Lausanne fait mieux que Genève pour promouvoir une alimentation durable

Test GreenpeaceL'ONG Greenpeace fait le bilan des efforts menés par les villes en Suisse en matière d'alimentation saine et durable. Genève en milieu de peloton.

Nos choix alimentaires pèsent sur le réchauffement du climat.

Nos choix alimentaires pèsent sur le réchauffement du climat. Image: ©2017-KVU CCE CCA www.meschoixenvironnement.ch

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Au printemps de l’année dernière, Greenpeace Suisse analysait pour la première fois les directives alimentaires des dix plus grandes villes suisses sous l’angle de la durabilité. L’analyse constatait des différences importantes entre Berne, placée en tête, et les deux dernières villes du classement, Bienne et Lugano. «Mais le tableau d’ensemble était plutôt décevant», commente l'ONG dans son nouveau rapport.

«Fourchette verte ne va pas assez loin»

Dans son classement 2018, Genève obtenait un score intermédiaire. Greenpeace note dans son étude qu'avec son programme «Nourrir la ville», Genève dispose d’une stratégie alimentaire transversale, mais regrette que celle-ci se focalise principalement sur l’aspect local. D’autres facteurs qui seraient plus pertinents sur le plan écologique ne sont pas suffisamment pris en compte, estime l'ONG. Dans le domaine de l’école et de l’accueil extrafamilial, Genève mise essentiellement sur le label Fourchette verte, qui ne va pas très loin en termes d’impact environnemental, selon Greenpeace.

Mais le nouveau «Plan d’actions développement durable» adopté en juin 2019 prévoit des mesures plus ambitieuses dans le domaine de l’alimentation, se félicite les auteurs de l'étude.

Active dans la sensibilisation

L’indicateur Beelong sera ainsi utilisé pour évaluer l’impact environnemental des aliments dans toutes les cuisines de production de repas scolaires. Genève prévoit aussi d’encourager l’échange d’expériences entre les différents services et de renforcer la formation continue des cuisiniers et cuisinières en matière de politique d’achat durable. Genève est très active dans le domaine de la sensibilisation. Il existe du matériel pédagogique sur l’origine et la saisonnalité des aliments ainsi que des ateliers de cuisine destinés aux élèves, en lien avec l’association Swiss Food Academy.

Des manifestations grand public sont régulièrement organisées, comme la Semaine du Goût en partenariat avec 65 restaurants privés, ou le Festi’Terroir, qui met l’accent sur les produits biologiques et locaux. La Ville de Genève organise également des tables rondes et des conférences pour des groupes cibles spécifiques. Genève relaie régulièrement des informations sur l’alimentation durable sur les réseaux sociaux. Avec l’humoriste Marina Rollman, la ville a produit plusieurs clips vidéo autour de la protection du climat, dont un sur l’alimentation végétarienne.

Lausanne et son programme Cuisine 5.0

Dans le classement de 2018, Lausanne, elle, occupait une excellente position, grâce à sa stratégie alimentaire complète, dépassant largement le domaine scolaire. La stratégie «Lausanne Cuisine 5.0» formule les cinq objectifs suivants: 70% d’achats de proximité, 30% des aliments dotés d’un label substantiel, menus conformes à la pyramide alimentaire suisse, une journée végétarienne par semaine, réduction du gaspillage alimentaire. Dans son bilan de la première phase du programme, la Ville de Lausanne conclut que les objectifs sont atteints, à l’exception du premier.

Mais il faut dire que ces objectifs ne sont pas très exigeants, regrette Greenpeace. La mention «Suisse Garantie» est ainsi reconnue comme label, même si ses critères ne sont que légèrement supérieurs à ce que prévoit la loi. La stratégie est en cours de révision et entrera ensuite dans la prochaine étape de sa mise en œuvre. Le nombre de journées sans viande devrait passer d’un jour par semaine à trois jours sur deux semaines. La Ville de Lausanne est elle aussi très active dans le domaine des campagnes de sensibilisation. Elle a informé la population sur la durabilité alimentaire en produisant un dépliant qui aborde en détail notamment le problème des produits animaux.

«Durant les 18 mois qui séparent les deux analyses, les villes de Suisse ont manqué l'occasion d'agir sur leur empreinte carbone au travers de l'alimentation. C'est d'autant plus regrettable que durant cette même période une grande partie de la population a clairement appelé de ses vœux des politiques climatiques plus ambitieuses. Agir sur l'alimentation est une des façons les plus efficaces de protéger le climat et la biodiversité. C'est une réalité que les villes de Suisse doivent rapidement prendre en considération», conclut Philippe Schenkel, expert alimentation à Greenpeace Suisse.

Créé: 14.11.2019, 09h16

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