Logement, mobilité, santé en tête des préoccupations

SondageÀ presque un mois des élections, les lecteurs de la «Tribune de Genève» évaluent les problèmes prioritaires du Canton. Ils livrent aussi leurs appréciations sur les candidats sortants.

Comme en 2013, le logement arrive en tête 
des préoccupations. Un sujet signalé à l’époque comme problématique par 78% des sondés. Aujourd’hui, le chiffre est passé à 62%.

Comme en 2013, le logement arrive en tête des préoccupations. Un sujet signalé à l’époque comme problématique par 78% des sondés. Aujourd’hui, le chiffre est passé à 62%. Image: Laurent Guiraud

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Logement, mobilité, santé, tel est le trio de tête des inquiétudes des Genevois en 2018. La Tribune de Genève a mené fin février un sondage auprès du cercle de ses lecteurs (lire ci-dessous), comme elle en mène régulièrement avant les votations et les scrutins les plus importants.

Lire aussi l'éditorial: La santé au cœur des inquiétudes

Ses résultats sont intéressants: le thème de la sécurité, par exemple, un des sujets phares il y a quatre ans et demi, est désormais relégué à la cinquième place, loin derrière l’emploi et la santé. En 2012, une campagne sur la sécurité avait permis à Pierre Maudet d’être élu, alors que son parti venait de subir l’éviction de Mark Muller. À peine au pouvoir, le nouveau magistrat poussait d’ailleurs l’ancienne conseillère d’État en charge de la police, Isabel Rochat, à changer de département.

Valeur sûre, comme en 2013, le logement arrive en tête des préoccupations. Mais l’intensité du problème a évolué. À l’époque, ce sujet était signalé comme problématique par 78% des sondés, le chiffre est passé à 62% aujourd’hui. Comment l’expliquer? Il faut dire qu’entre-temps la production de logements a atteint des records, faisant diminuer légèrement la pénurie, comme le démontre la montée du taux de vacance. Une solution pour améliorer la situation? Selon 49% des lecteurs, il faut continuer à construire. Un résultat en ligne avec nos différents sondages sur ce sujet ces dernières années, mais qui contraste avec la réapparition de la contestation publique du développement dans de récentes manifestations.

Arrivée en deuxième position, la mobilité reste la question brûlante que l’on connaît. À la différence du logement, son intensité a à peine baissé depuis 2013, malgré les efforts du responsable du domaine, Luc Barthassat. Contrastant avec le sort de certains de ses collègues, la popularité du magistrat PDC fait un plongeon (voir ci-contre) par rapport à son classement électoral de 2013. Luc Barthassat ne peut en outre pas compter sur les lecteurs pour trouver des solutions, puisqu’en matière de mobilité ils lui suggèrent à la fois de développer les transports publics (34%), de faire la traversée du lac (32%)… tout en recommandant au Conseil d’État de maîtriser les dépenses publiques (52%).

La santé pèse lourd

La santé fait une percée remarquable dans les préoccupations des Genevois. En dernière position parmi les thèmes retenus à la fin de la précédente législature, elle se hisse désormais à la troisième place des inquiétudes des sondés et la maîtrise des coûts de la santé s’impose en tête des préoccupations. Il faut dire qu’entre 2013 et 2018, la prime d’assurance maladie moyenne est passée à Genève de 469 fr. 65 à 583 fr. 30 (pour les adultes, accidents inclus), soit une progression de 24%… Paradoxalement, la popularité de Mauro Poggia, véritable magistrat Téflon, n’est pas atteinte. Pour leur part, les partis ont perçu l’irritation populaire, puisqu’ils ont lancé récemment plusieurs initiatives sur la question. Deux sont en cours au niveau cantonal, lancées par la gauche et Genève en marche. Deux autres sont soutenues par la gauche, le PDC et le MCG au niveau national.

Les problématiques d’emploi, mentionnées par 45% des lecteurs, restent stables par rapport à 2013. Quant à la fiscalité, elle ne passionne guère. Cela ne veut pas dire que les questions de finances ne font pas partie des préoccupations. Les lecteurs ont au contraire des idées assez précises en la matière, puisqu’ils considèrent à 52% qu’il faut «maîtriser les dépenses publiques» et qu’en cas de baisse des recettes fiscales, presque un sondé sur deux estime qu’il faudra «diminuer les prestations»… Mais les nombreux échecs en votation des propositions de baisses de dépenses ont régulièrement démontré ces dernières années qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

L’Entente reste en tête

Nous avons demandé à nos lecteurs de quels partis ils étaient le plus proches. Les résultats sont clairs: la droite classique se taille la part du lion. Elle se retrouve massivement surévaluée par rapport à ses résultats réels aux élections cantonales de 2013. À l’inverse, la gauche est en dessous de ses scores. Quant au MCG et à l’UDC, ils semblent en chute libre.

Néanmoins, si on se concentre sur les tendances et qu’on confronte les intentions de vote en 2018 de nos lecteurs avec leurs souvenirs de vote de 2013, la situation de chaque camp ne semble guère évoluer. Seul bémol, fin février, au moment du sondage, le nombre d’indécis (16%) restait important. Dernier point: le nouveau parti d’Éric Stauffer, GeM, se partage avec le MCG les faveurs de leurs électeurs à parts égales. Pauvre MCG! Parmi les thèmes mentionnés par nos lecteurs, celui des frontaliers brille par son absence.

Il ne faut naturellement pas prendre les sondages réalisés auprès du Cercle des lecteurs de la Tribune de Genève comme vérité d’Évangile. Leurs tendances se sont néanmoins révélées assez justes ces dernières années. En février 2014, nos lecteurs prédisaient le rejet à Genève de l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse à six points près (55% contre 61 en réalité). En 2012, lors de l’élection partielle au Conseil d’État, ils illustraient l’insolente popularité de Pierre Maudet par rapport à ses rivaux. En 2011, ils annonçaient le retour de l’école le mercredi matin à trois points près (68% oui, contre 65 en réalité).


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Pierre Maudet en tête. Luc Barthassat dernier

Quel bilan tirez-vous de l’action de chaque magistrat sortant? Les réponses, qui peuvent indiquer des intentions de vote, révèlent des évolutions intéressantes par rapport aux élections de 2013. Sur les sept, Pierre Maudet arrive en tête, avec une note de 6,1 sur 10. Son classement recoupe son résultat électoral de 2013. Le magistrat PLR ne semble guère avoir subi d’usure et nul ne semble lui tenir rigueur de son échec bernois. Son score est certainement lié à l’appréciation de son bilan en matière de sécurité, sujet qui sort des trois principales préoccupations des Genevois. Mauro Poggia (5,6) fait aussi un excellent score. Il est d’autant plus remarquable que le parti du magistrat MCG est à peine mentionné par nos lecteurs et qu’il est clairement affaibli depuis 2015 par les départs et les scissions. La progression du magistrat est impressionnante. En 2013, l’avocat avait été élu de justesse à la septième place devant le socialiste Thierry Apothéloz. Comme Pierre-François Unger et Guy-Olivier Segond en leur temps, l’actuel patron de la Santé n’est pas tenu pour responsable de la hausse continuelle des primes maladie. Même si ce thème s’impose parmi les préoccupations clés des Genevois. Le président du Conseil d’État PLR François Longchamp (5,3) arrive en 3e position. Il régresse d’une place par rapport en 2013. Le ministre des Finances Serge Dal Busco (5,3) est quatrième. Dans le cœur du classement, l’élu PDC ne brille pas, mais ne semble pas non plus faire l’objet d’un rejet particulier. Il perd une place par rapport au second tour des élections de 2013. Notamment responsable du Logement, Antonio Hodgers (4,9) précède sa collègue socialiste, ce qui correspond à son score de 2013. Le logement est un thème de préoccupation crucial, mais sa gestion depuis quatre ans ne le plombe pas. Pour sa part, la ministre de l’éducation Anne Emery-Torracinta (4,8) est stable. Mais à la différence de son collègue Vert, les questions d’éducation semblent peu préoccuper. Problème bien différent pour le ministre des Transports Luc Barthassat, qui ferme la marche avec une note de 4,3. La chute du magistrat PDC est nette puisqu’en 2013, il avait été élu en quatrième position. À la différence d’un Mauro Poggia sur lequel glisse le problème des primes, Luc Barthassat, comme l’écologiste Michèle Künzler en 2013, semble payer les difficultés liées à son secteur d’activité. Son score interpelle d’autant plus qu’une partie importante de nos sondés se déclarent plutôt proches de l’Entente. Pour sa part, le Conseil d’État sortant a reçu une note de 5,2 points, en légère progression par rapport à 2013. M.BN (TDG)

Créé: 09.03.2018, 22h12

Méthodologie

Sondage
Le sondage a été mené auprès de 357 lecteurs et lectrices appartenant au Cercle des lecteurs de la Tribune de Genève, pondéré sur les critères d’âge et de sexe pour correspondre à notre lectorat.

Cercle
Le Cercle des lecteurs est ouvert aux abonnés et lecteurs réguliers ou occasionnels du journal, résidant en Suisse ou en France voisine.

Différences
L’écart entre les orientations de vote de 2013 et les résultats réels montre une surestimation de l’Entente et une sous-estimation des autres partis. En termes de tendance entre les souvenirs de vote de nos lecteurs en 2013 et leurs intentions en 2018, la situation semble stable. M.BN

L’essentiel

Sondage
357 lecteurs, représentatifs du lectorat de la «Tribune», livrent leurs préoccupations.

Préoccupations
Logement, mobilité et santé sont en tête. Par rapport à 2013, la sécurité disparaît.

Classement
Parmi les sortants, Pierre Maudet est en tête. Luc Barthassat ferme la marche.

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