tente depuis des années d’accélérer le lancement du chantier du tram, craint de le voir décalé à 2023.
Georges Cabrera

C’est donc faute d’avoir remis un avant-projet actualisé à Berne que Genève est mal parti pour obtenir un financement fédéral du tram vers le Grand-Saconnex. Le Canton a misé sur une étude de 2006. L’explication lundi par la Tribune de Genève de cette lacune fait réagir des élus, notamment à gauche, mais pas seulement.

Le Grand-Saconnex, qui tente depuis des années d’accélérer le lancement du chantier du tram, craint de le voir décalé à 2023. «Depuis le temps qu’on leur dit qu’il faut s’inquiéter des développements urbains qui ont lieu chez nous sans que le projet de tram avance, j’ai l’impression d’un furieux gâchis, réagit Jean-Marc Comte, magistrat PDC chargé de l’urbanisme et des transports. Nous avons écrit à Doris Leuthard pour lui dire qu’il est essentiel de faire progresser rapidement ce dossier, mais on peut craindre que le mal soit déjà fait. L’État donne l’impression de s’être abrité derrière la loi qui prévoit que ce tram ne peut être bâti qu’une fois la route des Nations mise en service pour délaisser complètement ce chantier, au profit d’autres lignes de tram où l’urbanisation n’est pas encore sortie de terre. Chez nous, le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et la malaria emménage en mars avec mille employés!»

Ex-élue saconnésienne, la conseillère nationale Lisa Mazzone avait reproché l’omission d’un avant-projet au conseiller d’État chargé des Transports Luc Barthassat déjà lors d’un houleux débat radiophonique. «Alors que les projets d’agglomération se savent en compétition entre eux et blindent leurs dossiers, Genève fait preuve de naïveté, de nonchalance irresponsable au vu des enjeux financiers, et cela sera dur à rattraper lors des débats à venir puisque l’avant-projet exigé est loin d’être prêt, fustige la Verte. L’ATE (ndlr: l’Association transports et environnement qu’elle préside à Genève) se sent en outre flouée: nous avons retiré notre recours contre la route des Nations au profit de mesures d’accompagnement souvent liées au tram, lequel risque désormais d’être retardé.»

Cet aspect inquiète aussi Thomas Wenger, membre PS de la Commission parlementaire des transports: «La route des Nations augmentera le trafic motorisé sans qu’une alternative en transport public ne soit encore disponible grâce au tram, ce qui est catastrophique, juge-t-il. Il faut en outre tout faire pour améliorer la desserte de la zone aéroportuaire au vu de la hausse du nombre de passagers.» Commissaire PLR, Michel Ducret, lui, tempère: «Le Grand-Saconnex ne pourrait avoir la clientèle justifiant un tram que si ce dernier desservait Palexpo, ce qui n’est pas le cas avec le tracé envisagé, lequel s’achève dans un parking aéroportuaire désert!»

«Genève a ressorti un vieux dossier du tiroir en pensant que Berne n’y verrait que du feu, ce qui n’est pas très sérieux, car on se doute que bien des choses ont changé en une douzaine d’années, résume pour sa part Bernhard Riedweg, président UDC de la Commission des transports. La Confédération doit avoir l’impression qu’on se moque d’elle, je comprends qu’elle se crispe.»

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