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A Lancy, on habitera au milieu des trams

Les TPG vont créer une boucle pour les trams. Au milieu, l’Etat veut y mettre du logement. Les urbanistes voient rouge.

Si ce projet prévu dans le quartier des Semailles se concrétise, les futurs immeubles seraient cernés par les tramways.
Si ce projet prévu dans le quartier des Semailles se concrétise, les futurs immeubles seraient cernés par les tramways.
Lucien Fortunati

Des trams devant, des trams derrière et, sur les côtés, encore des trams. A Lancy, certains habitants seront vernis. L’Etat prévoit de construire des logements au milieu de la future boucle ferroviaire que les TPG vont réaliser dans le secteur des Semailles. Deux immeubles de 6 et 8 étages seront encerclés par les rails et le va-et-vient incessant des convois. Ce plan localisé de quartier est à l’étude et provoque des haut-le-cœur.

Saisie du dossier pour livrer un préavis, la Commission d’urbanisme a tiqué à la vue de ce modèle urbain inédit. Elle a «sèchement refusé le projet», indique un de ses membres sous couvert de l’anonymat, secret de fonction oblige. «Les nuisances seront terribles pour les futurs habitants qui, en outre, seront coupés du monde. Personne, à la commission, n’a voulu défendre une idée aussi absurde.»

Cela fait des années que l’Etat veut urbaniser les Semailles, ce quartier de maisonnettes près des Palettes. En 2013, un plan directeur de quartier a été dessiné à la suite d’une longue concertation avec la Commune et les riverains. Le potentiel de ces 6 hectares a été estimé à 760 logements, ce qui représente une densité assez faible avec un taux d’utilisation du sol de 1,3.

Densité à respecter

A l’époque, seule la petite boucle actuelle des TPG existait. Mais une année plus tard, la donne a complètement changé. Une grande boucle s’est imposée, longue d’environ 150 mètres et dotée de quatre voies sur un de ses côtés. Cette «station d’échange» assurera les transbordements entre la ligne 12 et la future ligne 15 vers Saint-Julien. Elle permettra aussi au tram 12 de faire demi-tour avec ses véhicules monodirectionnels.

La Commune a vivement réagi à l’apparition de cet ovni ferroviaire qui venait bousculer ses plans. Au fil des discussions, il s’est toutefois imposé et la Commune s’en est accommodée. «Il y avait une densité à respecter et les possibilités n’étaient pas légion», résume Damien Bonfanti, conseiller administratif à Lancy. Par ailleurs, il n’était pas prévu de bureaux ni d’équipement public à cet endroit.

La Commune et les riverains se sont concentrés sur un futur parc. Pour les logements là au milieu, «nous espérons pouvoir dresser un couvert afin de les protéger des nuisances», poursuit le magistrat. Sans qu’on sache qui paiera ce parapluie géant.

Cette construction n’ira pas de soit d’un point de vue technique. Pour accéder au parking souterrain, il faudra creuser sous les voies de tram, dégager les canalisations et créer des rampes d’accès pentues. Une étude estime ces coûts à 4,3 millions de francs.

«Une caricature»

«Ce projet est une caricature, déplore un des membres de la Commission d’urbanisme. On essaie de concilier jusqu’à l’absurde des politiques publiques conflictuelles. La boucle de tram est imposée comme une priorité et on case du logement après coup, vaille que vaille.»

Au Département de l’aménagement, Pauline de Salis, secrétaire générale adjointe, souligne que ce plan de quartier est «le résultat d’un partenariat fluide entre l’Etat, la Commune, les propriétaires du périmètre, les associations et les riverains. Les options autour de cette boucle ont été étudiées de près avec l’ensemble des acteurs, dont la Commission d’urbanisme. Ces mêmes acteurs réfléchissent aujourd’hui à lancer un concours sur l’ensemble de la place centrale, y compris sur le projet de couvert des quais fortement demandée par les riverains.» Bref, ce projet constitue «la variante optimale».

Une boucle pour dix ans

C’est une fondation de l’Etat, la FPLC, qui sera chargée de réaliser ces immeubles. Les terrains lui appartiennent déjà en partie. Son président, Jan Doret, est pour le moins perplexe. «Les TPG ont besoin de cette boucle parce qu’ils vont utiliser les trams monodirectionnels jusqu’en 2030. On impose ainsi une solution urbanistique pour régler un problème de transport assez éphémère. Est-ce à la ville de s’adapter au transport ou l’inverse? Ce projet va engendrer des difficultés qui me semblent sauter aux yeux.» Pour l’heure, le dossier suit sur la procédure.

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