Des magasins ouverts jusqu’à 20 h?

PolitiqueL’UDC propose de prolonger l’ouverture des commerces du lundi au samedi et davantage encore à Noël.

Image: Georges Cabrera

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«De la daube électorale», comme l’estime aimablement une huile du Département de l’économie, ou une solution à une question lancinante, comme le pense le président du Trade Club, Pascal Vanderberghe? Un projet de loi UDC modifiant la Loi sur les heures d’ouverture des magasins suscite des analyses contrastées.

Déposé par le député Stéphane Florey, chef du groupe UDC, ce texte propose de remplacer les nombreux horaires de fermeture existants par une heure unique: 20 h, du lundi au samedi. En échange, l’actuelle «nocturne» du jeudi serait abandonnée. Durant les Fêtes, soit du 10 décembre au 3 janvier, on pousserait un soir jusqu’à 21h30 avec service possible jusqu'à 22 heures pour les clients entrés avant.

Une politique plus favorable

«La demande vient des commerçants, explique Stéphane Florey. Selon les derniers chiffres, les consommateurs suisses ont dépensé 10 milliards de francs à l’étranger en 2016 et l’affaiblissement du franc ne semble pas faire reculer de manière significative ces habitudes. Genève ne peut pas influencer le cours des monnaies ni empêcher les ouvertures de complexes commerciaux en France voisine, mais elle peut mener une politique plus favorable au commerce, notamment en unifiant les horaires. Aujourd’hui, sur six jours ouverts, il y en a quatre et ils sont peu attrayants.»

C’est exactement l’avis de Pascal Vanderberghe. Le patron du lobby du commerce, directeur de Payot, trouve le système actuel «difficilement compréhensible pour le consommateur». Il relève aussi l’évolution du travail: «La société a changé: aujourd’hui, les employés, qui sont de plus en plus actifs dans le secteur tertiaire, partent de plus en plus tard du bureau, mais tout est fermé. Il faut donner aux commerces la possibilité d’ouvrir jusqu’à 20 h, possibilité que tous n’utiliseront pas. En parallèle, nous sommes prêts à faire une croix sur les nocturnes.»

Le PS et le MCG très tièdes

L’appel de l’UDC et des milieux du commerce sera-t-il entendu? Pas sûr, si la majorité du parlement partage les analyses de Roger Deneys et de François Baertschi, députés PS et MCG, membres de la Commission de l’économie, comme Stéphane Florey. Pour le premier, «les horaires sont une partie du problème, mais leur extension ne donnera pas un sou de plus aux consommateurs. S’ils vont en France, c’est pour des raisons économiques.» Pour le second, «tout se discute, si la protection des travailleurs est garantie et des compensations adéquates prévues pour les employés».

Et c’est sur ce point que tout risque d’achopper. Dans les syndicats Unia et SIT, la méfiance règne: «La convention collective du secteur a été dénoncée. Il y a un vide conventionnel et les négociations avec les patrons sont bloquées. Dans ces conditions, lancer un projet de loi sur les horaires sans contreparties est irresponsable. Le peuple a toujours refusé les projets d’ouverture déséquilibrés», lance Pablo Guscetti, secrétaire syndical à Unia.

Jesús Gomez, du SIT, rappelle que «les syndicats ne nient pas les problèmes du secteur», mais que les éléments avancés comme le franc fort et les horaires n’expliquent pas tout. Quoi qu’il en soit, ce projet de loi n’est pas acceptable, car il n’évoque aucune compensation pour les employés travaillant plus tard. «Tout changement doit passer par l’élaboration d’une nouvelle convention signée par des partenaires représentatifs.»

Ces derniers mots ne sont pas choisis au hasard. Actuellement, une nouvelle convention est en cours d’élaboration dans le secteur du commerce. En septembre, les associations patronales ont signé un texte avec la Société des employés de commerce (SEC), mais sans les poids lourds syndicaux d’Unia et du SIT. En réaction, la SEC a été exclue de la faîtière des syndicats à Genève. Une demande d’extension de la convention a été déposée par les patrons. Elle est toujours en cours d’examen par les instances compétentes. La décision pourrait tomber dans le courant du mois de mars. (TDG)

Créé: 25.01.2018, 19h12

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