Les professionnels du social se mobilisent en faveur des mineurs non accompagnés

SocialPlus de 150 acteurs du terrain ont pris part aux assises organisées durant deux jours. Débats, ateliers et résolution.

La cause des mineurs et leur accueil à Genève étaient au cœur du rassemblement organisé à la mémoire d’Ali.

La cause des mineurs et leur accueil à Genève étaient au cœur du rassemblement organisé à la mémoire d’Ali. Image: Georges Cabrera

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Le rassemblement très suivi, samedi en fin d’après-midi, à l’appel des camarades d’Ali, mort récemment au foyer de l’Étoile, a quelque peu éclipsé le travail de réflexion mené pendant deux jours par les acteurs du terrain.

Des assises – premières du nom sous ce titre: «Enfants et jeunes migrants non accompagnés à Genève» – ont en effet réuni plus de 150 personnes en plénière vendredi soir, avant d’enchaîner le lendemain avec des ateliers et l’adoption d’une résolution dont la mise au propre définitive a été renvoyée au mardi 28 mai.

C’est qu’il s’est dit beaucoup de choses dans la salle Gandhi de la Maison internationale des associations. Selon une estimation, entre 100 et 200 mineurs non accompagnés (MNA) sont actuellement sur le territoire genevois. «Nous sommes là pour discuter de ce qui ne se fait pas dans notre ville, pour élaborer des propositions et les adresser aux autorités politiques concernées», ont résumé les initiateurs, avant de lancer le débat. Vif et animé. Le directeur de l’Hospice général, Christophe Girod, n’a pas caché le problème, sans pour autant se risquer sur le terrain des solutions concrètes.

«Bombe à retardement»

«Le système actuel est inadapté, a-t-il reconnu. Sur les 100 jeunes que nous prenons en charge, 20 cas sont d’une vulnérabilité clairement identifiée. L’un est sourd-muet, d’autres souffrent de schizophrénie et de divers handicaps mentaux. S’ils étaient des jeunes locaux, ils ne seraient pas à l’Hospice. Pour nous, ils sont une charge et une bombe à retardement, car ils nécessitent tous des soins spécifiques. Or, dès que les problèmes surgissent, c’est l’hébergeur qui reçoit les baffes.»

Et, parfois, les partage. Le directeur du Service de la protection des mineurs (SPMI), Carlos Sequeira, marche sur des œufs. Il a pris ses fonctions depuis trois mois à peine; cela s’entend. Citation: «On a affaire à des mineurs isolés, dans l’errance, en difficulté de projets. Les problèmes de santé psychique qu’ils présentent sont relativement nouveaux. Nous devons réinventer notre prise en charge.»

Des mots de bonne intention qui se heurtent au réel. La coordination est «inexistante», dénoncent les praticiens, les moyens existants sont dérisoires. L’hôtel offrant des nuitées d’urgence à Plainpalais est le contraire d’une adresse sociale et, quand l’épidémie de gale s’en mêle, comme ce fut le cas cet hiver, «la situation devient rapidement ingérable».

Fermer le foyer de l’Étoile

Qui fait quoi? Rien n’est clair, si l’on entend les critiques des travailleurs sociaux. Tous demandent la fermeture du foyer de l’Étoile et son remplacement par des petites structures d’hébergement, de type familial, des maisons ouvertes d’une dizaine de places. Dans le personnel engagé: un éducateur pour quatre jeunes. Mais aussi des professionnels de référence pour individualiser le suivi jusqu’à l’autonomie.

Quant à ces jeunes figures de l’errance, si difficiles à accrocher, qui fuient leur propre souffrance, il convient de mettre en place une «unité mobile d’éducateurs de rue», non sans arrêter au préalable les expulsions, conséquences d’une législation migratoire très limitative. «Avant d’être des migrants, en situation régulière ou pas, ce sont d’abord des enfants. Des obligations juridiques de protection découlent de cela», ont rappelé deux jeunes juristes présentes lors de ces assises, instructives et résolument militantes.

Le collectif constitué a décidé de se réunir dorénavant chaque dernier mardi du mois et de devenir, dans la durée, une force de propositions auprès du Conseil d’État.

Créé: 06.05.2019, 19h47

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