La majorité reste à prendre au Conseil d’État

Elections cantonalesPierre Maudet a été élu au premier tour. Le second s’ouvre. L’Entente et l’Alternative sont à égalité. La majorité reste à prendre.

Place Neuve. Les affiches électorales pour les élections du Grand Conseil et du Conseil d'Etat le 15 avril.

Place Neuve. Les affiches électorales pour les élections du Grand Conseil et du Conseil d'Etat le 15 avril. Image: Laurent Guiraud

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Qui gouvernera Genève ces cinq prochaines années? À la fin de ce premier tour, rien n’est encore joué. Au Conseil d’État, les citoyens ont réélu le magistrat PLR Pierre Maudet dans un fauteuil, placés le MCG Mauro Poggia, le PDC Serge Dal Busco ainsi que le Vert Antonio Hodgers en bonne place pour être réélus au second tour, mais un peloton groupé suit les échappés. Un millier de voix à peine séparent la socialiste Anne Emery-Torracinta de ses poursuivants: Thierry Apothéloz (PS), Nathalie Fontanet (PLR) ou même Sandrine Salerno (PS). Arrivé en neuvième position, le magistrat sortant Luc Barthassat (PDC) est décroché.

Luc Barthassat sanctionné

Finalement, qui passera l’épaule le 6 mai prochain? Tout dépendra du nombre de candidats présenté par chacune des alliances et de la solidité de leurs composantes. Le premier point sera tranché par les partis d’ici mardi midi, date de l’annonce des listes. Le second se vérifiera durant les trois semaines de la campagne éclair qui nous attend. Les résultats du premier tour ressemblent aux prévisions des sondages parus dans la presse depuis février. Pierre Maudet, Mauro Poggia et Serge Dal Busco font la course en tête. Mais à la différence des indications des sondages parus avant l’explosion des polémiques touchant le Département de l’instruction publique, Anne Emery-Torracinta est désormais largement précédée par Antonio Hodgers, qui double son score par rapport au premier tour de 2013 et qui s’affirme comme la locomotive électorale de la gauche. La magistrate PS limite néanmoins les dégâts, alors que certains lui prédisaient un destin catastrophique, mais elle accuse le coup: sur la liste PS du Grand Conseil, elle est plus biffée que ses concurrents. Arrivée huitième, derrière Thierry Apothéloz et Nathalie Fontanet, Sandrine Salerno suit 2000 voix plus loin. Elle devance le magistrat PDC Luc Barthassat de presque 2000 voix encore. Le responsable des transports est sanctionné et se retrouve neuvième. Alors qu’en tant que sortant, il aurait dû améliorer son résultat par rapport à 2013, il perd au contraire 7000 suffrages et voit sa réélection menacée (lire ci-dessous).

Intox et nuages de fumée

Résumons. La gauche a fait un bon score au Grand Conseil et au Conseil d’État, mais la droite classique a aussi amélioré ses positions au Parlement, sans perdre tout espoir de conserver ses quatre élus au gouvernement… Sans vainqueurs, ni vaincus clairs, les plans les plus divers sont à l’ordre du jour. Au PDC, on milite pour une liste à quatre avec deux candidats de chaque «famille»: «Le PLR a intérêt à suivre, avertit Bertrand Buchs (PDC). Il a plus à perdre que nous. Ensemble, nous avons toutes nos chances.» Mais au PLR les échos recueillis sont plus nuancés… Pour un conseiller national Benoît Genecand, qui s’affirme sans ambage pour «l’unité à quatre plus Maudet», on en entend d’autres qui refusent de s’engager ou sinuent: «Un candidat PDC en moins, ou deux candidats PDC, dont un autre que Luc Barthassat, pourquoi pas si c’est un poids lourd?» souffle… un poids lourd du PLR justement.

À gauche, c’est aussi la bouteille à l’encre. Tout semble revenir sur le tapis: du repêchage in extremis de Sandrine Salerno, en passant par le scénario qui semble avoir les faveurs de la cote: une liste à cinq avec deux socialistes, deux Verts et un représentant d’Ensemble à gauche. L’argument? En 2013, en s’unissant au deuxième tour seulement, les candidats PS et Verts, sans l’appoint explicite d’EAG, avaient progressé de 20 000 voix environ contre environ 10 000 pour les représentants de l’Entente. Unie dès le premier tour, celle-ci dispose d’une moins grande réserve de voix. Cette fois, si la gauche s’unit, elle pourrait arracher la majorité au gouvernement, espère-t-elle. Une victoire inespérée. Une première depuis 2009.

Parmi les autres candidats du Conseil d’État, on notera le score d’Yves Nidegger (UDC) lâché, mais pas ridiculisé, recueille 18 500 suffrages. Il précède les autres candidats Verts en lice et Jocelyne Haller (EAG). Éric Stauffer de Genève en Marche est loin derrière. (TDG)

Créé: 15.04.2018, 21h00

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