Le cheval trop grand du prince Napoléon

Il y a 140 ansIl y a 140 ans, «La Tribune de Genève», née le 1er février 1879, vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

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La mort du jeune prince impérial Louis Napoléon en Afrique du Sud fascine «La Tribune de Genève». Il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne parle des suites de son décès, survenu alors qu’il combattait les Zoulous dans les rangs de l’armée anglaise. Dans l’édition du 13 juillet 1879, on suit pas à pas, si l’on peut dire, le rapatriement de sa dépouille depuis son débarquement sur les rives de la Tamise jusqu’aux faubourgs de Londres, où le prince doit être inhumé aux côtés de son père, Napoléon III. Encore faut-il faut reconstituer la chronologie de ce récit dont les épisodes sont éparpillés dans le désordre parmi les autres informations. Suite à l’identification du corps, qui ne devait pas être joli à voir un mois et demi après sa mort, les funérailles ont lieu en présence de membres de la famille royale britannique.

Pendant ce temps, la Cour martiale juge un lieutenant accusé d’avoir négligé la sécurité de Louis Napoléon. L’officier écope d’un «blâme sévère», mais la Cour note quand même que l’affaire aurait peut-être pris une autre tournure si le prince, qui ne mesurait que 1,62 m, ne s’était pas obstiné à garder un cheval trop grand pour lui et peu docile, ce qui a pu l’entraver dans la manœuvre.

Le petit-cousin du défunt, le prince Jérôme Napoléon, neveu de Napoléon Ier et désormais prétendant au titre impérial, défraie lui aussi la chronique. À Paris, le journal satirique bonapartiste «La Jeune Garde» a été saisi «pour publication de dessin non autorisé et d’emblèmes séditieux». Le dessinateur avait représenté le prétendant portant la couronne et entouré des attributs impériaux…

Pour le reste, la «Julie» publie quelques articles qui seraient aujourd’hui présentés dans les écoles de journalisme comme des exemples de ce qu’il ne faut pas faire. À l’instar d’une longue dépêche absconse sur les alliances et mésalliances entre partis politiques allemands, remplie d’allusions incompréhensibles aux non-initiés.

La page publicité donne, elle, un aperçu du coût de la vie à l’époque. Un restaurant des Pâquis, qui veut «procurer aux ouvriers une bonne nourriture à bon marché», vend la ration de soupe 10 centimes et celle de viande 35 centimes. Un chemisier fait des chemises sur mesure pour 6 fr. 50. La coupe de cheveux coûte 25 centimes et les «frisons indéfrisables» se font dès 2 francs.

Créé: 12.07.2019, 16h34

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