Barthassat: «Notre confiance à l’égard des CFF est mise à mal»

Budget du CEVALe conseiller d'Etat chargé des Transports réagit alors que les finances du projet ferroviaire sortent du cadre initial.

Luc Barthassat, conseiller d’Etat chargé des Transports: «Nous nous réservons le droit de ne pas payer pour ces fautes.»

Luc Barthassat, conseiller d’Etat chargé des Transports: «Nous nous réservons le droit de ne pas payer pour ces fautes.» Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Pour la première fois, les finances du CEVA excèdent le cadre budgétaire fixé initialement. Le dépassement, évalué à 8 millions en francs constants, reste minime face à l’énormité du projet ferroviaire. Mais sa chute dans le rouge semble brutale en comparaison avec les dernières estimations parues. Le ministre genevois des Transports, Luc Barthassat, dit son insatisfaction.

Ce dépassement de 8 millions vous inquiète-t-il?

Mon département est très inquiet et il en va de même pour l’Office fédéral des transports (OFT, qui finance le CEVA à 56%). En janvier, on nous rassurait encore avec des chiffres équivalant à une réserve de près de 40 millions de francs et aujourd’hui on nous présente un dépassement de 8 millions, les CFF nous ayant expliqué que cela est dû à une erreur de leur part, liée à un mauvais calcul des effets du renchérissement. J’ai exigé qu’ils viennent faire toute la lumière sur leur erreur devant la Commission des travaux du Grand Conseil.

Cette illusoire réserve a-t-elle influencé vos décisions?

Le comité de pilotage a pris des options sur la base d’informations financières dont on découvre aujourd’hui qu’elles étaient erronées. C’est en croyant qu’on respectait le budget et qu’on avait de la marge qu’on a autorisé la direction du projet CEVA à contractualiser les surcoûts dus à l’architecture des gares ou au changement de méthode dans la creuse du tunnel de Champel, pour garantir la mise en service dans les temps. On peut donc craindre que le dépassement s’aggrave. D’où la pression que nous maintenons sur les CFF. Nous voulons maintenant qu’on nous présente dans les plus brefs délais les coûts finaux de ce chantier, incluant le renchérissement et les nouveaux appels d’offres. Nous ne voulons pas patienter jusqu’à la moitié de la creuse du tunnel de Champel, cet été. Nous avons rédigé des courriers en ce sens, évoquant une faute grave, à Doris Leuthard et aux CFF.

Où en est votre rapport de confiance avec les CFF?

Il n’est pas rompu, mais il est entamé, largement mis à mal. Dans notre courrier aux CFF, nous nous réservons le droit de ne pas payer pour ces fautes. Et nous avons demandé l’étude de nouvelles mesures d’économie, y compris sur les briques de verre de l’architecte Nouvel, pour atténuer autant que possible ces dépassements. Nous attendons de nos partenaires qu’ils prennent la mesure de leur erreur et qu’ils en assument les conséquences.

Genève, aussi maître d’ouvrage du CEVA, a une responsabilité!

Le suivi financier incombe à la direction du projet CEVA et ce sont les CFF qui sont responsables en premier lieu des chiffres. La Confédération et le Canton sont maîtres d’ouvrage, mais ce sont les CFF qui jouent le rôle de maître d’œuvre, d’entreprise générale. L’Etat de Genève a renforcé sa vigilance et a mis une forte pression alors qu’on nous demandait d’attendre. C’est ainsi que sont sortis ce dépassement de 8 millions et un risque de surcoût évalué à 188 millions. Ce qui est désastreux, c’est que les membres du comité de pilotage croyaient, il y a trois mois encore, avoir une réserve de 40 millions nous donnant de la souplesse pour absorber les aléas du chantier.

Au début de février, j’ai nommé le nouvel ingénieur cantonal, Cédric Joseph. Je lui ai demandé de faire un point de la situation public en avril, afin que les députés et la population puissent suivre l’évolution de leur chantier en toute transparence, comme je m’y suis engagé depuis le début. (TDG)

Créé: 08.03.2016, 19h31

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Erreur admise, surcoûts à venir

«Un léger dépassement prévisionnel de 8 millions par rapport au budget initial de 1567 millions» de francs, voté en 2008. C’est en ces termes que la direction du CEVA a révélé hier le basculement dans le rouge des finances du projet. C’est un fort contraste par rapport au bulletin d’octobre qui tablait sur un coût final de 1528 millions, hors inflation, soit une marge de 39 millions par rapport au budget initial. «Dans le dernier bulletin, il y a eu une erreur dans l’intégration du renchérissement, explique Caroline Monod, porte-parole du CEVA. Nous avons le mandat de rechercher des pistes d’économies pour rester au plus près du budget initial.» Selon elle, les chiffres livrés hier, reflétant la situation de la fin de 2015, n’intègrent pas encore les 15 millions de surcoûts, liés aux briques de verre des gares et révélés par la Tribune de Genève le 2 mars.

Le chantier est financé à 56% par Berne et à 44% par le Canton de Genève. L’agencement des gares doit débuter le mois prochain et le pont sur l’Arve sera installé ce printemps. La creuse du tunnel de Champel approche les 50%. Percé depuis octobre, celui du tunnel de Pinchat doit encore être excavé dans sa partie basse.

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