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La lutte contre les serpents dangereux s’intensifie

Des chercheurs, notamment des HUG et de l’UNIGE, ont cartographié les zones où les populations sont les plus vulnérables.

Les cobras (ici un spécimen à lunettes) et les mambas font partie des espèces les plus connues au monde de serpents venimeux et particulièrement dangereux.
Les cobras (ici un spécimen à lunettes) et les mambas font partie des espèces les plus connues au monde de serpents venimeux et particulièrement dangereux.
DARRIN VANSELOW

On ne le sait pas forcément, mais les décès dus aux morsures de serpent sont, à l’échelle planétaire, un vrai fléau. Ces reptiles tuent 125 000 personnes au moins chaque année, selon les registres des hôpitaux. Davantage, par exemple, que le virus Ebola! Et 400 000 autres victimes gardent de graves séquelles. Mais cela pourrait changer. Grâce, notamment, à des chercheurs genevois qui ont participé à un projet mené par les Universités d’Oxford et de Washington (Seattle).

L’objectif était de cartographier les zones où les personnes sont les plus vulnérables. Soit celles où, d’une part, on trouve une ou plusieurs des 278 espèces de serpents dangereuses recensées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’autre part où les traitements sont les plus difficiles d’accès. Car le venin des reptiles agit rapidement, ne laissant parfois que de 1 à 48 heures pour administrer un remède.

La rapidité des secours

On l’imagine, l’Europe ne fait pas partie des zones à risque. Tout comme les États-Unis, malgré la présence du redoutable crotale. «On dénombre moins de 100 décès par an dus aux morsures de serpent en Europe et en Amérique du Nord. Et un par an en moyenne en Australie, alors qu’on y trouve les serpents les plus dangereux au monde», souligne le Dr Gabriel Alcoba, chef de clinique au Service de médecine tropicale et humanitaire des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Pourquoi? «Dans ces pays, les secours peuvent intervenir très vite. Et en Australie, les serpents dangereux vivent dans des zones très désertiques.»

Trois cartes combinées

Les zones à forte vulnérabilité se concentrent donc en Afrique centrale et en Asie, même si de terribles reptiles rôdent aussi en Amérique du Sud, par exemple. Ces conclusions proviennent des cartes établies par les chercheurs. «Nous avons pu construire trois cartes nous permettant de relever les points chauds», indique Nicolas Ray, chercheur à l’Institut des sciences de l’environnement et à l’Institut de santé globale de l’Université de Genève (UNIGE).

La première reprend la diversité des espèces dangereuses; la seconde relève le temps nécessaire pour se rendre à la ville la plus proche; la dernière – la plus importante – délimite les zones de vulnérabilité, «celles où la population est en présence de serpents venimeux, loin des villes et avec une qualité de soins faible», détaille-t-il.

Danger lié aux modes de vie

Cette vulnérabilité est aussi liée aux modes de vie des populations de ces zones le plus souvent rurales. «Par exemple, marcher pieds nus ou dormir à même le sol y est fréquent», souligne le Dr Gabriel Alcoba. Les amateurs de treks dans la brousse ou la savane sont avertis.

Mais pourquoi ne pas se munir d’antivenins? «D’abord, il n’en existe pas un polyvalent; ensuite, ils sont très délicats à administrer», poursuit le spécialiste des HUG. Quant à en avoir un dans son sac à dos, c’est presque inutile, ces antivenins devant être conservés à basse température.

Cibler les zones sensibles

Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue «The Lancet», s’inscrivent dans la nouvelle politique de l’OMS, qui vient de placer les envenimations par morsure de serpent sur la liste des maladies tropicales négligées. Les cartes des chercheurs permettront de mieux cibler les lieux où l’on doit mettre à disposition des traitements rapidement.

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