Les légionnaires et leurs amis ont dévoré sept sangliers

Nuit antique à GenèveComment mieux connaître l'Antiquité qu'en s'y plongeant, aux Bastions, avec l'aide de l'Université de Genève? Ce week-end, le public était au rendez-vous.

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Des sept sangliers rôtis à la broche et servis avec des lentilles, il ne restait déjà plus rien ce samedi. Les 700 portions avaient été dévorées vendredi soir. Le plat était, paraît-il, délicieux et personne ne s'attendait à un tel succès. Les curieux n'en étaient pas moins au rendez-vous, aujourd'hui samedi, au parc des Bastions, pour le deuxième jour de la manifestation "Nuit antique". Un public composé avant tout de familles.

Les enfants ont pu observer comment les personnes étaient habillées et chaussées dans l'Antiquité, comment elles fabriquaient leur vaisselle, battaient leur monnaie et se battaient tout court. D'ailleurs, eux-aussi ont pu livrer bataille (de manière encadrée) comme des gladiateurs, une équipe contre l'autre.

Les Romains, ces surhommes

Quel est l'origine de cette manifestation qui a commencé en 2015? "Le fait d'étudier l'Antiquité sans la partager, c'est triste", explique Jean-Quentin Haefliger, l'un des organisateurs. Il prépare lui-même un mémoire en histoire ancienne. Il y a deux ans, il a rejoint l'association Genva qui s'intéresse très précisément à la vie et aux habitudes des légionnaires républicains ayant vécu au 3eme et 2eme siècle avant Jésus-Christ. "Nous étudions les textes et après, nous reconstituons leur matériel. C'est stimulant. Dans les textes, par exemple, les boucliers sont tous de la même taille. En les bricolant pour nous, on s'est rendu compte que c'était impossible, car les Romains, comme nous, n'étaient pas tous de la même taille."

Autre expérience dans ce qu'il désigne comme de "l'archéologie expérimentale", le parcours le long du mur d'Hadrien en Angleterre. "Dans les textes, on lit que les légionnaires faisaient 30 kilomètres par jour avec leur matériel, ils marchaient cinq jours d'affilée et après avoir monté le camp, ils devaient se battre... Nous avons tenté de faire ces 30 kilomètres par jour, cinq jours d'affilée, et nous étions très fatigués. Soit les Romains étaient des surhommes, soit les textes sont excessifs..." S'il y a une part de jeu et une grande part de plaisir dans ces activités, l'étudiant précise tout de même: "Notre démarche est rigoureuse et scientifique, nous ne sommes pas ici pour mettre une cotte de maille et faire la fête!"

Il y a deux ans, le "petit groupe de potes" s'est dit qu'il aimerait créer quelque chose d'une plus grand ampleur que les légionnaires, c'est ainsi qu'est née l'Association pour la valorisation de l'Antiquité à Genève (AvAnt GE) qui a organisé cette manifestation, en collaboration avec le Département des sciences de l'Antiquité de l'Université de Genève.

Des Gaulois de Vevey

Les artisans et les invités viennent aussi d'autres cantons. Mathieu, Simon,Joël, Pascal, Laurène se promènent en costumes gaulois. Ils sont menuisier, forgeron,archéologue, ingénieur et étudiante en archéologie. Ils appartiennent au groupe de reconstitution historique de Vevey, Viviskes. Eux-aussi se basent sur les documents pour recréer les armes et les costumes d'une période qui s'étend de 200 à 150 ans avant Jésus-Christ. Une époque qu'on appelle La Tène ou encore le deuxième âge du fer. "Mais j'ai un peu triché", admet Laurène, en nous montrant son magnifique bracelet. "parce que ce type de bijoux est plus ancien, il date de 250 avant Jésus-Christ. Bon, je peux toujours dire que c'est un cadeau de ma grand-mère..." Le groupe s'entraîne au combat toutes les semaines avec des lances et des boucliers, "pour retrouver les gestes qui se faisaient à l'époque. On se bat avec des armes en mousse pour éviter les blessures. On fait aussi des présentations dans les écoles", explique Joël.

Un peu plus loin, Ismini, qui travaille au musée romain de Nyon, aide les enfants à construire une voûte de maison romaine. Lorsqu'on enlevait l'armature en bois, les lourdes pierres (d'une matière légère pour le jeu) s'emboîtaient parfaitement et tenaient toutes seules sans aucune maçonnerie. Les petits s'émerveillent en le constatant eux-mêmes.

Des visiteurs demandent à être pris en photo avec deux légionnaires. Alain Bolle, professeur d'histoire et d'initiation à la langue et civilisation latine au Cycle, porte un costume de légionnaire républicain, alors que Manuel Grandjean, directeur du service école et médias au DIP, porte celui de l'époque impériale. "Je suis passionné d'histoire antique, nous dit ce dernier. J'ai découvert la manifestation l'année dernière et je suis heureux d'avoir trouvé une occasion de porter mon costume. Je crois qu'il y a un regain d'intérêt pour cette période, notamment avec les BD historiques comme "Murena" ou "Aigles de Rome".

Créé: 16.04.2016, 18h02

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