Le directeur du Service des votations a été entendu comme témoin

Fraude électoralePatrick Ascheri a été auditionné le mois dernier. En substance, il a dit ne pas avoir connaissance d'irrégularités dans son service.

Le directeur du Service des votations Patrick Ascheri.

Le directeur du Service des votations Patrick Ascheri. Image: LAURENT GUIRAUD/ARCHIVES

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Les auditions du trentenaire suspecté de fraude électorale au sein du Service des votations et élections, se poursuivent depuis jeudi. Selon nos informations, le directeur du service, Patrick Ascheri, a été entendu, le mois dernier, comme témoin. Il a affirmé aux enquêteurs ne pas avoir connaissance d'irrégularités .

Ce service attire aujourd'hui tous les regards. Il représente un maillon essentiel du fonctionnement démocratique genevois en organisant les scrutins et le dépouillement des votes.

Le suspect, proche d'une cadre

Le directeur de ce service est une figure de la Genève politico-administrative. Patrick Ascheri, maire radical d'Anières entre 2003 et 2015, est entré dans l'administration en 1981 avant de gravir les échelons et d'être nommé directeur du service en 1994.

Aujourd'hui, c'est le fils d'un cadre du service qui fait l'objet de l'enquête dirigée par le Ministère public. Le trentenaire a été employé comme auxiliaire administratif ces dernières années. Payé à l'heure, il fait partie de ces collaborateurs qui effectuent des tâches "ponctuelles" et répétitives lors des semaines précédant les votations ou élections: ouverture des enveloppes, tri avant dépouillement, vérification des cartes de votes, etc.

Ces auxiliaires sont engagés uniquement pour le traitement du vote par correspondance, un système instauré à Genève dans les 90 qui permet d'envoyer son bulletin par la poste. Depuis lors, la grande majorité des votants utilise ce système (75% lors des dernières élections cantonales).

Dénoncé à la Cour des comptes, pas à la hiérarchie

Malveillance? Négligence? L'enquête devra déterminer les responsabilités des uns et des autres. A l’heure où éclate l’affaire d’une présumée fraude électorale, il est curieux de constater que les deux employées ont dénoncé les agissements de leur collègue à la Cour des comptes. Ont-elles averti leur hiérarchie ou la Chancellerie d’Etat, sous laquelle est placé le Service des votations et élections ?

C’est donc bien à partir de témoignages récoltés par la Cour des comptes - organe indépendant du pouvoir politique - qu’a démarré en février cette enquête qui fait trembler tout le système démocratique genevois. Jusqu'à jeudi, jour de la perquisition, le Conseil d'Etat n'était pas informé de l'ouverture de l'enquête.

Jeudi, à peine la perquisition était annoncée, des dizaines de voix se sont élevées dans les rangs politiques et citoyens. Elles dénoncent les risques de failles qui pèsent sur le vote par correspondance, notamment parce que les bulletins de vote anonymisés "dorment" dans une salle, durant des jours, voire des semaines, lorsque les électeurs les ont renvoyés au Service des votations et élections.

Manque de transparence

Ces dernières années, la presse s'est plusieurs fois questionnée sur les garanties offertes par ce service. En 2015, par exemple, GHI découvrait que bulletins laissés sans surveillance et accessibles au public, dans les locaux. Réponse du directeur: «Dans une épicerie, les légumes aussi sont à votre disposition. Et il ne vous viendrait pas à l’idée de les voler.»

A l'image du député Pierre Vanek (EàG), certains mettent à présent le doigt sur le déficit de transparence au sein du service chargé du bon fonctionnement des scrutins. "Nous faisons face à un problème structurel, dit-il. De l'extérieur, le service donne l'impression de bien fonctionner, mais il y a visiblement un problème dans la boîte noire, où ne peut aller voir ce qui se passe", dit-il. L'élu suggère de "revenir au vote à l'urne en attendant de trouver un moyen de reconstruire un système capable de rétablir la confiance."

Créé: 10.05.2019, 17h09

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