La lessive du PDC avant les élections fédérales

PolitiqueLe parti veut une liste irréprochable et renouvelée. Candidat possible aux États, Luc Barthassat est poussé vers la sortie.

Philippe Fleury (à g.), chef de campagne, et Vincent Maitre, président du PDC genevois.

Philippe Fleury (à g.), chef de campagne, et Vincent Maitre, président du PDC genevois. Image: L. GUIRAUD

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Ébranlé par l’affaire Barazzone, le PDC contre-attaque alors que les élections nationales approchent. «Nous avons décidé de lancer un signal politique fort, lance Philippe Fleury, le chef de campagne. Alors que, normalement, nos listes aux nationales respectent un savant équilibre interne, la présidence propose de rompre avec ses usages et de ne présenter que des candidats exemplaires. Ils incarneront notre volonté de renouvellement. Nous souhaitons qu’ils puissent donner un visage au parti pour ces dix prochaines années.»

Un vote clair et net

Lundi soir, la trentaine de membres du comité directeur et les députés du groupe PDC ont suivi. Seules deux oppositions et une abstention se sont exprimées. La proposition de renouvellement des candidats, qui inclut la candidature de Béatrice Hirsch aux États, a été soutenue par le magistrat cantonal Serge Dal Busco et par d’autres personnalités expérimentées qui auraient pu manifester quelques ambitions personnelles, comme la députée Anne-Marie von Arx Vernon. Comme l’a annoncé Radio Lac, la candidature de Luc Barthassat a donc été écartée.

L’ancien patron de la Mobilité a même voté la nouvelle stratégie! Lui-même candidat potentiel aux États, il détaillait pourtant encore dans la dernière édition du «Matin Dimanche» ses qualités pour le poste et minimisait celles de diverses personnalités féminines du parti, dont sa rivale Béatrice Hirsch. Mais il a bel et bien jeté l’éponge. «La présidence nous a présenté sa stratégie et après certaines explications et après avoir présenté mon point de vue, je me suis rallié à la majorité du comité directeur.» Avait-il le choix? À l’interne, son interview est mal passée. Dans Le Courrier de mardi, ses «victimes» lui ont adressé une volée de bois vert: elles l’estiment «condescendant», parlent à son égard de «candidature réchauffée» et de «sexisme ordinaire».

Gestion de crise

Le cap étant fixé, il reste quelques étapes à franchir. La stratégie du comité doit être entérinée par une assemblée des délégués, qui aura lieu jeudi. Quant à l’assemblée désignant les candidats proprement dits, elle se tiendra en début d’année.

Le coup de sac du PDC est lié aux déboires de Guillaume Barazzone. Le magistrat a été déstabilisé par le scandale des notes de frais du Conseil administratif de la Ville relevé par la Cour des comptes. L’affaire n’est pas restée sans conséquence sur le parti. «Elle a collé une étiquette bling-bling sur le PDC et son conseiller administratif, estime le président du parti. Étiquette qui est à l’opposé de nos valeurs et de ce que nous sommes dans la vraie vie.» Alors qu’il aurait pu se déchirer, le PDC semble avoir géré la crise sans drame. Comment? «En travaillant étroitement avec notre magistrat, poursuit Vincent Maitre. Nous avons aussi fait le tour du parti et consulté toutes les sections et leurs présidents. Nous voulions palper le pouls de notre base et sonder les états d’âme de nos militants.» Guillaume Barazzone aurait pris acte de la situation, et se serait penché sur la manière de réparer ses erreurs. «Il faut souligner, insiste Philippe Fleury, que c’est le seul conseiller administratif à avoir tiré les conséquences de ses erreurs. Honneur à lui.» Et Vincent Maitre de détailler avec soin «les casseroles» des autres conseillers administratifs, en s’attachant en particulier à celles de Rémy Pagani.

La perte de leur locomotive au Conseil administratif et au Conseil national intervient alors que le PDC n’est pas au mieux de sa forme. En Ville de Genève, lors des dernières élections cantonales, son score a été inférieur au quorum. La chute de Guillaume Barazzone a profondément modifié l’organisation de la campagne. À l’origine, c’est lui qui était à la manœuvre. (TDG)

Créé: 04.12.2018, 20h49

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