Le Service de protection des adultes lance un SOS

SocialAsphyxié, le personnel demande en urgence des renforts à Thierry Apothéloz, qui répond.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ils étaient 40, sur un effectif de 100 personnes, à manifester, jeudi matin, devant l’entrée du Service de protection des adultes (SPAd), au boulevard Georges-Favon. Une action organisée dans l’urgence par les syndicats à la demande des collaborateurs de ce service qui croule sous les dossiers que lui confie le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (mandats de curatelle). «Le SPAd est vraiment en feu, il lui manque une vingtaine de postes et les solutions ne viennent pas», commente Françoise Weber, secrétaire syndicale du SIT.

Ce n’est pas la première fois que personnel et syndicats (le SIT et le SSP) alertent les autorités sur le manque de forces de ce service et les dysfonctionnements qui en découlent. Il y a une dizaine d’années, le conseiller d’État François Longchamp avait déjà dû organiser une opération de secours pour combler le retard accumulé. Aujourd’hui, c’est le socialiste Thierry Apothéloz qui est sollicité.

Attesté par un rapport

En janvier 2019, la Cour des comptes avait également publié un audit sur le SPAd. Il relevait ses difficultés: augmentation vertigineuse des dossiers (de 1686 à 3284 entre 2010 et 2018) sans que la dotation en personnel ne suive la même courbe. La Cour demandait de revoir les modalités de prise en charge des personnes protégées, de simplifier la gestion administrative et de mieux définir la notion d’accompagnement social.

Le rapport de la Cour des comptes stipulait notamment que «la réactivité actuelle du SPAd pour la prise en charge des curatelles est insuffisante et pourrait avoir pour conséquence de péjorer la situation des personnes protégées». Les treize recommandations avaient été acceptées par le Département de la cohésion sociale.

La situation semble malgré cela ne pas s’être améliorée. Alors qu’une nouvelle réorganisation a été généralisée depuis avril, le SPAd est aujourd’hui sous l’eau. Il y aurait des dizaines de caisses de courriers non traités, selon les syndicats. Épuisés, des collaborateurs jettent l’éponge (une vingtaine de départs depuis 2015) ou tombent malades. «Nous avons besoin d’un plan d’urgence ou on coule, témoigne une employée. J’ai déjà fait un burn-out, je ne veux pas que ça recommence.»

Une autre collaboratrice a préféré démissionner après deux ans: «Je pars car c’est la seule solution pour moi pour éviter de craquer, assure-t-elle. Ce n’est pas un problème de direction, mais de manque de moyens. Aujourd’hui, chaque collaborateur gère en moyenne 70 dossiers. Pour faire du bon travail, cela devrait être la moitié.»

Pétition au Grand Conseil

Pour se faire entendre du politique, une pétition vient d’être lancée. Elle demande trois choses: des renforts immédiats, l’octroi de vingt postes supplémentaires dans le budget 2020 et un bilan «sérieux» des réorganisations ainsi qu’un appui à la direction.

«Nous voulons rendre la classe politique consciente de la gravité de la situation», explique Françoise Weber. «L’objectif est de casser le cercle infernal des burn-out, des départs et de l’accumulation des dossiers, conclut Quentin Stauffer pour le SSP. Thierry Apothéloz nous demande d’attendre les assises sur le social qui se tiendront en automne. Mais que fait entre-temps le SPAd pour survivre et remplir sa mission de protection?»

Thierry Apothéloz réagit

En déplacement à l’étranger, le conseiller d’État responsable du SPAd assure avoir conscience des difficultés du service et n’être pas resté inactif. «Le Département de la cohésion sociale rencontrera du reste les représentants syndicaux le 14 mai, et la situation du SPAd sera abordée», précise-t-il.

Le magistrat rappelle que des mesures ont déjà été prises dans le budget 2019 afin de suppléer aux absences de longue durée (11,2 emplois plein-temps). Des moyens supplétifs à court terme sont envisagés, mais sous réserve que des postes supplémentaires soient accordés. «La suite interviendra dans le cadre de l’élaboration du budget 2020 et du plan financier quadriennal», conclut Thierry Apothéloz.

Créé: 09.05.2019, 11h28

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.