Le social genevois semble à bout de souffle

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Comment la question sociale est-elle gérée dans ce canton? Au mieux, répond le magistrat en charge du dossier, Mauro Poggia. On est prié de le croire. Souriant, habile, le magistrat MCG désamorce les conflits, crée des groupes de travail, modifie un détail ici ou là. Et ça passe, jusqu’ici. Politiquement, Mauro Poggia est peu attaqué par la gauche et par la droite. Il faut saluer l’artiste!

Mauro Poggia est peu attaqué par la gauche et par la droite. Il faut saluer l’artiste!

Et pourtant, dans son secteur, les signaux inquiétants ne manquent pas. Les dotations de l’aide à domicile augmentent, mais le nombre de clients stagne, alors que la proportion de personnes âgées augmente au sein de la population. En parallèle, le personnel semble à bout. Le nombre de cadres augmente? Balivernes, dit-il. Dommage que le rapport d’activité 2016 de l’Imad indique le contraire. Les moyens de l’Hospice général augmentent aussi, mais le taux d’aide sociale ne cesse de grimper et, l’an passé, l’évaluation de son action de réinsertion mettait en exergue la lenteur de son travail. Autre point noir: sur l’asile, les comparaisons avec d’autres cantons suisses indiquent que l’insertion professionnelle des demandeurs d’asile à Genève est nettement moins bonne. Malgré des communiqués triomphants sur le chômage, le pourcentage des personnes arrivant en fin de droits reste stable, à 37%. Enfin, les places vacantes annoncées à l’Office cantonal de l’emploi, «le dada» du magistrat, baissent par rapport à l’an passé. Confronté à ces éléments, le magistrat relativise, écarte, virevolte et en profite pour remettre la compresse sur la préférence cantonale, remède souverain, censé soigner tous les maux. Mais ces diversions ne doivent pas cacher un point important: le magistrat n’a en réalité aucune envie de se lancer dans une refonte du fonctionnement des différentes institutions sociales cantonales. On comprend bien pourquoi: il n’y a que des coups à prendre dans ce genre d’opération.

Ce débat risque pourtant bien de devenir incontournable. Car le social genevois, articulé depuis plusieurs décennies autour de structures mammouth, semble à bout de souffle. Malgré le dévouement et les bonnes intentions des uns et des autres, elles dépensent beaucoup pour des résultats discutables et épuisent leur personnel par une gestion «top down» autoritaire.

D’autres modèle existent pourtant. En Hollande, Buurtzorg, une entreprise sociale d’aide à domicile, gère 9000 infirmières avec une administration de 50 personnes. Elle s’appuie sur des équipes autonomes, très souples, proches des clients. De plus en plus, le modèle associatif, plus souple, moins cher, plus satisfaisant en termes de sens pour ses employés, semble l’avenir de l’action sociale publique. Le monde politique genevois, et en particulier le magistrat responsable du domaine, devrait s’y intéresser sérieusement.

Créé: 07.12.2017, 19h39

Marc Bretton,
Rubrique Genève

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