Le fléau des troupeaux encercle Genève

ÉpizootieLa fièvre catarrhale, ou virus de la langue bleue, revient en force en France voisine. À Genève, le vétérinaire cantonal a déjà pris des mesures.

Éleveur à Vessy, Jean-Jacques Imberti fait vacciner ses moutons contre la fièvre catarrhale.

Éleveur à Vessy, Jean-Jacques Imberti fait vacciner ses moutons contre la fièvre catarrhale. Image: Olivier Vogelang (archives)

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La fièvre catarrhale, plus connue sous le nom de maladie de la langue bleue, est de retour dans la région. Et Genève est même encerclé par le virus. Depuis le début du mois de novembre, où un veau contaminé a été détecté à Orcier (Haute-Savoie), le petit et le gros bétail sont vaccinés à tour de bras et des périmètres de sécurité, voire de confinement des bêtes, ont été établis.

Et à Genève? On ne s’affole pas mais des mesures ont été prises, car le 3 novembre, «un bovin d’un troupeau genevois revenant de France voisine a été atteint et nous avons dû le faire abattre», indique le vétérinaire cantonal, Michel Rérat. Qui ajoute: «Le reste du troupeau était sain.»

Pas de danger pour l’homme

La maladie de la langue bleue, qui touche aussi bien les bovins que les moutons et les chèvres, a beaucoup fait parler d’elle au début des années 2000, quand des foyers infectieux sont apparus en Europe de l’Ouest. Des campagnes de vaccination massives et obligatoires ont même eu lieu en 2008, 2009 et 2010 en Suisse. En 2008, une vache infectée avait dû être abattue dans un élevage de Céligny, où tout le troupeau avait été séquestré. Le virus se propage par le biais d’un moucheron.

«Il est important de rappeler que cette maladie ne touche que les animaux et ne se transmet pas à l’homme», précise Michel Rérat. Elle n’a pas non plus d’incidence sur la qualité des denrées. En revanche, «elle peut causer des décès ou des avortements chez les bêtes infectées ou même après vaccination», relève Jean-Jacques Imberti, vice-président du Syndicat genevois du menu bétail (ovins et caprins). «Et économiquement, cela peut avoir des répercussions en cas de mise en quarantaine des animaux, par exemple, sans compter que certains doivent être euthanasiés», ajoute l’autre vice-président du syndicat, Denis Jaquier.

De quoi nourrir quelques craintes pour les troupeaux du canton? «Le SCAV (ndlr: Service cantonal des affaires vétérinaires) nous a très vite avertis, dès le début de novembre, indique Denis Jaquier. Du coup, les éleveurs genevois sont au courant et demeurent attentifs. Ils doivent signaler les cas à l’État.»

Mêmes constatations du côté de la Fédération genevoise d’élevage bovin. «La maladie de la langue bleue est présente depuis quelques années dans la région, note l’un de ses membres, Marc Zeller. Comme moi, beaucoup d’éleveurs font vacciner leurs bêtes préventivement, d’autant que nos troupeaux sont en France voisine pour la période d’estivage. Cette vaccination n’est pas obligatoire, mais elle risque de le devenir, vu qu’un cas de fièvre catarrhale vient d’être détecté à Genève.» A noter que l’État prend entièrement en charge la vaccination des troupeaux.

Deux virus distincts

Michel Rérat apporte quelques précisions. «Des cas ont aussi été annoncés dans le Jura et à Bâle le 3 novembre. On s’y attendait, car la maladie circule en France. Il faut savoir que deux virus distincts touchent les troupeaux actuellement. On vaccine à Genève depuis 2016 contre celui dit de sérotype 8, sur une base volontaire. Le veau infecté à Orcier, lui, était atteint du virus de sérotype 4.»

À ce propos, le vétérinaire cantonal s’étonne. «Ce virus ne se trouvait jusque-là qu’en Corse», relève-t-il. Dès lors, les services vétérinaires français pensent que l’animal a été importé de l’île de Beauté jusqu’en Haute-Savoie.

Troupeaux genevois testés

Pour le SCAV, dès le cas d’Orcier annoncé, il s’agissait de vérifier que les troupeaux genevois de bovins se trouvant encore en France voisine n’avaient pas été infectés. «Il y en avait encore quatre, soit trois en Haute-Savoie et un dans le Pays de Gex. Nous avons testé toutes les bêtes, soit 45, précise Michel Rérat. D’abord sur place, le 15 novembre, puis une seconde fois dès leur retour à Genève. J’ai reçu ce lundi après-midi les derniers résultats et ils sont tous négatifs.»

On l’a dit, le SCAV ne va pas abandonner sa surveillance pour autant. Mais à quoi s’attendre dans les prochaines semaines? «Cela devrait se calmer, estime le vétérinaire cantonal. Notamment du fait que le moucheron qui propage le virus d’une bête à l’autre n’est pas actif sous des températures hivernales, soit en général du 1er décembre à la fin de mars. Par contre, il n’est pas exclu que de nouveaux foyers datant de la circulation du virus durant l’été continuent d’être trouvés en France, voire en Suisse.»

Créé: 04.12.2017, 18h31

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