Les Zoulous tuent le prince de 17 coups de sagaie

Il y a 140 ansLa bataille fait rage entre Britanniques et Zoulous. Mais Genève pense au sort des facteurs du dimanche.

La Tribune de Genève il y a 140 ans.

La Tribune de Genève il y a 140 ans. Image: DR

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Impossible de retrouver «La Tribune de Genève» du samedi 5 juillet 1879. Dans sa version numérique, en tout cas. Du coup, nous vous proposons de revenir sur certaines nouvelles parues dans les éditions précédentes. L’une d’elles, en rubrique étrangère, est titrée «Zoulouland» et se réfère à la guerre que l’Empire britannique menait à l’époque contre le royaume zoulou, aujourd’hui province du Kwazulu-Natal, en Afrique du Sud.

La résistance est bien plus forte qu’escompté. Et l’une des premières victimes de ce conflit, côté britannique, est l’héritier au trône français exilé. Le prince impérial Louis Napoléon Bonaparte (fils de Napoléon III) s’était porté volontaire pour combattre dans les rangs de l’armée anglaise. Il est tué le 1er juin, alors qu’il était parti en reconnaissance. Une enquête est menée sur les circonstances de son décès. «La Tribune de Genève» revient sur les dépositions de deux soldats de l’escorte du prince lorsqu’il a été surpris par les Zoulous. Le premier, nommé Cochrane, explique: «J’étais tout près du prince. Il ne monta pas à cheval. Aux coups de feu des Zoulous, nos chevaux s’effrayèrent, et nous ne pûmes pas les maîtriser… Après avoir traversé la Donga, je vis le prince courir, poursuivi à la distance d’environ trois yards par une douzaine des Zoulous, tous armés de fusils et de sagaies. Son cheval galopait loin de lui.»

Le deuxième soldat de l’escorte donne une version légèrement différente: «Le prince essayait de monter à cheval. Je lui dis: Dépêchez-vous s’il vous plaît monsieur de monter. Il ne répondit pas. Il n’avait pas pris les rênes, son cheval le piétina…» Mais les deux récits concordent sur une chose: «Aucun ordre ne nous a été donné de nous rallier, ou de faire feu, ou d’aider le prince. Nous galopâmes pendant deux milles sans nous arrêter. Il ne fut pas question du prince.» Ce dernier mourra percé de 17 coups de sagaie. Les Zoulous diront de lui qu’il s’est battu comme un lion. Plus tard, les dépêches de Paris feront état de l’ouverture de son testament où il désigne son successeur, le prince Victor. Celui-ci ne fait pas l’unanimité. «La scission va donc s’accentuer toujours plus dans le parti bonapartiste déjà désorganisé», commente «La Tribune».

Dans un registre plus local, on peut lire dans la page des publicités qu’une pétition destinée à alléger le service des facteurs du dimanche a déjà réuni 1700 signatures. Ses auteurs encouragent le public à se rendre dans diverses librairies et confiseries de la ville mettant à disposition des exemplaires de la pétition et de la signer. Dans la même page, un éleveur de Seine-et-Oise propose des «œufs à couver». Ils proviennent de «belle et grosse volaille, rustique et précoce, chair fine». Cinq francs la douzaine, emballage compris. Une occasion.

Créé: 05.07.2019, 08h14

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