Les pieds nickelés font la révolution au Panama

Il y a 140 ans Il y a 140 ans, «La Tribune de Genève», née le 1er février 1879, vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

La première édition du quotidien genevois.

La première édition du quotidien genevois. Image: DR

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C’est un récit rocambolesque que nous fait «La Tribune de Genève» du 9 juillet 1879. Celui d’une «révolution d’un haut comique» (sic) qui a eu lieu au Panama. Le général Rafael Aizpuru arrive le 7 juillet à Aspinwall (actuellement Colón), accompagné d’une cinquantaine de jeunes hommes. Ils s’emparent sans difficulté du «cuartel» (ndlr: la caserne), «après une courte lutte avec l’unique soldat qui le gardait». Le général se proclame aussitôt président provisoire de l’État souverain de Panama, qui fait alors partie de la Colombie.

Pendant ce temps, dans la capitale, le président en titre, José Ricardo Casorla, est enlevé par six jeunes alors qu’il s’apprête à rentrer chez lui. Il a été tellement surpris, relate «La Tribune», «qu’il n’a pas poussé un cri et que personne à Panama ne s’est douté de l’aventure». L’équipe s’empare de force d’une locomotive et part en direction d’Aspinwall. Mais la locomotive est détruite suite à une collision avec un autre train. Les putschistes, indemnes, injurient le mécanicien du train et forcent le président Casorla à les suivre à pied pendant plus de dix kilomètres, jusqu’à ce qu’ils trouvent une deuxième locomotive à voler. Ils finissent quand même par arriver à destination après un périple de plus d’un jour, et les Panaméens apprennent après coup que leur président a été enlevé «par six gamins». Mais l’histoire tourne en eau de boudin. Le meneur du coup d’État capitule, sans que le journal nous explique pourquoi. Il est seulement indiqué que le gouvernement s’engage «à payer les pots cassés» et que «le soir, vainqueurs et vaincus sont rentrés dans la capitale».

À Genève, un lecteur raconte sa rencontre avec un mendiant aviné, à la sortie de la fête des Promotions. «Je lui donnai trente centimes, là-dessus mon individu réclame avec instance encore quatre sous; la main me démangeait bien de lui compter le reste de sa monnaie sur la figure, mais la crainte de me salir m’a heureusement retenu.» La rédaction de la «Julie» sermonne ce lecteur qui, selon elle, n’aurait pas dû donner l’aumône à un homme en état d’ivresse et aurait mieux fait d’appeler la police, vu que la mendicité est interdite.

Sinon, le quotidien signale, comme il l’avait déjà fait la veille, qu’il n’y a toujours rien de nouveau à dire sur la crise ministérielle en Italie. Ça valait bien un entrefilet!

Créé: 08.07.2019, 19h41

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