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La loi du moindre effort est inscrite en nous

Une étude genevoise démontre que le cerveau tend naturellement au farniente pour nous économiser.

Boris Cheval, postdoctorant à la Faculté de médecine de l’UNIGE et aux HUG.
Boris Cheval, postdoctorant à la Faculté de médecine de l’UNIGE et aux HUG.
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Il y a comme cela des résultats qui ont quelque chose de rassurant. Ainsi, si, après avoir longtemps hésité, vous renoncez à vous extraire de votre canapé pour partir courir dans les bois comme vous vous le proposez depuis longtemps, ce n’est pas tout à fait de votre faute. Vous êtes la victime de votre cerveau qui a été conditionné il y a fort longtemps pour privilégier le moindre effort.

Telle est l’une des conclusions d’une étude menée par des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). En analysant l’activité neuronale de personnes devant choisir entre l’activité physique et la sédentarité, ils se sont aperçus que le cerveau sollicite des ressources beaucoup plus importantes pour contrer l’attirance générale vers la minimisation de l’effort.

Une question de survie

«La minimisation de l’effort était capitale pour l’espèce humaine au cours de l’évolution, explique Boris Cheval, postdoctorant à la Faculté de médecine de l’UNIGE et aux HUG, qui a dirigé l’étude. Cette tendance à l’économie et à la préservation des ressources augmentait les chances de survie et de reproduction. Mais aujourd’hui, nos sociétés modernes rendent cette optimisation énergétique caduque. Il faudrait au contraire encourager l’activité physique au lieu d’offrir des tentations à en faire moins, comme les escalators ou les ascenseurs.»

L’étude a été menée pour tenter de comprendre pourquoi si peu de personnes s’adonnent à une activité physique régulière alors que la majorité des gens en réalité le souhaite. On estime en effet que 30% des adultes et 80% des adolescents n’atteignent pas le niveau minimum d’activité physique recommandé par l’Organisation mondiale de la santé pour demeurer en forme.

Il faut lutter pour se bouger

En collaboration avec des confrères belges et canadiens, l’équipe de Boris Cheval a étudié l’activité neuronale de 29 personnes. Les participants devaient choisir entre activité physique et sédentarité, ce qui a permis aux chercheurs de sonder leur activité cérébrale.

Paradoxalement, les participants ont été plus rapides à réagir lorsqu’il s’agissait de fuir la sédentarité que l’activité physique. Cela proviendrait de leur capacité à puiser dans leurs ressources pour échapper à leur penchant naturel et avoir ainsi un comportement plus en adéquation avec ce que leur dicte leur raison.

«Par contre, nous avons observé que l’activité électrique associée à deux zones cérébrales en particulier, le cortex fronto-médial et le cortex front-central, était beaucoup plus élevée que lorsque le participant devait choisir la sédentarité», ajoute Boris Cheval. Autrement dit, le cerveau doit solliciter beaucoup plus de ressources pour s’éloigner des comportements sédentaires et éviter ainsi de suivre son penchant pour la minimisation de l’effort.

Les résultats de cette étude sont à découvrir dans la revue «Neuropsychologia». Boris Cheval entend maintenant poursuivre ses recherches en examinant si le fait de choisir l’option du moindre effort active les circuits cérébraux de la récompense.

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