Luc Barthassat: «Je n'ai aucun esprit de revanche»

InterviewL'ancien conseiller d'État PDC se lance dans la course à l’Exécutif de la Ville de Genève avec le MCG.

L’ancien conseiller d’État Luc Barthassat vise la Mairie de la ville de Genève.

L’ancien conseiller d’État Luc Barthassat vise la Mairie de la ville de Genève. Image: Laurent Guiraud

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Le revoilà. En début de semaine, le MCG a validé son ticket pour l’élection au Conseil administratif de la Ville. Luc Barthassat y figure au côté du conseiller municipal Daniel Sormanni. Un mois après avoir quitté le PDC, «blessé», l’ancien conseiller d’État explique avoir été contacté par tous les partis de droite, excepté le PLR. Habitant de la ville depuis 2014, il se défend d’être «un parachuté».

Luc Barthassat, les Genevois ne vous ont pas réélu en 2018. Pensez-vous avoir une chance en Ville, où vos résultats n’étaient pas bons?
Je n’avais pas prévu de faire mon retour en politique. Je n’ai sollicité aucun parti. Mais tous ceux de droite, hormis le PLR, m’ont contacté d’une manière ou d’une autre. Finalement, Mauro Poggia, avec qui j’entretiens des liens forts, m’a dit que le MCG cherchait des candidats pour le Conseil administratif. Mais il ne faut pas se leurrer, cela va être un challenge. Certains disent que c’est un retour par la petite porte. Pour moi, ça n’a pas d’importance. Je n’ai pas cette fierté.

Avez-vous une vraie affinité avec le MCG ou saisisez-vous une opportunité?
Mauro Poggia m’a expliqué que son parti souhaitait prendre de la hauteur, se responsabiliser, évoluer vers une image moins focalisée sur les frontaliers. Je veux aider à instaurer un nouvel élan. C’est un parti vivant où les gens se parlent en face, où l’on n’hésite pas à taper du poing sur la table.

N’est-ce plus le cas au PDC?
Ce parti m’a énormément donné mais l’ambiance s’est dégradée ces dernières années. Je n’étais pas d’accord avec la stratégie imposée par la nouvelle présidence. Comme le PLR il y a dix ans, c’est devenu un parti gouverné par trois ou quatre personnes. C’est visiblement ce qui se passe aussi au PS. Au PDC, on parle souvent d’esprit de famille. Ici, la famille est décomposée. Comme moi, certains se sont sentis mis de côté au profit d’un soi-disant renouveau, alors qu’ils voulaient juste aider. Cela nous a blessés. Je voulais juste un peu de respect. J’ai choisi le MCG parce que c’est l’un des seuls partis qui n’a pas trempé dans un scandale financier.

Vous n’êtes pas exempt de tout reproche. Magistrat, vous avez été épinglé pour avoir utilisé votre carte de crédit professionnelle pour des achats personnels…
Cela n’est arrivé qu’à quatre reprises, lorsque je n’avais pas d’autre choix que d’utiliser la carte de crédit de l’État. À chaque fois, j’ai tout remboursé dans les jours qui suivaient. On a essayé de me mettre sur le dos l’achat de pots d’échappement pour ma Harley, mais cette facture n’a jamais existé!

Vous, l’homme de la campagne, êtes-vous vraiment légitime pour briguer un poste en Ville?
Contrairement à d’autres, je ne suis pas un parachuté. Je vis en ville depuis 2014. J’y ai retrouvé l’ambiance de proximité qui se perd dans les villages. Là-bas, les maisons de ferme ont été rachetées par des personnes fortunées qui se cachent derrière leurs murs. Dans les quartiers, tout le monde se connaît. Et puis on peut tout faire à pied. On m’a collé cette image du paysan qui vient en ville avec sa Harley. Mais cela fait sept ans que je ne touche presque plus à ma voiture en ville.

Que proposez-vous pour améliorer la qualité de vie?
Il faut continuer à verdir la ville, même au milieu ou au bord de certaines rues! Je pense qu’il faut encore renforcer le projet Urbanature initié par Guillaume Barazzone. Tout en tenant compte de la loi sur la biodiversité et le concept Nature en ville, que j’ai mis en place pendant ma législature. Les voitures peuvent être garées en sous-sol. C’est pourquoi je suis en faveur du projet Clé-de-Rive. Mais pour éloigner le trafic de transit du centre, il nous faudra aussi une traversée du lac.

Êtes-vous animé par un sentiment de revanche?
Je n’ai aucun esprit de revanche. Il se trouve qu’on avait besoin de moi et qu’on m’a proposé de participer à cette campagne. Je n’ai jamais fait de plan de carrière, mais la politique a toujours fait partie de ma vie. Il suffit de quelques discussions pour retrouver l'adrénaline.

Créé: 13.12.2019, 07h03

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