Majorité pas évidente pour les salaires à l’Etat

RéformeLes partis accueillent la refonte des fonctions et des salaires à l’Etat avec scepticisme.

Image: LAURENT GUIRAUD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Tard, voir trop tard, c’est la réaction des partis accueillant le dépôt de la réforme des salaires à l’Etat dévoilée mercredi. Il s’agit de réformer un système bâti en 1974. Pour 57% des fonctionnaires, l’affaire débouche sur une hausse des rémunérations, mais 35% verraient les leurs bloquées si elles se trouvent au dessus des nouveaux paliers. Bien que l’enjeu soit jugé stratégique, la somme des critiques laisse augurer un avenir difficile. Le refus d’Ensemble à gauche est net: «Il faut refuser ce projet car c’est un chèque en blanc au Conseil d’Etat pour fixer le salaire des fonctionnaires sans passer par le parlement, explique Jean Batou. Il est donc inacceptable.» C’est dit. Roger Deneys (PS) n’est pas aussi hostile. Il regrette toutefois l’agenda de l’opération. «Une réforme de cette ampleur mérite que les députés y consacrent du temps. Elle aurait dû être déposée plus tôt.» Autre critique, «ce projet ne semble guère avoir changé en sept ans et ignore la question de la réforme des annuités, un autre élément du salaire des fonctionnaires, qui aurait pu en faire partie.» Emilie Flamand-Lew (Verts) dénonce «l’enlisement du Conseil d’Etat. Son projet sent le nettoyage de fin de législature. Il aurait dû être négocié avec la Fonction publique et déposé plus tôt. Le parlement devra faire des choix entre les différents dossiers chauds qui s’accumulent.» Au Mouvement citoyens genevois (MCG), l’ambiance est hostile: «Ce projet coûte cher, entre 40 et 60 millions, déplore François Baertschi, alors que certaines professions sont perdantes». Lui aussi se dit «atterré par le concept fumeux qui entoure la fixation des salaires par un logiciel secret d’une entreprise consultante». Il pronostique un échec de cette «réforme pyromane». Le PDC en revanche est favorable: «Il est grand temps, explique Betrand Buchs, de mettre à niveau et de simplifier une grille des fonctions et des critères d’évolution qui datent des années 70. Son coût se pose, mais ce projet doit être étudié, même s’il est probable qu’il ne sera pas voté durant cette législature.» A la différence des autres élus, le député PDC juge favorablement le déplacement de la grille salariale de la loi dans un règlement: «Ce n’est pas au parlement d’arbitrer les salaires», dit-il. Patrick Lussi (UDC) se dit favorable à l’étude d’un projet «attendu depuis longtemps». Il regrette que certaines professions soient pénalisées, «comme la police, alors qu’elle souffre des conséquences de sa réorganisation».

Alexandre de Senarclens, député PLR, indique que son parti étudiera le projet, dont il salue le dépôt. Interrogé sur Léman Bleu, il ajoute: «Il est temps d’évoluer et de moderniser la Fonction publique». Le président du PLR un «bémol»: «Le coût de l’opération est excessif. Il devrait être réduit.»

(TDG)

Créé: 12.10.2017, 16h30

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Harcèlement: la parole des femmes se libère
Plus...