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A Lancy, une nouvelle salve vise le chantier du CEVA

Des habitants du quartier de La Chapelle veulent être mieux protégés du bruit des trains.

Les convois du Léman Express ne cessent d’inquiéter leurs futurs voisins. Au risque de retarder la mise en service, de nouvelles oppositions ont visé lundi le chantier ferroviaire du CEVA, ou plus précisément les mesures de protection sonore et vibratoire prévues sur l’extrémité occidentale du tunnel de Pinchat, entre la halte du Bachet et le vallon de la Drize. Adressés à l’Office fédéral des transports au terme d’une enquête publique, ces griefs émanent de 24 propriétaires du secteur lancéen de La Chapelle et de leur association de quartier.

Leur situation diffère de celle des opposants qui se sont déjà plaints aux Eaux-Vives et à Chêne-Bougeries, une région déjà desservie par le rail avant le chantier CEVA. La ligne bâtie à La Chapelle est, elle, neuve. Les habitants y revendiquent donc que leur soit appliqué un niveau de confort tel que celui que les CFF leur avaient fait miroiter dans un document de 2007. Il correspondrait à la pratique des CFF à Zurich pour les tronçons nouveaux, soit des pics nocturnes de 30 décibels (dB) au maximum. Or l’association calcule que des maisons subiront des pointes à 44 dB, malgré les protections pour réduire les nuisances. Il s’agit, selon les sections, de chaussons caoutchoutés sous les traverses, voire de dalles flottantes atténuant la propagation des vibrations des rails vers le reste de la structure du tunnel.

Comme un lave-vaisselle

De quelle gêne parle-t-on? Selon des tableaux d’équivalence, 30 dB correspondent aux rumeurs d’un paysage rural. Quant aux 44 dB, ils équivalent au vrombissement d’un lave-vaisselle plutôt silencieux. «On ne peut pas comparer cela à un bruit extérieur dont on pourrait se prémunir en fermant la fenêtre, prévient le président de l’association, qui préfère ne pas être nommé. Ce bruit est terrible s’il intervient quatre fois par heure la nuit dans votre chambre sans que vous ne puissiez vous en protéger d’aucune façon.»

Les opposants arguent que la jurisprudence a évolué depuis que les tribunaux fédéraux, au terme de la longue bataille sur l’autorisation de construire du CEVA, ont confirmé que la norme dite EVBSR a force de loi quant aux nuisances sonores et vibratoires. Celle-ci n’examine pas les pics. Elle se base sur une moyenne du bruit perceptible durant une plage horaire.

Les maîtres d’ouvrage – les CFF et le Canton – ont promis d’emblée d’aller au-delà du strict respect de la norme légale. A cet effet, ils disposent d’une manne de 13 millions de francs pour l’ensemble de la ligne. Reste à définir le niveau de ce confort additionnel. Pour les opposants, les pics doivent être plafonnés, comme à Zurich, à 30 dB la nuit.

Des Genevois bien traités

Les Genevois sont-ils désavantagés par rapport au traitement réservé aux riverains du S-Bahn zurichois? Les CFF réfutent. «Sur les nouvelles lignes CFF à Zurich, le niveau de protection contre le bruit n’est pas aussi élevé qu’au CEVA, répond Frédéric Revaz, porte-parole. Seul un tronçon zurichois a bénéficié du même niveau de protection: celui jouxtant la radio-télévision alémanique, afin de ne pas perturber l’enregistrement d’émissions.»

Questionné, le projet CEVA refuse de se prononcer sur les crêtes sonores. Selon lui, les précautions prévues suffisent largement à respecter la norme légale: les moyennes attendues de nuit grâce aux mesures devraient osciller entre 0 et 21 dB; la règle fixe la moyenne horaire à 25 dB. De plus, la dalle flottante de type «B +», prévue sur une partie du tronçon concerné, «peut être plus efficace, en fonction de son dimensionnement et des moyens techniques qui la composent», que les dalles de qualité supérieure, fait encore savoir le projet CEVA.

En février, les responsables du projet CEVA ont averti que les oppositions risquaient de repousser la mise en service de la ligne, déjà retardée de deux ans, à décembre 2019. Prêts à se battre en justice, les habitants de La Chapelle espèrent négocier le retrait de leur opposition en échange de protections plus performantes. «Les CFF s’épargneraient ainsi des litiges ultérieurs, souligne le président de l’association. Il est contre-productif de vouloir économiser sur les protections sonores.»

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