«Investir dans l’innovation»

Elections fédéralesPrésidente des Verts genevois, Lisa Mazzone plaide pour des investissements «pertinents».

Candidate présidente des Verts genevois, Lisa Mazzone désire «rendre possible le changement de mode de transport en créant de vraies alternatives respectueuses de l’environnement».

Candidate présidente des Verts genevois, Lisa Mazzone désire «rendre possible le changement de mode de transport en créant de vraies alternatives respectueuses de l’environnement». Image: S. IUNCKER-GOMEZ

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A l’orée des élections fédérales du 18 octobre, la Tribune de Genève reçoit les chefs des principaux partis genevois. Lisa Mazzone, qui préside les Verts, est aussi candidate au Conseil national.

Quel intérêt prioritaire le Canton de Genève doit-il défendre à Berne? – La transition énergétique, qui est actuellement débattue aux Chambres, nous importe particulièrement. Notre Canton est pionnier en la matière: il a su réduire sa consommation d’électricité alors qu’elle augmentait ailleurs. Le parlement genevois vient d’approuver une résolution demandant que les énergies sales soient taxées pour soutenir les barrages suisses. Les Genevois ont montré en votations qu’ils sont sensibles à ces enjeux. Parmi les autres priorités, je citerais le financement de la gare souterraine, le péril que constituent les transports de chlore et, après la votation du 9 février, le maintien d’une Suisse ouverte, comme les Genevois l’ont toujours voulu.

Votre sénateur Robert Cramer a voté à Berne contre l’initiative genevoise pour une traversée du lac. Les Verts défendent-ils vraiment Genève? – Les Verts ne s’en cachent pas: ils veulent défendre leurs idées à Berne. La dernière fois que le peuple a été consulté sur une traversée lacustre, il lui a infligé une raclée. La priorité va d’abord au financement de la gare souterraine, comme le demande une initiative largement soutenue. A Berne, la traversée du lac n’est absolument pas à l’agenda, son utilité n’étant pas prouvée. Elle passe pour une toquade des autorités genevoises, peut-être plus que du peuple.

Votre parti s’oppose à l’élimination des goulets d’étranglement, le programme qui doit financer l’élargissement de l’autoroute de contournement. Voteriez-vous contre ces crédits? – Pour les Verts, il est clair que l’essor de la mobilité individuelle motorisée n’est pas une voie d’avenir. Dès lors, il faut choisir des investissements pertinents. On a développé rapidement notre réseau autoroutier, mais le trafic a augmenté en parallèle. Il faut rendre possible le changement de mode de transport en créant de vraies alternatives respectueuses de l’environnement et développer le réseau ferroviaire tant national que régional. Le CEVA sera une vraie révolution et sera un premier pas pour mesurer le potentiel de cette autre mobilité. La qualité de vie s’en trouvera améliorée. Les Genevois en ont assez de crouler sous les bouchons ou de souffrir de pics de pollution comme on en a connu cet été.

Le vote écologiste tend à se contracter quand la conjoncture va mal. N’est-ce pas du pur marketing que de baser votre campagne sur l’économie verte? – Les enjeux climatiques actuels sont une préoccupation majeure pour les gens car nos ressources et nos conditions de vie sur Terre sont en danger. Notre initiative pour une économie verte a été lancée il y a trois ans déjà: on ne saurait y voir de l’opportunisme. On ne peut répondre aux défis environnementaux sans modifier notre fonctionnement économique. Notre initiative demande la prise en compte de la limitation des ressources et des impacts sur le réchauffement. Les énergies fossiles constituent notamment un risque environnemental, mais aussi financier: elles ne sont pas durables et elles supposent une dépendance envers l’étranger. La Suisse, qui dépense plus de 10 milliards de francs par an pour acheter de l’énergie sale à l’étranger, devrait investir cet argent ici dans les énergies renouvelables, l’innovation, la revalorisation des déchets. Cela créera de la valeur et des emplois en Suisse.

Après Fukushima, il y a eu un rejet du nucléaire. Vous en avez profité mais n’avez pas su le prolonger… – Nous faisons de la politique pour éviter les catastrophes, pas pour en profiter. D’ailleurs, nous n’en avons pas profité électoralement. Rappelons-le: les promesses de sortie du nucléaire faites après l’accident ne sont pas tenues. Grâce aux Verts, le peuple pourra s’exprimer sur notre initiative «Sortir du nucléaire».

Selon vous, la réforme de l’imposition des entreprises ne doit pas faire baisser les recettes fiscales. Or c’est votre ancien ministre David Hiler qui a proposé le taux de 13% en 2013! – Les Verts veulent un taux unique pour mettre fin à une fiscalité qui désavantage les entreprises locales. Nous voulons aussi une fiscalité écologique qui favorise les entreprises s’engageant à réduire leur impact écologique. David Hiler a eu le mérite d’ouvrir le débat. La fixation du taux est en discussion. S’il y a baisse de recettes, elle doit être compensée par des mesures comme des versements pour le développement des transports, des crèches ou la création d’un congé parental.

Votre initiative sur l’alimentation veut favoriser les produits locaux. C’est contraire à nos accords avec l’Europe: cela met en péril nos exportations… – L’initiative demande que les produits importés respectent les mêmes normes que ceux produits en Suisse. Il s’agit de mettre fin à une concurrence déloyale que nos agriculteurs subissent et de garantir à la population la qualité de ce qu’elle mange. Le bon exemple à suivre, c’est le label genevois GRTA; il soutient l’agriculture locale en prenant en compte la seule frontière pertinente: celle de la région.

Faut-il freiner la croissance selon vous? – Les liens, les échanges, le temps libre sont plus à même d’accroître notre bonheur que la consommation effrénée. La voie de la croissance illimitée s’essouffle d’elle-même. On doit réorienter notre économie, permettre d’autres modes de vie, avec le temps partiel, le job sharing et des réseaux de solidarité.

Que doit faire la Suisse face à l’afflux de réfugiés syriens? – La Suisse, qui n’a pas tenu les contingents annoncés, doit accueillir davantage de réfugiés, dans la dignité. Un drame humanitaire se joue. Nous devons renouer avec notre tradition et les conventions qui portent le nom de Genève. Il s’agit aussi de négocier des contingents ambitieux avec les pays européens, créer des voies d’accès sécurisées et rétablir la possibilité de demander l’asile dans nos ambassades.

Quelles sont vos chances de garder votre second siège au Conseil national? – Le parti est entièrement mobilisé. Certes, il y a un risque sur le deuxième siège, mais nous faisons tout pour garder nos deux sièges, en défendant nos idées. Notre campagne se fonde sur des lieux de réflexion et de débat, sur des propositions concrètes. C’est stimulant, enthousiasmant. Quel que soit le résultat du scrutin, nous aurons gagné tout cela.

Créé: 15.09.2015, 18h34

«Les Verts soutiendront les Bilatérales»


La Tribune de Genève a posé certaines questions de politique fédérale à tous les présidents de parti. Voici quelques-unes des réponses de Lisa Mazzone.

L’âge de la retraite des femmes doit-il être augmenté à 65?ans?


– Non. Il faut d’abord assurer l’égalité salariale entre hommes et femmes, alors que les disparités sont actuellement criantes. De façon générale, nous sommes pour une retraite flexible qui prenne en compte à la fois la durée des cotisations et la pénibilité du travail exercé.

Faut-il revoter sur l’initiative «Contre l’immigration de masse»?


Oui. De toute façon, il faudra revoter. Un vote de clarification est nécessaire puisque l’Union européenne a été extrêmement claire sur le fait que l’article voté le 9 février 2014 est incompatible avec les accords bilatéraux, contrairement à ce qu’a affirmé l’UDC durant la campagne, si bien que la Suisse s’est basée sur de fausses croyances pour voter. Le caractère mensonger de cet argument est désormais démontré et le vote a fait apparaître ce que les Bilatérales apportent à la Suisse: Erasmus, les programmes scientifiques, les soutiens à la culture… De plus, l’initiative RASA a abouti et, si je suis élue, je la soutiendrai. Comme les Genevois, qui ne changeront certainement pas d’avis, les Verts étaient opposés à l’initiative du 9 février et ils soutiendront clairement les accords bilatéraux lors d’un nouveau vote.

Pour pouvoir construire sur la zone agricole, faut-il assouplir la Loi sur l’aménagement du territoire?


Non. Il faut densifier et cela correspond à la volonté exprimée par le peuple genevois. On doit préserver les zones agricoles. Cela revient à sauvegarder un minimum de souveraineté alimentaire sur notre territoire.

Faut-il réélire Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral?


Oui. Les Verts n’ont jamais voté pour des membres de l’UDC au Conseil fédéral. Nous ne voulons pas de deux membres de ce parti au gouvernement, ce qui serait la conséquence de la non-élection d’Eveline Widmer-Schlumpf. M.M./P.R.

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