Luc Barthassat lance l’idée d’un péage à la frontière

MobilitéSelon le conseiller d’Etat chargé des Transports, les recettes pourraient financer des infrastructures

Luc Barthassat, conseiller d'Etat chargé du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture.

Luc Barthassat, conseiller d'Etat chargé du département de l'environnement, des transports et de l'agriculture. Image: LUCIEN FORTUNATI

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C’est devant un parterre d’élus de France voisine que le conseiller d’Etat en charge des Transports, Luc Barthassat, a lancé lundi l’idée d’un «péage urbain aux frontières cantonales». Le ministre PDC affirme que «cela lui paraît plus logique que de limiter le périmètre à l’hypercentre».

Les recettes ainsi générées pourraient, toujours selon lui, alimenter un fonds permettant de financer les infrastructures de transport du Grand Genève. Il ajoute en avoir parlé à la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Invité au conseil communautaire de la Communauté de communes du Genevois (CCG), Luc Barthassat n’a pas manqué de souligner les difficultés financières de l’Etat de Genève, expliquant en substance que des choix s’imposaient.

Il a, par exemple, évoqué un report vraisemblable pour la mise en service du tram de Saint-Julien, initialement prévu en 2021. Se voulant réaliste et pragmatique, le conseiller d’Etat a toutefois suscité la surprise, voire le trouble, chez les partenaires français. A l’image de sa proposition de péage à l’entrée du canton.

Cinquante millions par an

Si les modalités pratiques ne sont pas définies, aux yeux du ministre, ce droit d’entrée pourrait s’appliquer à tous: pendulaires français, vaudois ou encore aux Genevois, à leur retour dans le canton. Il en chiffre d’ores et déjà le produit. «Sachant que 250?000 véhicules pénètrent chaque jour sur le territoire genevois, si l’on met en place un péage à un franc, à raison de 200?jours ouvrables par an, on atteint 50 millions de francs de recettes annuelles pour le fonds.»

Une estimation que Luc Barthassat a déjà évoquée devant la Commission des transports du Grand Conseil au printemps. Cette dernière examinait alors un projet de loi déposé par le socialiste Thomas Wenger visant à financer une étude pour un péage urbain (lire ci-contre). «Le conseiller d’Etat a présenté à la commission l’idée d’un péage urbain aux frontières, confirme le député PS. Mon projet de loi ne définit pas de périmètre, laissant aux mandataires la possibilité d’étudier toutes les options.» Soit: celle de l’hypercentre (ville de Genève et Vieux-Carouge), la zone urbaine de Genève mais aussi désormais la frontière cantonale.

Selon Lisa Mazzone, présidente des Verts et membre de la commission, cette dernière option est «un signal négatif pour la construction de l’agglomération. De plus, un péage urbain a pour objectif d’inciter les usagers à utiliser d’autres alternatives de transports; or, à nombre d’endroits à la frontière, il n’y a pas encore d’alternative à la voiture. Un péage à la frontière ne résout pas le problème du trafic pendulaire.»

«Péage punitif»

Un avis que partage Gabriel Doublet, président par intérim d’Annemasse Agglo: «C’est mettre la charrue avant les bœufs. Avant de verrouiller le canton, il faut créer les infrastructures de transport! De plus, une telle mesure fait montre d’un certain mépris pour les frontaliers qui quotidiennement créent de la richesse dans le canton.»

Ce serait de fait eux le plus touchés par ce péage journalier, «alors même qu’une grande partie de l’impôt à la source qu’ils paient reste dans les caisses du Canton, souligne Antoine Vielliard, maire de Saint-Julien. Qu’advient-il de ces 600 millions? Ne sont-ils pas les dizaines de millions nécessaires au financement des infrastructures?»

Des questions que pose aussi Pierre-Jean Crastes. S’il comprend la recherche de financements, le président de la CCG tranche: «Ce péage punitif n’est pas du tout dans l’esprit du Grand Genève.» Pour Antoine Vielliard, «ce serait le parachèvement des idées du Mouvement citoyens genevois».

Il ne croit pas si bien dire, puisque, comme le rappelle Pascal Spuhler, président de la Commission des transports, «le MCG avait proposé un péage à la frontière il y a déjà plusieurs années. Dans notre idée, les habitants de la zone payante seraient exonérés, seuls paieraient les pendulaires.»

Selon Luc Barthassat, les recettes générées par un «péage urbain aux frontières cantonales» pourraient alimenter un fonds permettant de financer les infrastructures de transport du Grand Genève. (TDG)

Créé: 01.07.2015, 07h24

Dossiers

Un crédit de 250 000 francs

Les choses bougent en ce moment même à Genève sur la question du péage urbain. La Commission des transports du Grand Conseil vient de voter à la majorité une enveloppe de 250?000?francs pour financer une étude. Un vote qui fait suite à l’examen du projet de loi du socialiste Thomas Wenger. Le projet de loi ne définit pas de périmètre précis. «A ce stade, aucune piste n’est écartée», confirme Thomas Wenger. Ce crédit devrait être confirmé en plénière en automne. Et l’étude pourrait débuter en 2016. «L’Etat de Genève a confirmé son intérêt», précise le président de la commission, Pascal Spuhler. Et la Ville vient de confirmer par courrier sa participation financière à l’étude.

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